Publié le 17/12/2010 à 09h22 /

Dispositif Adema : un tremplin vers l'emploi agricole

// La première session landaise du dispositif visant à  permettre une découverte des métiers agricoles par les demandeurs d'emploi vient de s'achever avec un bilan positif.

François Lesparre (à  gauche), qui a accueilli sur son exploitation pendant 3 semaines un ancien restaurateur, David Moret (à  droite), juge le dispositif bien encadré et intéressant pour attirer des personnes d'autres milieux vers l'agriculture
Fils d'agriculteur gersois, David Moret connaît le métier d'agriculteur, mais ce n'est pas la voie professionnelle qu'il a choisie il y a 20 ans, puisqu'il a démarré sa carrière dans l'hôtellerie. Lassé du rythme de ce secteur d'activité difficile à  concilier avec une vie familiale, il décide il y a quelques mois de se séparer de son restaurant « pour revenir aux sources ». Lorsque le Pôle emploi lui propose une petite formation suivie d'un stage pour accéder aux métiers agricoles, il n'hésite pas une seconde. Il rejoint le groupe des dix demandeurs d'emploi de la première session Adema (accès des demandeurs d'emploi aux métiers agricoles) dans les Landes, animée par la maison familiale d'Aire-sur-l'Adour.
Après quatre jours d'initiation aux premières bases des métiers de l'agriculture, il effectue un stage de trois semaines chez François Lesparre, agriculteur à  Pujo-le-Plan. Là , il découvre les activités de l'entreprise et apprend avec François ou son salarié des gestes professionnels. Paillage d'un bàtiment pour le démarrage d'une bande de poulets, entretien du matériel, soudure, conduite de tracteurs sont au programme de ses journées.
La recherche d'un équilibre de vie
L'expérience est positive pour le jeune homme habitué au travail à  l'intérieur, avec des fourchettes et casseroles plutôt que des fourches et marteaux : « Le métier me plaît, au grand air, proche de la nature. Il y a un équilibre de vie que j'avais perdu. Je suis motivé pour travailler dans ce secteur d'activité ». Il envisage même de s'installer plus tard. En attendant, l'ancien employeur dans son restaurant d'une équipe de six personnes ne craint pas de se retrouver simple manoeuvre. Seul regret, la période n'est pas propice aux travaux dans les champs qui l'attirent tout particulièrement.
De son côté, François Lesparre salue l'initiative de ce dispositif qui permet de faire venir à  l'agriculture des personnes d'horizons très divers. « Le dispositif est bien encadré, avec un formateur qui accompagne stagiaire et maître de stage ». Le stagiaire est indemnisé dans le cadre de l'assurance chômage ou par le Fafsea (organisme financeur de la formation).
Mercredi 15 décembre, pour David Moret, comme pour les 9 autres stagiaires de cette première session Adema, l'heure était au bilan. Pour huit d'entre eux, de profils très hétérogènes, l'agriculture est une découverte totale et pour tous l'expérience fut concluante, puisqu'ils souhaitent désormais s'orienter vers ce secteur d'activité. Déjà , une personne est embauchée par son maître de stage, dans le secteur viticole. Deux autres devraient rapidement signer leur contrat.
Jeanne, ancienne institutrice et Claude, ancien cadre de l'industrie, ont eux choisi de reprendre les études pour se former dans le secteur des espaces verts. Jérôme, qui avait le projet de s'installer en gavage, a réalisé que ses problèmes de santé l'empêcheraient de mener à  bien cette installation. « Je souhaite malgré tout rester dans le milieu agricole ». Les autres démarrent leur recherche d'emploi, soutenus par la MFR qui conserve le contact et peut éventuellement faire passer des offres d'emploi.
Du côté du Pôle emploi, le bilan est aussi positif, même s'il faut attendre quelques mois pour constater sa traduction concrète en embauches. Chantal de Borger, responsable du dispositif, souligne que « personne n'a quitté le dispositif, même si pour certains, cela a été dur ». Elle estime le dispositif Adema nécessaire pour faire découvrir le vrai visage d'un secteur d'activité trop souvent mal perçu. « Nous avons beaucoup de mal à  mobiliser sur l'emploi agricole ».
La prochaine session se déroulera avec la CFPPA de Sabres et dès le mois de janvier, les conseillers du Pôle emploi s'occuperont de la constitution d'une seconde session à  la MFR d'Aire à  la mi-février. Dominique Maurel Accueillir un stagiaire
Le stage en exploitation est le pilier du dispositif Adema, puisqu'il permet une découverte concrète du métier d'agriculteur. Les organismes de formation en charge de l'accompagnement des demandeurs d'emploi recherchent donc des exploitations prêtes à  accueillir et à  former les nouveaux venus en agriculture. La FDSEA signale par ailleurs que l'accueil d'un stagiaire peut être un bon moyen de « tester » le salariat pour les agriculteurs qui hésitent à  embaucher. La personne accueillie peut par ailleurs s'avérer être le potentiel salarié idéal, après un temps de formation sur l'exploitation ou en organisme de formation. Les exploitants intéressés peuvent s'adresser à  la FDSEA 40 pour tous renseignements complémentaires, au 05.58.85.44.22.


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