Publié le 03/11/2010 à 09h16 /

Le projet de Bruxelles sur le lait jugé «satisfaisant»

// Le projet de proposition de la Commission européenne sur l'avenir du secteur laitier de l'UE, qui sera adopté début décembre, satisfait sur de nombreux points les agriculteurs européens réunis au sein du Copa-Cogeca. En particulier, l'établissement de nouvelles relations contractuelles entre producteurs et industriels.

Selon Bruxelles, le fonctionnement rigide du marché fait que les producteurs ont un choix très limités de laiteries pour effectuer leurs livraisons. © Réussir
Suite à  la fuite des propositions de la Commission européenne concernant des mesures à  long terme pour le secteur laitier européen, intervenue il y a quelques jours, le Copa-Cogeca (agriculteurs et coopératives agricoles de l'UE) souligne que « certaines des mesures » envisagées « (correspondent) à  ses demandes, notamment les propositions destinées à  améliorer le positionnement des agriculteurs au sein de la chaîne alimentaire ». Ce projet de proposition de la Commission, qui reprend assez largement les recommandations du Groupe d'experts de haut niveau sur le lait, doit être adopté début décembre pour améliorer le fonctionnement de la filière. La fin des quotas laitiers est programmée en avril 2015. Plus concrètement, au sujet de la position des agriculteurs au sein de la filière laitière européenne, Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, estime qu'elle « devrait leur permettre de tirer un revenu équitable du marché et d'obtenir un meilleur prix pour leurs produits ». Dans son projet, la Commission observe que « la distribution de la valeur ajoutée au sein de la chaîne n'est pas équilibrée, en particulier en ce qui concerne les producteurs, et il y a un problème de transmission de prix le long de la chaîne ». Organisations de producteurs et contrats Mais Henri Brichart, président du groupe de travail « lait et produits laitiers » du Copa-Cogeca et président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), pose des conditions à  l'obtention de ce revenu plus équitable pour les producteurs. Il sera atteignable « via des règles juridiquement sûres en matière de négociation collective, qui soient mises en oeuvre par des organisations reconnues de producteurs ». Et au sujet de l'organisation économique des producteurs justement, Henri Brichart demande que « les coopératives laitières (soient) reconnues en tant qu'organisations de producteurs, étant donnée leur prédominance en Europe ». Le Copa-Cogeca juge également satisfaisante l'approche de Bruxelles à  l'égard des contrats entre agriculteurs et transformateurs, qui seront volontaires. « Cela offrira aux producteurs une plus grande stabilité et les aidera à  consolider leur positionnement » au sein de la filière, commente Henri Brichart. Selon lui, les contrats s'inscriraient « dans le cadre des règles relatives à  la négociation collective, y compris concernant les prix ». Transparence et régulation ? Par ailleurs, les agriculteurs européens estiment encourageante la décision de la Commission d'examiner le rôle des organisations interprofessionnelles déjà  existantes dans le secteur européen des fruits et légumes. Bruxelles propose en fait d'étendre au secteur laitier de l'Union les dispositions déjà  en vigueur dans celui des fruits et légumes. Néanmoins, le Copa-Cogeca relève des manques dans le document bruxellois. Il réclame de la Commission qu'elle cherche « à  renforcer la transparence du marché, notamment concernant les volumes de lait » produits dans toute l'Union. Pour l'instant, Bruxelles ne propose en effet son renforcement qu'à  l'échelon des transformateurs. La Commission veut les enjoindre à  indiquer chaque mois aux autorités compétentes de chaque Etat membre les quantités de lait cru qu'ils ont achetées. Enfin, les propositions de Bruxelles « n'incluent pas de mesures communautaires de gestion du marché », constate Pekka Pesonen. Le secrétaire général du Copa-Cogeca réclame donc que ces mesures soient « maintenues » afin de « protéger les agriculteurs face à  l'extrême volatilité du marché ». La question de la régulation des marchés sera d'ailleurs l'un des axes majeurs des discussions sur la PAC d'après 2013, qui débuteront officiellement en 2011.

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