Publié le 04/05/2010 à 11h14 /

Les céréaliers inquiets pour l'avenir 

// Une petite délégation landaise était présente à  la manifestation des céréaliers à  Paris.

Pour les agriculteurs landais, encore dans les semis de mais, le déplacement vers la capitale pour la grande manifestation des céréaliers n'était pas chose facile (lire aussi en page 5 de cette édition). Pourtant, quelques adhérents de la FDSEA et des JA ont tenu à  s'y rendre, « pour être solidaire d'un mouvement d'exaspération », selon les mots de Daniel Peyraube qui faisait partie de la délégation. « Nous en avant assez de cet empilement de nouveaux règlements et de contraintes inapplicables qui nous mènent dans l'impasse et coûtent cher » grommelle-t-il, faisant allusion au non-accès aux nouvelles technologies, à  certains produits phytosanitaires, à  la surcharge administrative, au manque d'accompagnement Il cite l'exemple des produits phytosanitaires : « Les prix, élevés, nous sont imposés par des entreprises qui ont un monopole sur les quelques molécules qui sont encore autorisées ».Des céréales vendues en dessous du prix de revient Avec cette manifestation de grande ampleur dans les rues de la capitale, Daniel Peyraube espère qu'il y ait une prise de conscience des pouvoirs publics sur la situation intenable des céréaliers qui vendent leurs céréales en dessous du prix de revient : « Sur mon exploitation, pour la production de mais, je suis à  moins 200 €/ha net, en tenant compte des aides PAC ». À cela menace de s'ajouter, suite à  la réforme du bilan de santé de la PAC, la perte de 100 €/ha d'aide PAC pour les céréaliers. Il se dit prêt à  tenir le pari de produire plus et mieux, selon l'objectif affiché par le gouvernement pour l'agriculture française, mais « pour le moment, nous avons surtout des sanctions lourdes de conséquences. On est inquiet pour l'avenir ». Il n'aurait jamais imaginé possible un tel cortège de tracteurs et d'agriculteurs, sur plusieurs kilomètres. « Certains agriculteurs ont fait plus de 20 heures de tracteur pour venir, prouvant leur désespoir. Je regrette vraiment de ne pas y être allé moi aussi en tracteur ». D. M.

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