Publié le 19/08/2010 à 16h46 /

Producteurs et industriels trouvent un accord pour le prix du lait en 2010

// Après des semaines de mobilisation et à  l'issue de plusieurs heures de négociations avec les industriels le mercredi 18 août, les éleveurs laitiers ont obtenu la hausse de 10 % du prix du lait pour 2010.

Mercredi 18 août, après des heures de négociations avec les industriels, Henri Brichart, président de la FNPL, annonce à  la presse que les producteurs de lait ont obtenu gain de cause. © Actuagri
Victoire syndicale pour les producteurs de lait. C'est ce que traduisaient les sourires affichés par les responsables de la FNSEA, de Jeunes Agriculteurs (JA) et de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), le 18 août en début de soirée, à  l'issue de leurs négociations avec les transformateurs laitiers privés et coopératifs. Après plusieurs heures de tractations dans un lieu tenu secret jusqu'au bout, les producteurs ont obtenu gain de cause : une augmentation de 10 % du prix payé aux producteurs par les industriels sur l'ensemble de l'année 2010, soit une hausse de 31 euros par 1.000 litres et par mois jusqu'à  la fin de l'année. L'ajustement des prix du mois de juillet sera effectué sur les payes du mois d'août. L'accord de 2009 enfin appliqué Les industriels ont donc accepté d'appliquer l'accord qu'ils avaient eux-mêmes signé le 3 juin 2009, et qui prévoit des augmentations de prix quand les marchés s'orientent à  la hausse, ce qui est précisément le cas cette année. De source porche des producteurs de lait, ce sont les groupes coopératifs qui ont été les plus longs à  céder. Mais, finalement, la mobilisation syndicale des producteurs sur le terrain depuis plusieurs semaines a payé. « Toutes les bases de l'accord correspondent aux revendications que nous avions », a ainsi commenté devant la presse Henri Brichart, le président de la FNPL. Du côté de l'Association de la transformation laitière (Atla), qui représente les idustriels privés et les coopératives, on salue « un accord réaliste et pragmatique ». Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, espère, lui, que cet accord « va permettre d'éviter les crises à  répétition de ces derniers mois ». Enfin, même le Président de la République a réagi à  cet accord le 18 août. Nicolas Sarkozy s'en est « réjoui » car il permet, selon lui, « d'accroître, de façon juste, le prix du lait payé aux producteurs au cours de l'année 2010 », a rapporté l'AFP. Indicateur de compétitivité en 2011 La réunion interprofessionnelle du 18 août était aussi consacrée à  l'année 2011. À partir de l'an prochain, il a été, notamment, décidé d'intégrer un indicateur de compétitivité avec l'Allemagne. Il s'appliquera sur les bases d'un écart maximum de prix avec nos voisins allemands de 10 euros sur les prix mensuels désaisonnalisés et de 8 euros sur une moyenne de 12 mois glissants. Le prix français ne pourra donc pas, sans être revu à  la baisse, être supérieur de 8 euros par rapport au prix allemand. Pour la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), il s'agit de « préserver la filière française d'un écart de compétitivité trop fort avec son environnement économique européen ». De nouveaux chantiers Enfin, les producteurs et les industriels se sont entendus pour travailler rapidement et progresser sur les problèmes de couples volume/prix et les charges des exploitations laitières. Pour le premier point, il s'agit de différencier les volumes produits dans les différents territoires laitiers en fonction de leurs débouchés pour aboutir à  un prix différencié payé à  l'éleveur. Quant au second point, il s'agit de la prise en compte à  l'avenir de l'évolution des charges de production des éleveurs dans les modalités de fixation du prix. Face aux industriels, la FNSEA, les JA et la FNPL ont pris l'exemple actuel de la flambée des prix des céréales qui renchérit le prix de l'aliment du bétail.

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