Publié le 05/10/2010 à 09h45 /

La qualité du mais doux français s'affiche avec un logo

// Concrétisant l'engagement des producteurs d'Euralis légumes dans une charte de production, le logo «Â Mais doux de France » est maintenant apposé sur les boîtes de la marque Géant Vert.

De par sa diversité de conditions pédo-climatiques, l'Aquitaine offre une production de mais doux de grande qualité ainsi qu'une grande plage de semis, explique Éric Nassiet, producteur à  Habas (Landes). © F.B - Le sillon
D epuis le début de l'année 2010, le logo « mais doux de France » figure sur les boîtes de mais Géant Vert, fabriquées à  l'usine Seretram de Labatut (Landes), à  partir de la production du groupe Euralis. Ce logo vient matérialiser l'engagement des producteurs de la coopérative dans une charte de production, qui vise à  promouvoir les pratiques agricoles. Créée en 2002, cette démarche a été initiée par les producteurs eux-mêmes, désireux de communiquer de manière transparente autour de leurs techniques et de leur souci de préservation de l'environnement.
À l'image des démarches qualités en vigueur dans d'autres filières, l'objectif de cette approche est donc de valoriser la production et le travail des agriculteurs. « Les consommateurs peuvent ainsi se rendre compte que notre mais est un produit de qualité, respectueux de l'environnement, commente Éric Nassiet, producteur à  Habas, dans les Landes, et administrateur de la coopérative. Il est de plus en plus important de prouver la qualité de notre production ». Pour la marque Géant Vert, il s'agit aussi de renforcer le positionnement qualitatif de son produit.
Une démarche avant-gardiste
À la base, cette charte constitue donc un référentiel de bonnes pratiques agricoles. Arvalis-Institut du végétal a été chargé de sa rédaction, de concert avec l'Institut de recherches technologiques agroalimentaires des céréales (Irtac). « La charte va dans le sens de la durabilité, l'objectif étant d'avoir une empreinte écologique la plus réduite possible », poursuit Éric Nassiet. Ainsi, elle regroupe, en sept chapitres, l'ensemble des règles de décisions portant sur la conduite des parcelles mais aussi sur les interventions effectuées sur le grain lors de la récolte ou bien de son traitement en usine. C'est donc la totalité de l'itinéraire technique qui requiert le respect de bonnes pratiques.
« Le principe de base est d'adapter les pratiques au potentiel de production de la culture », précise Christophe Ballouhey, responsable agronomique à  la Seretram. Par exemple, ce raisonnement implique une gestion pointue de l'irrigation, après évaluation de l'état hydrique du sol ou encore une fertilisation raisonnée, au plus près des besoins réels de la plante. « Tout cela en conservant une qualité de produit optimale », renchérit le technicien. Plus globalement, cette démarche couvre des enjeux tels que la qualité des sols ou des eaux, les dangers biologiques, physiques ou encore chimiques Le tout en favorisant la compétitivité de la production française.
Contrôles indépendants
Comme pour les signes officiels de qualité, l'organisme de collecte ainsi que les producteurs sont contrôlés par un organisme tiers indépendant. Au préalable, l'organisme de collecte assure le suivi et la bonne mise en oeuvre de chacun des critères à  respecter. De plus, le référentiel est régulièrement mis à  jour afin de tenir compte des évolutions techniques et réglementaires.
Investi dans cette démarche depuis 2004, Géant Vert est la première marque à  pouvoir faire figurer la charte de qualité sur ses emballages. Le logo « Mais doux de France », maintenant apposé sur les étiquettes, vient donc concrétiser un engagement de longue date et la volonté des producteurs d'afficher plus de transparence. Une attitude dont se félicite Éric Nassiet : « Les producteurs sont fiers d'avoir été volontaires et avant-gardistes sur ce sujet, car cette démarche a été mise en place de manière volontariste bien avant que le sujet de l'environnement n'apparaisse sur la scène médiatique ».
Fabien Brèthes Production : en attendant mieux La production mondiale de mais doux est dominée par deux acteurs principaux : les USA (160 000 hectares en 2010) et l'Union européenne (48 500 hectares). La Thailande occupe également, depuis plusieurs années, une place prépondérante en proposant des produits à  bas prix sur les marchés européen et russe. La France et la Hongrie sont les deux principaux producteurs au sein l'Europe, avec respectivement environ 36 % et 40 % des surfaces cultivées.
L'exportation constitue de loin le principal débouché de la production française. Les ventes se font principalement à  destination de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de l'Espagne. L'année 2009 a été marquée par un nouveau tassement des exportations globales qui s'explique d'une part par la baisse de la consommation, mais surtout par une concurrence toujours aussi vive sur le marché européen. Face au retrait du marché et à  des stocks conséquents, le plan de production français a cédé encore un peu de terrain en 2010 pour s'établir à  16 500 hectares. L'amélioration de la conjoncture et des résultats techniques décevants en Hongrie plaident toutefois pour une reprise des surfaces de production dès la campagne 2011. La consommation évolue lentement La consommation de mais doux est très variable selon les pays. Les Américains restent les champions, avec une consommation s'élevant à  14 kg par habitant et par an, devant les Canadiens (10 kg/hab/an). Avec seulement 800 grammes de mais doux consommé par habitant chaque année, la France est encore loin de ces niveaux d'achat.
Dans l'Hexagone, le mais doux reste principalement consommé en salade, durant le printemps et l'été. En 2009, la consommation des ménages a progressé de 4,6 %, alors que le marché des légumes en conserve restait stable. Le mais doux conforte ainsi sa place de quatrième légume en conserve, derrière les haricots (verts et beurre), les pois-carottes et les petits pois. Il semble donc que le comportement des consommateurs français vis-à -vis du mais doux évolue de manière positive, mais très lentement. Urgence pour la protection des semis À l'image de la culture du mais consommation, les ravageurs du sol ont fait encore beaucoup de dégàts sur les terres du Sud de l'Aquitaine. Alors que des moyens de lutte efficaces ont disparu au cours des dernières années, la filière se retrouve face à  une impasse technique majeure, grevant ainsi peu à  peu la compétitivité de l'origine française.

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