Publié le 10/11/2010 à 14h33 /

L'agriculture basque plaide ses spécificités

// Une délégation de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques, conduite par Patrick Etchégaray et Michel Bidart, président du syndicat de vallée des Aldudes, a été reçue, le lundi 8 novembre, par le sous-Préfet de Bayonne, Laurent Nunez.

La FDSEA, par la voix de son vice-président Patrick Etchégaray, a tenté de faire entendre la voix des petites structures de montagne auprès de l'administration. Une tàche ardue, cette dernière se retranchant derrière la réglementation © M.B / Le Sil
Durant près de deux heures, la délégation de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) s'est entretenue avec le sous-préfet de Bayonne, Laurent Nunez, en présence de Jean-Michel Anxolabéhère, président de la chambre d'agriculture, et M. Ducasse, représentant de la DDTM.
On le sait, la viabilité économique, pour ne pas dire la survie, des petites exploitations de montagne est directement liée à  l'obtention des subventions d'exploitation spécifiques et des aides couplées. Ce qui représente de 30 à  50 % de leur résultat agricole. Or ces aides sont remises en cause, voire supprimées, dans le cas de nouveaux modes d'attribution définis par les instances, mettant « de facto » en cause la viabilité de dizaines d'entre elles, notamment dans la vallée des Aldudes, auprès des éleveurs utilisant les estives du pays Quint. « Ce n'est pas faute d'avoir déjà  saisi les autorités à  ce sujet, à  plusieurs reprises, et nous sommes prêts à  aller jusqu'à  Paris s'il le faut pour défendre les structures les plus fragilisées », a déclaré en préambule le chef de la délégation, Patrick Etchégaray.
Dialogue de sourdsLes représentants de l'État et de l'administration ont volontiers reconnu ce volontarisme qui fait honneur à  l'esprit syndical, souvent impliqué dans la défense des plus petits. Malgré l'extrême courtoisie des échanges, il faut pourtant leur reconnaître qu'ils ont parfois touché au dialogue de sourds. Pour chaque revendication, côté administration, on s'est retranché derrière la réglementation nationale, voire européenne, alors que côté syndical, on plaidait pour des ajustements mieux adaptés au contexte local.
Les deux représentants de l'État ont toutefois parfaitement compris le souci d'équité qui animait la démarche et convenu qu'il fallait gommer certaines mesures inadaptées. Ils ont donc promis d'agir au mieux pour faire remonter les doléances et permettre l'émergence de nouvelles dispositions pour la campagne prochaine car l'année 2010 arrive à  son terme. « Ce n'est pas faute de réactivité de notre part, a plaidé Patrick, c'est qu'il nous a fallu un certain temps pour découvrir la nocivité sur le terrain des nouvelles dispositions ».
Plusieurs difficultés liées à  des incohérences, parfois administratives, ont été évoquées au cours de cette réunion. Ainsi en va-t-il du paiement de l'ICHN (indemnité compensatrice de handicap naturel), précédemment liée au classement de l'exploitation et, désormais, payée en fonction du classement de la commune. Or, s'il y a 121 exploitations classées « haute montagne », aucune commune du Pays basque ne l'est. Toutes ces localités sont répertoriées en « zone montagne ». Les 121 exploitations se voient donc amputées d'une partie de leurs ressources.
Première aberration ! Et que dire des éleveurs exploitant des parcelles sises en pays Quint qui ne sont plus éligibles ? Certains se retrouvent pénalisés à  plus de 50 % de leur budget. De même, pour les DPU (droits à  paiement unique) relatifs aux éleveurs transhumants.
Dans un premier temps, il avait été demandé de lier les surfaces d'estives à  la superficie de chaque exploitation concernée. Une mesure quelque peu inadaptée, cela s'est vu à  l‘usage. Car, suivant les années, l'apport « estivé » varie en fonction de la fréquentation ou de son chargement. La délégation souhaitait donc la création de DPU « estives collectives » pour ne pas trop léser les transhumants par rapport aux non transhumants.
De même, pour les agnelles de renouvellement, et ça a été le premier sujet de discussion. Elles sont tenues d'être bouclées dans les sept premiers jours de leur existence. C'est trop hàtif et altère parfois la santé de la bête. À cet égard, la profession demande un bouclage plus tardif comme pour les autres agneaux. Il ne s'agit pas de tricher mais de faciliter un travail déjà  rendu pénible par les handicaps naturels. Avec, en filigrane, une vraie question de fond : que deviendra le massif si on tue à  petit feu les modestes unités qui la font vivre.
Michel Bengoechea

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