Publié le 26/11/2010 à 16h36 /

Porc : les industriels refusent toujours d'indiquer l'origine de la viande

// L'Interprofession porcine Inaporc n'est pas parvenue à  un consensus sur la mention d'origine des produits porcins lors de sa réunion du 25 novembre. Les industriels charcutiers et traiteurs se refusent toujours à  afficher l'origine sur l'ensemble des produits. Les producteurs poursuivent donc leurs actions syndicales.

Malgré les actions coup-de-poing de blocage menées par les éleveurs porcins contre des sites des groupes Aoste et Herta notamment, les 22 et 24 novembre partout en France, la Fédération des industriels charcutiers et traiteurs (FICT) refuse toujours d'afficher la mention de l'origine sur l'ensemble des produits, en particulier la mention VPF (viande porcine française). Le conseil d'administration exceptionnel de l'Interprofession porcine Inaporc, organisé le 25 novembre, n'a pas abouti sur le consensus réclamé par les éleveurs de la Fédération nationale porcine (FNP), après un premier échec le 3 novembre dernier. La réglementation européenne a bon dos Les industriels charcutiers et traiteurs ne sont prêts à  afficher l'origine que sur un nombre limité de cas, contrairement aux autres maillons de la filière. La FICT propose en effet de seulement « compléter l'information aux consommateurs sur l'origine des viandes porcines utilisées dans la fabrication des charcuteries salaisons », a-t-elle indiqué à  l'issue de la réunion. Mais la Fédération d'industriels, qui transforment près des deux tiers de la production porcine française, défend aussi sa demi-réponse. « La réglementation (européenne, NDLR) prévoit l'indication volontaire de l'origine des matières premières utilisées dans les produits élaborés », explique la FICT, ajoutant que cette mesure « ne peut pas être généralisée dans le contexte actuel de la concurrence européenne »Ambiguité de la distribution La FNP a immédiatement déploré l'attitude de la FICT mais également la position ambiguë de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) qui accepte de signer l'accord sur l'origine mais se refuse à  l'appliquer sans consensus interprofessionnel. Les éleveurs porcins déplorent aussi la décision du comité régional porcin breton, de Coop de France Bétail et viande et des abatteurs (SNIV-SNCP) qui ont décidé de bloquer les financements d'Inaporc en l'absence d'accord. Finalement, la FNP « regrette qu'aucune avancée n'ait pu être obtenue vers une meilleure commercialisation de la production » française. Du coup, ses actions syndicales sur le terrain, soutenues par la FNSEA et Jeunes Agriculteurs et nettement plus dures depuis une semaine, vont se poursuivre. De nouvelles opérations seront organisées tout début décembre. La FNP veut absolument obtenir de l'aval de la filière et notamment des distributeurs qu'ils demandent à  leurs fournisseurs d'inscrire la mention d'origine et de revaloriser la viande porcine française. « Cette mention de l'origine est un préalable essentiel pour obtenir une revalorisation du prix payé aux éleveurs », plaident les producteurs.  Dans les élevages, on endure la hausse du coût de l'aliment provoquée par la flambée estivale des prix des céréales et les trésoreries sont « exsangues » après plus de trois années de crises successives.

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