Publié le 16/09/2010 à 13h54 /

Des techniques culturales alternatives pour le mais

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La chambre d'agriculture et la Fédération départementale des CUMA organisaient, mardi 7 septembre, une visite de parcelles de mais implantées à  l'aide de techniques alternatives. Chez Bernard Bégué à  Souprosse, il s'agissait d'une présentation de variétés de mais, menées en bio, ainsi que du fonctionnement du matériel de binage mécanique du producteur.
Combiner les techniques pour maîtriser les adventices
Julien Noguiez, conseiller machinisme de la FDCUMA, a rappelé que la réussite du désherbage en agriculture biologique nécessitait la combinaison de techniques préventives (rotation des cultures, travail du sol, couverture du sol), mais également la combinaison des outils de désherbage. Ceux-ci doivent être choisis en fonction du stade du mais, du type de sol et du stade de développement de l'adventice. Ainsi, la herse étrille sera préférable en prélevée, puis au stade 4 feuilles et sur petites plantules. La bineuse sera efficace du stade 2 à  7-8 feuilles. La houe rotative est à  privilégier sur les sols légers et en particulier sur les limons battants.
D'autre part, le désherbage doit être réalisé sur un sol bien affiné, avec un semis régulier, à  5 cm de profondeur pour un bon enracinement. Une densité de semis augmentée de 10 % est nécessaire pour compenser les pertes par arrachage. Le sol doit aussi être bien ressuyé. Deux jours de beau temps sont ensuite nécessaires pour dessécher les adventices déracinées. Dans tous les cas, il sera plus difficile de lutter contre des adventices bien implantées. L'utilisation de systèmes de guidage par satellite assure un désherbage beaucoup plus précis, avec cependant un inconvénient majeur : son prix.
La rencontre technique s'est ensuite déplacée chez Hervé Guichemère, agriculteur Farre (agriculture raisonnée certifiée) à  Pomarez, pour une présentation de son matériel de semis strip-till. L'outil permet un semis du mais en un seul passage, directement dans le couvert végétal détruit, sur une bande travaillée de 20 cm. Il localise en même temps l'engrais starter, assez profond, avec les dents.
Cet engrais n'agit donc pas immédiatement et le mais tend à  prendre un léger retard au départ par rapport au semis traditionnel. Par contre, dès que les racines atteignent la zone fertilisée, il rattrape vite son retard. « La technique permet de conserver la structure du sol obtenue gràce au travail du couvert végétal pendant l'hiver et garde l'humus sur le dessus, limitant ainsi l'évaporation » assure Hervé Guichemère. Le résultat est probant si on en juge les 90 q/ha de mais grain qui s'annoncent sur des parcelles non irriguées, en terres argileuses, semées avec cette technique.
L'agriculteur a aussi signalé qu'il utilisait l'eau de pluie récupérée sur les toits de ses bàtiments. « Plus acide que l'eau du robinet, elle permet d'améliorer de 50 % l'efficacité des désherbants ! ». Cette année, il a aussi tenté l'apport par mélange au déchaumeur de plaquettes de feuillus « pour empêcher la formation de croûte de battance, l'évaporation de l'eau et limiter les adventices. Les effets sont encore peu visibles cette année. On analysera cela mieux l'an prochain, avec la dégradation des plaquettes ».
Dominique Maurel

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