Publié le 02/09/2010 à 00h00 /

L'Ouest de la France et le Nord dûrement touchés par la sécheresse

// Ces régions pàtissent d'un manque de fourrage. Dans notre région, le mais non-irrigué a aussi beaucoup souffert

Poitou-Charente, Pays de Loire, Bretagne, Normandie, Picardie, contreforts ouest du Massif Central La sécheresse a considérablement atteint les éleveurs de tout l'ouest et du nord de la France © Yannick Allongue Le Sillon
Poitou-Charente, Pays de Loire, Bretagne, Normandie, Picardie, contreforts ouest du Massif Central La sécheresse a considérablement atteint les éleveurs de tout l'ouest et du nord de la France. Certes moins touchée, notre région n'échappe pas pour autant au déficit hydrique. Le manque d'eau a sévèrement affecté la pousse des prairies.
Autre signe qui ne trompe pas, les démarrages prématurés des ensilages de mais (lire en page 9 de cette édition). D'une part, les éleveurs choisissent cette solution afin de compenser un déficit fourrager prévisible. D'autre part, les agriculteurs optent pour ce mode de récolte car ils savent d'ores-et-déjà  que les volumes en mais grain ne seront pas à  la hauteur de leurs attentes.
Ensilages et assurance-récolte De forts écarts de rendements caractériseront vraisemblablement la collecte maisicole 2010 : sauf accident, la récolte devrait être abondante dans les parcelles irriguées. En revanche, en non-irrigué, on peut craindre des pertes importantes dans les secteurs qui n'ont pas bénéficié d'une pluviométrie correcte. D'ailleurs, le phénomène est déjà  perceptible chez les assureurs : en effet, depuis la mi-août, de nombreux agriculteurs de Chalosse, du Béarn ou du Pays basque ayant souscrit une assurance récolte ont déjà  déposé une déclaration pour « aléas climatiques sécheresse ».
Au plan national, la Fédération nationale bovine (FNB) annonce « une baisse de rendement en fourrage de 30 à  50 % par rapport à  une année normale ». Concernant le mais fourrage, « il faut attendre la récolte pour obtenir des chiffres bien que le même niveau de perte soit très probable ».
Pour les agriculteurs de la façade sud du Finistère, les pertes de rendements se montent à  50 % pour les stocks de foin d'hiver, de 40 % à  50 % pour le blé (grain), et de 50 % à  70 % pour la paille. En Vendée et en Loire-Atlantique, début juillet, ce sont respectivement 5 000 et 14 000 tonnes de paille qui manquaient dans des départements déjà  touchés par la tempête Xynthia. Autre exemple, dans les Deux-Sèvres, le GEAC de la Madeleine, 80 hectares en production laitière, est en déficit de 200 tonnes de fourrage. Dans les zones touchées par la sécheresse, les éleveurs ont même entamé leurs stocks de l'hiver prochain pour nourrir leurs animaux cet été.
« Des ventes d'animaux non complètement finis ont été observées comme en Normandie ou en Pays de Loire, reprend la FNB. Mais peu d'éleveurs décapitalisent pour le moment, même si cela pourrait s'observer du fait de la hausse du prix de l'aliment et d'un revenu qui reste au plus bas depuis 3 ans ». Ce qui n'est pas le cas chez les éleveurs laitiers où la décapitalisation est déjà  en marche. Par contre, la production française de lait reste stable, « elle baissera sans doute dans les mois qui viennent avec la période des vêlages ».
Appel à  la solidarité Reste la solidarité paysanne afin que, par exemple, le mais grain soit récolté en mais fourrage même si les coûts de transport et le cours du mais vont limiter les achats. La FNSEA, de son côté, a lancé le programme « Solidarité Paille » en privilégiant les échanges intradépartementaux pour éviter une flambée des cours. Des échanges interdépartementaux ont tout de même eu lieu. Ainsi l'Orne a fait appel au Pas-de-Calais, avec un prix moyen de la paille, rendue exploitation, à  90 € la tonne. En Pays de Loire, le prix varie entre 80 et 100 €/t. Les régions touchées ont demandé à  être classées en zone de calamité agricole. Pour autant, tous les agriculteurs ne seront pas indemnisés.
Le mais est une production qui n'est plus couverte par le fonds national de garantie de calamités agricoles (FNCA) mais par des assurances privées, ce qui n'est pas encore le cas de l'herbe. « Seulement, les éleveurs ne se sont pas assurés. Les assurances privées sont trop chères. Seuls les plus riches vont donc être indemnisés, reprend André Bouchut. Le désengagement de l'État dans le fonds de calamités agricoles n'est pas acceptable ».

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