Publié le 22/09/2010 à 12h24 /

Le président d'Euralis réaffirme le rôle et les vertus de la coopération

// À l'heure où démarre la collecte maisicole, Christian Pèes, le président du groupe Euralis reprécise l'implication de la coopérative en matière d'accompagnement des agriculteurs et des filières.

Pour Christian Pèes, la coopération, de par son statut particulier, a une véritable responsabilité dans l'accompagnement des exploitations agricoles et des filières © Guy Mimbielle Le Sillon
Christian Pèes est formel un prix du mais à  200 euros la tonne, « ce n'est pas cher ! ». Certes, le président du groupe Euralis comprend et juge légitimes les inquiétudes que suscitent chez les éleveurs la flambée des cours des céréales et les répercussions sur les prix de l'aliment du bétail. Mais l'augmentation des coûts de production pour les maisiculteurs justifie amplement un tel niveau de prix. D'autant que la réforme de la PAC laisse présager encore une diminution des DPU (droits à  paiement unique). Et la conditionnalitité des aides se traduira immanquablement par un accroissement des charges. Les études menées en la matière par l'institut du végétal Arvalis sont édifiantes. Pour le désherbage par exemple, constate Christian Pèes, il est clair que les techniques alternatives destinées à  limiter l'utilisation des produits phytosanitaires notamment « le tout mécanique » représentent un surcoût.
Juste rétribution Le prix actuel des céréales, au-delà  de l'illustration de la volatilité des marchés, peut donc être considéré comme la juste rétribution des maisiculteurs. D'autant que la situation actuelle ne saurait faire oublier que sur la dernière décennie, hormis des épisodes comme 2007-2008, « le prix de vente s'est situé en dessous du coût de production huit années sur dix ». Dans un tel contexte, la coopération a plus que jamais une responsabilité particulière que lui dictent son statut et sa raison d'être originelle. « On n'est pas là  pour faire des marges sur le dos des agriculteurs, martèle ainsi Christian Pèes, mais pour que les agriculteurs aient les meilleurs résultats » À l'heure où démarre la collecte, le président d'Euralis souhaite ainsi annoncer que sa coopérative renforce sa logique de « prix unique » des livraisons de mais initiée l'an dernier. Cette politique tarifaire répond à  une volonté de « simplification et de transparence ». Parmi les contrats proposés, le groupe présente « un nouveau produit », lequel consiste en un acompte de début de campagne (100 euros) complété par trois compléments de prix en cours d'exercice (en décembre, au printemps et à  l'été), en tenant compte des moyennes de marchés. La coopérative affiche aussi sa volonté d'une approche « plus individualisée et plus qualitative » de la relation et du conseil à  l'adhérent. Il importe notamment « de s'adapter dès cet automne à  l'état de trésoreries » et de proposer à  chacun une solution en tenant compte de l'exploitation dans sa globalité. Coiffant sa casquette de vice-président de la Cogeca et du Momagri (lire ci-dessous), Christian Pèes ne manque pas d'établir un parallèle entre la situation difficile que connaissent les exploitations de polyculture-élevage de notre région et le nécessaire équilibre à  trouver au plan mondial entre pays riches, pays émergents et pays pauvres. Le Momagri prône entre autres une régulation des achats de terres agricoles ainsi qu'une « organisation des marchés du monde » en fonction d'une douzaine de zones. Dans chacune de celles-ci, « on calcule un prix d'équilibre » sur un panel de denrées alimentaires de base. Pour ce faire, « on regarde le coût de revient, on admet une variation de plus ou moins 10 % » et l'on met en place la régulation. Le G20 pourrait être l'instance de tutelle d'un tel dispositif que le Momagri tente de faire adouber à  Paris, à  Bruxelles, au FMI, à  la FAO par les grands décideurs de la planète. La coopération agricole, qui est à  l'origine du Momagri, traverse une période inédite. De nouvelles donnes, environnementales notamment, rendent obsolètes certains modèles de développement et obligent à  trouver des formules de remplacement ou d'adaptation économiquement viables. Illustration parmi d'autres des nécessaires changements de stratégie, « à  Euralis, une opération pilote est menée en Bigorre afin de réorganiser le réseau de collecte ». L'opération n'est pas anodine puisqu'elle consiste à  fermer certains sites et s'appuyer sur le réseau existant de points de collecte, y compris concurrents !
Concernant l'accompagnement des filières animales, on sait la forte implication du groupe en foie gras et poulets, en partenariat avec d'autres coopératives de la région. Le groupe reste aussi très présent dans les secteurs bovins via la Celpa et porcins avec Fipso. Sur ces chantiers : « nous sommes prêts à  accompagner tout projet qui peut donner de la performance » indique le président qui cite aussi « l'accompagnement de filières courtes ». Enfin, en matière d'accompagnement des exploitations, la coopérative a mis en place un outil d'aide à  la décision « Euréka ». Basé sur le volontariat, ce dispositif poursuit sa progression, tant sur le nombre de coopérateurs qui y a souscrit (500 aujourd'hui) que sur la gamme de services qu'il peut assurer (jusqu'à  l'achat-vente). Guy Mimbielle  Momagri Le Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture (Momagri) rassemble des personnalités d'horizons divers. Présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, il plaide en faveur d'une régulation des marchés et d'une politique agricole
et alimentaire internationale.
Christian Pèes en est le vice-président. Il est aussi vice-président de la Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE (Cogeca).
À ce titre, il note avec satisfaction la récente demande d'adhésion de la fédération québécoise de coopérative (Coop fédérée) au Momagri. Et il estime que « ce n'est pas un hasard si des coopératives ont à  l'origine de ce mouvement ».

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