Publié le 10/11/2010 à 16h49 /

Scolyte : l'histoire se répète dans le massif landais

// L'insecte qui sévit actuellement sur le massif landais a déjà  fait des ravages par le passé. Il a aussi des conséquences dramatiques au Canada.

© D.M / Le Sillon
Pour thème de son assemblée générale, mardi 9 novembre à  Magescq, le groupement de productivité forestière Sud Landes avait choisi le scolyte, l'insecte qui poursuit les ravages de la tempête Klaus sur le massif forestier des Landes de Gascogne. Fin septembre, le département santé des forêts estimait à  3,9 millions de m3 les pins scolytés, soit plus du dixième du bois mis à  terre par la tempête Klaus. Les insectes ne reprendront maintenant leur activité qu'au printemps. Reste à  savoir quelle sera l'ampleur de leurs attaques. En se basant sur ce qui s'est passé suite à  la tempête de 1999, les attaques devraient être divisées par deux. « On ne peut cependant pas en être sûr, car interviendront les facteurs météo durant l'hiver et durant l'été prochain » précise Julien Goullier Lacadec, conseiller forestier du secteur. Quid des attaques au printemps? Dans le domaine des comparaisons, le conseiller ne s'arrête pas à  la décennie, puisqu'il remonte aux années 44 à  49, période durant laquelle la presse landaise relatait une attaque de grande ampleur de bostryches, un type de scolyte. «On retrouve à  ce moment-là  le même type d'articles que maintenant, avec le découragement des sylviculteurs face à  un parasite que l'on pensait nouveau. Et à  cette époque déjà  les scientifiques affirmaient que l'insecte était endémique à  la forêt landaise et qu'il proliférait après chaque incendie, tempête ou grêle, provoquant alors régulièrement des dégàts, comme en 1 800. Les hommes ont la mémoire courte ! » Parmi les articles de l'époque, il en cite un titrant en juillet 1944 : «après le feu, les bostryches». En octobre de la même année, est publié un arrêté préfectoral radical, obligeant les sylviculteurs à  déclarer les parcelles scolytés et à  les exploiter ou faire exploiter avant le 1er février 1945. Les exploitants devaient par ailleurs écorcer le bois et brûler tous les débris avant le 31 mars ! En 1948, sont publiés des extraits de notices forestières pour organiser la lutte chimique, comme mise en place dans les Vosges et le Jura où le ravageur sévissait. «Ce sont les pulvérisations sur les piles au DDT à  l'arseniate de calcium, ainsi qu'au xylophène qui sont conseillées !». Le conseiller tient par ailleurs à  montrer que l'attaque du scolyte n'est pas propre à  la forêt monocultivée des Landes de Gascogne, puisque le dendrocton, de la famille des scolytes infeste le pin ponderosa dans la forêt totalement naturelle de Colombie britannique au Canada. Depuis le début de l'infestation en 2005, qui serait due à  une élévation de la température, 675 millions de m3 de bois ont été ravagés sur 16,3 millions d'hectares. 80 % des pinèdes mûres seraient détruites d'ici 2 013. Dominique Maurel

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