Publié le 21/05/2010 à 10h48 /

Quid des produits sous signes de qualité dans la PAC d'après 2013 ?

// La PAC d'après 2013 apportera-t-elle de bonnes nouvelles pour les AOC et autres IGP ? L'eurodéputé Giancarlo Scottà , s'est montré plutôt optimiste devant les 12e Assises de l'origine.

Dans une période où la mondialisation affecte les principaux marchés agroalimentaires, où le comportement des consommateurs connaît des évolutions et où les réglementations se multiplient, il est plus que jamais d'actualité pour les professionnels engagés dans des démarches de qualité et d'origine, de s'interroger sur les stratégies possibles à  mettre en oeuvre dans les années à  venir. Au cours des 12e Assises de l'origine organisées à  Bordeaux en marge du salon régional de l'agriculture, experts, producteurs, organismes de défense et de gestion, responsables politiques, mais aussi représentants de la grande distribution se sont succédés à  la tribune pour réaffirmer l'importance de s'inscrire dans des démarches officielles liées à  l'origine. Mais cette réflexion ne peut se faire sans ignorer les grandes orientations de la politique agricole commune sur le sujet. Or, en plein débat sur l'après 2013, l'adoption, par le Parlement européen le 25 mars dernier, du rapport Scottà  sur la politique de qualité et d'origine, a été un signe fort. Ce texte recommande une politique européenne de la qualité renforcée et intégrée dans la PAC 2013-2020. Son rapporteur, Giancarlo Scottà , était présent à  Bordeaux ce 11 mai, l'occasion pour lui d'exposer quelques-unes de ses propositions phares. Politique renforcée dans la PAC 2013 Convaincu « qu'une bonne politique de la qualité de la part de l'Union européenne, peut augmenter la compétitivité et être une valeur sûre pour l'économie des régions européennes », Giancarlo Scottà  croit « essentiel que dans la PAC d'après 2013, l'Europe assure un soutien financier adapté pour une production agroalimentaire de qualité supérieure, modernisant les exploitations et créant des micro-entreprises dans l'espace rural. »L'eurodéputé italien met d'abord en avant la reconnaissance et la valorisation du rôle des consortiums qui défendent et font la promotion des indications géographiques protégées (IGP). Et, partant du principe qu'« il ne peut y avoir de produits de qualité sans maîtrise de la production », ces consortiums auront également pour rôle « d'intervenir dans la coordination des quantités pour défendre la qualité ». En d'autres termes, une place à  la régulation, bien notée par les participants aux Assises. Giancarlo Scottà  insiste, ensuite, sur la nécessité de maintenir la distinction entre IGP et AOC, considérant que la fusion des deux labels, comme le suggérait le livre vert de la Commission, comporterait un risque de relàchement des règles sur les contrôles des dénominations d'origine protégée. Risque qu'il ne faut pas prendre, sous peine, selon lui, de rompre « le lien que constituent les indications géographiques avec les réalités territoriales des régions européennes, les traditions, l'histoire, le goût et les savoir-faire ». Enfin, le rapporteur Scottà , a insisté sur l'importance d'une « intense action d'éducation et d'information des consommateurs », à  la charge de l'Union européenne. Afin de mieux protéger le produit européen de contrefaçons, est également prévu par le rapport l'insertion des indications géographiques dans les registres internationaux ainsi que dans le système OMC. Optimisme prudent Cet ensemble de propositions du Parlement européen, en contradiction avec les premiers projets de la Commission européenne fortement critiqués lors des assises 2009, ne pouvait que satisfaire les organisateurs de ces Assises. Cela dit un rapport ne fait pas loi. Mais, Giancarlo Scottà  s'est voulu optimiste et a prédit « la conclusion heureuse de cette politique européenne de la qualité dans un peu plus d'un an ». Solène Méric Le cas de l'Aquitaine Asperge des sables des Landes, fraise du Périgord, canard à  foie gras du Sud-Ouest, fromage Ossau-Iraty, agneau de Pauillac En Aquitaine, le modèle agricole, s'appuie fortement sur des produits sous signes de qualité et d'origine. L'objectif, rappelle Dominique Graciet, président de la chambre régionale d'agriculture, est « de renforcer la valeur de nos productions, de les localiser en Aquitaine, de les exporter hors région et de maintenir un fort taux d'emplois agricoles ». Avec ses 8 AOP, ses 19 IGP et ses 101 AOC viticoles, l'Aquitaine est la première région française en termes de productions de qualité et d'origine. Sur ses 27 700 exploitations agricoles professionnelles, les deux tiers ont au moins un atelier sous signe d'identification de l'origine, soit un poids économique d'environ 2,4 milliards d'euros sur les 4,7 du chiffre d'affaires de l'agriculture régionale.

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