Publié le 02/09/2010 à 00h00 /

Ensiler au bon moment

// La récolte est une étape cruciale pour préserver la quantité et la qualité du mais fourrage élaborées au champ, sans pertes au champ, au silo et à  l'auge. Le stade de récolte fait partie des points essentiels à  maîtriser.

La diversité des situations agronomiques et climatiques de l'année 2010 amène l'AGPM à  repréciser (dans son numéro AGPM-info technique du mois d'août) les règles de décision. La récolte est une étape cruciale pour préserver la quantité et la qualité du mais fourrage.
À la floraison, le rendement plante entière correspond au rendement « tige + feuilles ». Le taux de matière sèche (MS) est voisin de 16 %. Après la floraison, en conditions normales de végétation, le rendement plante entière augmente gràce au remplissage des grains. Chaque plante fabriquera entre 2 800 et 4 000 grains au m2. Entre la floraison et la récolte, le rendement peut presque doubler.
Grain, rendement et qualité L'amidon stocké dans les grains est le produit final de la photosynthèse qui a lieu dans les parties vertes de la plante, et surtout dans les feuilles du haut de la plante. Dans le même temps, le taux de MS plante entière passe de 16 % à  plus de 30 %, selon le stade de récolte. En post-floraison, le rendement « tige plus feuilles » est quasi stable et son taux de MS évolue peu. C'est donc l'augmentation du rendement grain qui fait le rendement plante entière, et l'évolution de la maturité du grain qui fait le taux de MS de la plante entière.
D'un point de vue valeur alimentaire, le grain a une forte valeur énergétique, alors que la partie « tige plus feuilles » perd progressivement de la valeur. La valeur énergétique de la plante entière est relativement stable, l'augmentation de la part de grain compensant la baisse de qualité de la partie « tige plus feuilles ». En fin de cycle, à  surmaturité, la qualité de la partie « tige + feuilles » peut chuter rapidement
En conditions d'alimentation hydrique limitée, les choses se passent différemment, et ce en fonction du moment et de l'intensité du stress. Dans tous les cas, le fonctionnement de l'appareil végétatif est perturbé. Un stress précoce limitera le développement de la plante, mais si l'alimentation hydrique autour de la floraison est normale, les épis pourront être presque normaux. Un manque d'eau à  la floraison, ou dans les trois semaines qui suivent la floraison, aura pour conséquence la limitation plus ou moins marquée du nombre de grains formés, et donc à  remplir. Le rendement plante entière sera alors pénalisé par un moindre rendement grain.
Un manque d'eau au cours du remplissage des grains limitera leur remplissage et pourra entraîner un desséchement précoce de la partie « tige + feuilles » ce qui accélérera la maturité, mais dégradera la qualité. D'un point de vue valeur alimentaire, le grain, d'un rendement plus faible, apportera moins d'énergie dans le fourrage, alors que la partie « tige plus feuilles » pourra perdre rapidement de la valeur énergétique.
Au champ, toutes les situations sont possibles. C'est pourquoi il convient de visiter les parcelles avant de définir la date de récolte. Le stade optimum de récolte se situe aux environs de 32 à  33 % MS plante entière. L'observation du niveau de remplissage des grains est un moyen pratique et efficace pour évaluer le taux de MS plante entière, et donc prédire la date optimale de récolte.
En conditions normales de végétation, lorsque dans les grains des couronnes centrales, les trois amidons — laiteux, pàteux, vitreux — sont répartis en trois tiers équivalents, la plante est au stade optimal de récolte (voir schéma ci-dessous).
En conditions normales de végétation, il est possible de récolter à  un taux de MS proche de 35 % sous réserve de maîtriser les règles de bonnes pratiques de confection du silo (éclatement des grains, finesse de hachage, tassement et fermeture du silo). Dans ce cas, on peut y gagner en rendement et en valeur énergétique, à  condition d'ensiler avant que le feuillage ne soit trop desséché.
En conditions d'alimentation hydrique limitée, définir la date optimum de récolte est plus délicat et il convient de particulièrement bien observer la plante. L'objectif est de récolter une plante « ensilable », c'est-à -dire à  un taux de MS proche de l'optimum, avec des feuilles vertes (contenant donc encore des sucres) pour faciliter le tassement et le processus d'acidification, sans trop pénaliser le rendement. Attention à  ne pas se faire dépasser par la maturité de la plante.
Une grande variabilité Un taux de MS élevé, supérieur à  36 %, s'accompagne le plus souvent d'un appareil végétatif desséché qui ne favorise pas le tassement et la conservation La décision de récolte doit être prise en fonction du grain, nombre et maturité, et de l'état de l'appareil végétatif.
En l'absence de grains, ou avec moins de 300 à  500 grains/m2, il ne sert à  rien d'attendre trop longtemps. Le rendement sera limité par le faible nombre de grains. Ce fourrage peut être distribué en vert aux animaux s'il y a besoin. Dans certaines situations, l'ensilage est possible quoique très délicat à  réussir à  cause d'un déséquilibre de la plante. Enfin, sa valeur énergétique variera entre 0,70 et 0,80 UFL/kg MS selon l'état des feuilles.
Un mais à  plus de 1 500 grains/m2 et qui possède encore des feuilles vertes à  sa cime, au niveau et au-dessous de l'épi mérite d'être conservé sur pied pour une récolte ensilage dont la date sera définie de façon classique.
Il existe une grande variabilité de situations intermédiaires — nombre de grains et/ou état de l'appareil végétatif — et la décision devra se faire au cas par cas. En cas de retour de la pluie, quelques feuilles vertes suffisent à  une évolution positive de la plante en rendement, en maturité, en composition chimique. Source AGPM Info Technique
Août 2010

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