Publié le 27/12/2010 à 10h44 /

Forêt landaise : de l'urgence à  la prospective

// L'observatoire de la reconstitution de la forêt, élargit, depuis un an, son champ d'action et devient un outil d'aménagement du territoire.

Compte tenu des premières données enregistrées dans la base de données Pigma, les professionnels de la forêt estiment que plusieurs milliers d' hectares sont touchés par les attaques de scolytes. © Le Sillon
L'observatoire de la reconstitution de la forêt d'Aquitaine est unique en France. Cet outil cartographique a été construit après la dernière tempête à  partir de la plateforme Pigma (plate-forme de l'information géographique mutualisée en Aquitaine), elle-même mise en place gràce aux forestiers de la région. « L'observatoire nous permet d'avoir la main sur toutes les étapes du dossier liées la reconstitution forestière. Comme sa base est reliée à  l'Administration, il permet le suivi automatisé du versement des indemnisations » explique Bruno Lafon, président du Fogefor (1). Lors de l'assemblée générale qui s'est tenue au Teich sur le bassin d'Arcachon, le vendredi 3 décembre, le président a tenu à  enfoncer le clou. Selon Bruno Lafon, l'observatoire « renforce aussi notre crédibilité, non seulement, lorsque nous demandons des aides publiques, mais aussi, quand il faut, ensuite, rendre compte de l'état précis d'avancement de l'utilisation des enveloppes allouées ». Exemples d'utilisation de ces données cartographiques, le plan chablis ainsi que les premières étapes du plan scolytes que présentait ce même jour Éric Dumontet, secrétaire général adjoint du Syndicat des sylviculteurs du sud ouest (SSSO). Gràce à  cet outil, on a pu déterminer qu'entre 40 et 41 millions de mètres cubes de pin maritimes, soit 202.000 ha, ont été touchés à  plus de 40 % par Klaus de janvier 2009.  Retour sur les dégàts de Klaus À propos de cette tempête, Christian Pinaudeau, secrétaire général du SSSO, est revenu sur ce qu'il convient d'appeler l'échec de la mise en oeuvre, dans le plan d'urgence post-tempête, du système d'aide au transport qui « a exclu les propriétaires et dans lequel les industriels n'ont pas joué le jeu en achetant le bois à  des prix trop bas à  2 €/t tandis qu'ils le revendaient à  12, voire 20 €/t. » Pour ce qui est du plan scolytes, les premiers points ont été rappelés. À commencer par la récente décision qui a rendu obligatoire la déclaration de dégàts liés aux scolytes. Saisis dans la base Pigma, ces déclarations portent à  ce jour sur 7.600 hectares touchés à  plus de 40 % de dégàts cumulés tempête + scolytes. Les saisies ne sont pas terminées, et les estimations tablent sur au moins 30.000 ha touchés.  Avec le taux de 40 % de dégàts cumulés, les surfaces deviennent éligibles aux aides à  la reconstitution. Dans un premier temps, elles entrent aussi dans un dispositif spécifique scolytes qui prévoit des aides au nettoyage des parcelles : aide de 160 €/ha pour le broyage des rémanents après exploitation commerciale, ou aide pour le broyage des jeunes peuplements de moins de 15 ans. Outil d'aménagement du territoire Quant à  cette plateforme Pigma, elle est gérée par le Groupement d'intérêt public aménagement du territoire et gestion des risques (GIPATGERI). Crée en 2005, avec comme mission première la prévention des risques d'incendies sur le massif forestier, le GIPATGERI élargit chaque jour ses partenariats. Les cartes produites par sa base Pigma servent de support dans des projets d'aménagement du territoire aquitain au sens large. Suite à  la tempête Klaus, cet outil n'a pas seulement été utilisé pour estimer les dégàts sur la forêt, il a aussi servi, et de façon quasi immédiate, à  évaluer l'impact de cette tempête sur l'état du réseau ferré régional. Autre exemple concret de l'utilisation des données en lien avec la forêt : l'organisation de la réouverture de pistes forestières qui n'étaient plus accessibles.  À ce jour, 23.000 km de pistes forestières ont pu être à  nouveau dégagées. La non-accessibilité des pistes est, en effet, un des paramètres qui limite fortement l'efficacité des services de lutte contre les incendies de forêt. On l'aura compris, ces données cartographiques intéressent de plus en plus de structures.  « Fin 2010, nous avons signé notre 200e convention, a précisé Pierre Macé, directeur du GIPATGERI lors de cette assemblée générale. Nous avons récemment signé avec l'INRA et l'IFV (Institut de la vigne et du vin). » Ces conventions portent d'abord sur l'utilisation des fonds de carte et la mise en contact avec les autres partenaires, mais l'exemple de l'observatoire forestier crée en lien avec l'administration, permet d'illustrer comment cette plateforme Pigma peut devenir un véritable outil d'aide à  la décision pour la gestion du territoire. Marie-Noëlle Charles 1 - Le Fogefor (Fonds pour la formation pour la gestion forestière) existe depuis 26 ans et propose, en moyenne, une journée de formation par mois. 2 - Le GIPATGERI regroupe État, les collectivités territoriales, les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) de la Dordogne, de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques, l'Association régionale de défense des forêts contre l'incendie (ARDFCI), les unions des associations syndicales autorisées de défense des forêts contre l'incendie, et l'Office national des forêts. L'Europe compte parmi ses financeurs et l'IGN est son fournisseur de fonds de carte.

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