Publié le 26/11/2010 à 15h35 /

Les incertitudes sur l'avenir de la PAC inquiètent les coopératives

// La politique agricole commune après 2013 sera définie sans visibilité budgétaire, a déploré Paolo de Castro, le président de la commission agriculture du Parlement européen, lors du congrès de Coop de France.

Vice-président du Cogeca et président du groupe coopératif Euralis, Christian Pees prédit que «les probèmes vont commencer quand il faudra mettre des chiffres en face de chaque proposition de la prochaine réforme de la PAC». © Le Sillon
A l'avant-veille de la présentation officielle des propositions de la Commission européenne concernant l'avenir de la PAC après-2013, les coopératives agricoles se sont inquiétées du flou des orientations connues à  ce jour et des incertitudes relatives à  leur financement. A l'issue du congrès de Coop de France – auquel Bruno Lemaire, annoncé, n'a finalement pas participé -, son président Philippe Mangin a déploré une proposition « encore trop timide » en matière de régulation (stockage privé, clause de protection, etc.), « trop floue » pour ce qui concerne la définition des deux piliers et « pas claire » en matière d'assurances. « Il est paradoxal que le G20 s'interroge sur la régulation physique, les marchés à  terme, alors que l'UE a largement désarmé », a-t-il déploré. En revanche, il a reconnu quelques mérites aux orientations actuelles concernant la répartition des aides, notamment sur la sortie des critères historiques, sur la prudence en matière d'égalité entre l'ouest de l'Union et les Peco ou la reconnaissance d'un « premier étage » sur le revenu. « Le panel de propositions satisfait assez largement au niveau européen », a d'ailleurs reconnu Christian Pèes, membre du bureau de Coop de France, qui s'exprimait lors de la table-ronde du congrès en tant que vice-président de la Cogeca, l'organisation européenne des coopératives. « Mais c'est lorsqu'il va s'agir de mettre des chiffres en face de chaque proposition que les problèmes vont commencer ». L'erreur de l'Europe Or, en matière de financement, nul ne semble en mesure de prévoir de quel budget l'Europe disposera, ni quand. « C'est la première fois qu'une réforme de la PAC est conçue et réalisée autant à  l'aveuglette sur le plan budgétaire », s'est étonné le député européen italien Paolo de Castro, président de la commission agriculture du Parlement européen. « Auparavant, les perspectives financières étaient connues à  l'avance. Même en 2003, on savait pouvoir s'appuyer sur l'accord Chirac/Schroeder ». Paolo de Castro a même considéré qu'il n'était « pas sûr » que les députés ou les ministres disposeront de garanties financières lorsque la Commission devra présenter ses propositions législatives en juillet 2011. Le président de la commission agriculture – qui compte 85 députés au Parlement européen, ce dernier disposant d'un pouvoir de décision accru depuis l'adoption du traité de Lisbonne - a milité pour un budget au moins « équivalent » pour l'après 2013. «La PAC ne doit pas seulement intervenir en matière de qualité, mais aussi de quantité, a-t-il précisé, avec le double objectif de produire davantage en polluant moins. » Le président de la commission agricole a jugé que le démantèlement de certains outils de régulation avait été une « erreur » de la part de l'Europe. « On a aujourd'hui la preuve (avec la volatilité des prix, NDLR) que le marché ne peut pas résoudre tous les problèmes. » Il a notamment relevé qu'alors que l'Europe s'apprêtait à  supprimer les quotas laitiers, « les Etats-Unis viennent d'introduire un système comparable ».  

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