Publié le 04/06/2010 à 00h00 /

Fourrage info

// Cumul des températures au 30 mai (cumul à  partir du 1er février, en base 0 – 18 °C, données sources Météo France et réseau Déméter)

Le retour du beau temps cette semaine devrait être mis à  profit pour faucher les parcelles qui ne l'ont pas encore été, en plaine et jusqu'à  600 m. Les prairies fertiles coupées précocement (enrubannage et ensilage) peuvent revenir dans le circuit des parcs pàturés, offrant au bétail une herbe de qualité.
Valeur des foins et besoin de complémentation : plus les foins sont récoltés tôt, meilleure est leur valeur alimentaire. Mais les répercutions économiques au niveau de la ration ne sont pas anodines (dans le tableau ci-dessous, illustration avec 2 foins - récolte 2009 - de prairie permanente). Le foin A est un foin séché en grange (foin précoce, réalisé au stade début épiaison), le foin B est un foin très tardif (stade floraison avancée). Les différentes valeurs fourragères peuvent sembler assez proches d'un foin à  l'autre, et pourtant
La conséquence directe : si l'on fait une ration pour une vache blonde de 650 - 700 kg vif, suitée d'un veau de 2 mois, ses besoins sont couverts par 13 kg du foin A. Par contre, avec le foin plus tardif, il faudra apporter à  cette même vache 1,2 kg de concentrés par jour pour atteindre le même niveau de performances.
Petit calcul économique : 1,2 kg de concentrés à  0,26 € le kilo pendant 4 mois, cela fait un coût supplémentaire de 38 €/vache. Ce qui n'est pas très impressionnant pour une vache le devient un peu plus quand on raisonne sur un troupeau de 50 mères : le coût supplémentaire passe alors à  1900€ !
À noter que plus le poids des vaches augmente, plus le déséquilibre entre les apports de la ration et les besoins de l'animal est important ; d'où un coût de complémentation encore plus élevé.
Un effet secondaire moins visible, et pourtant : une vache allaitante peut bien faire sans complémentation, mais pas son produit. En économisant le concentré, c'est la croissance du veau qui est pénalisée.
En partant d'une hypothèse moyenne de 200 g de GMQ (gain moyen quotidien) perdus, cela fait un veau de 6 mois plus léger de 36 kg. A 3,30 €/kg (prix moyen vif pour un veau màle bien conformé), cela fait un manque à  gagner de 118 € par veau màle vendu. Si l'on reprend notre troupeau de 50 mères : la perte se chiffre à  2 950 € pour les broutards, sans compter la croissance plus faible des futures reproductrices
Faire des foins dès que la météo le permet, à  coût égal de chantier de récolte, permet donc ensuite d'économiser sur l'alimentation.
Des foins de qualité différente sont cependant intéressants, à  condition de raisonner leur utilisation et leur place dans les rations : le foin tardif est en effet un foin fibreux et structurant, favorable à  la rumination, intéressant pour « corriger » une ration très énergétique ou pour des animaux à  faibles besoins.

Marie-Claude Mareaux,
Chambre d'agriculture des P.-A.
mc.mareaux@pa.chambagri.fr. Tél. : 05 59 80 69 92

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