Publié le 06/01/2011 à 15h07 /

La FDSEA 64 affiche ses priorités d'action pour 2011

// La situation préoccupante des filières animales et la poursuite de la mobilisation sur divers dossiers locaux (dont la gestion de l'eau) font partie des priorités d'action de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques pour 2011, année déterminante aussi pour la préparation de la PAC de l'après-2013.

Pour ces deux points-presse, le président Biès-Péré était entouré de plusieurs responsables du bureau : notamment Pierre Menet et Michel Casabonne (à  Pau, photo du haut) Patrick Etchegaray et Alain Cornu (à  Saint-Palais, photo du bas) © G.M / Le Sillon
Fin décembre, la présentation des comptes de l'agriculture de 2010 avait suscité au plan national un vent d'euphorie chez certains commentateurs. Il faut dire que le ministère de l'agriculture avait fait état d'une progression de 66 % du revenu agricole moyen. Cette amélioration — qui fait suite à  deux années de forte baisse — s'est certes fait sentir au plan départemental. Mais la diversité des productions, des exploitations et des situations individuelles invite à  beaucoup de prudence. Lors du traditionnel point-presse de la nouvelle année, les responsables de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques ont donc affiché un optimisme très relatif. La médaille et son revers Par rapport à  l'an dernier à  pareille date, « le moral va un peu mieux », se félicitait ainsi le président Henri Biès-Péré. La nette reprise des cours des céréales ou la légère amélioration du prix du lait illustrent cette embellie, mais « la situation de la viande bovine et celle de la production porcine restent préoccupantes », faisait-il observer. Et si l'augmentation du prix des céréales constitue une bonne nouvelle pour les maisiculteurs qui avaient subi une chute des cours l'année précédente, elle laisse craindre un accroissement des charges pour les éleveurs et les productions hors-sol. La FDSEA reste très vigilante sur ce point ainsi que sur l'évolution des prix des intrants : si les engrais, produits phytosanitaires et autres semences sont plus chers, il faudra que les prix des produits agricoles progressent en conséquence. Les responsables de la FDSEA rappelaient aussi que 2.000 agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques avaient eu accès aux mesures du plan Sarkozy : mesures qui sont essentiellement des prêts qu'il faudra rembourser sur 4 ans Côté installation, 2010 aura encore été un bon cru avec un nombre de dossiers comparable à  celui de l'année antérieure (130 installations aidées). L'eau, la PAC, les rencontres à  la ferme Concernant les faits majeurs de 2010, l'eau aura été source de forte mobilisation pour les irrigants du Sud-Ouest : « Nous avons été un peu entendus par le préfet de région » se réjouit M. Biès-Péré. Mais le dossier n'est pas clos : en 2011, la profession agricole entend redire qu'elle n'a pas besoin d'instance administrative ou de contrainte réglementaire supplémentaire pour gérer avec parcimonie l'eau, facteur de production essentiel pour de nombreuses cultures. Autre aspect de l'action syndicale, la communication. Les responsables agricoles rappelaient le vif succès de l'opération "Rencontres à  la ferme" organisée pour montrer aux citadins et ruraux la réalité des conditions de vie et des pratiques agricoles dans les exploitations. 21 fermes avaient ainsi ouvert leur portes le 11 septembre au public, mobilisant 200 responsables locaux du réseau FDSEA et accueillant 3.000 visiteurs. PAC : une année déterminante Autre thème dont il fut beaucoup question en 2010, l'Europe sera de nouveau très présente dans les débats agricoles en 2011. Après la présentation du projet de PAC pour l'après-2013 par le commissaire Dacian Ciolos et son accueil favorable par les ministres de l'Union européenne, « on entre dans le dur », estime M. Bies-Péré. L'année 2011 sera en effet déterminante pour la validation de ce projet par les États membres et pour les arbitrages budgétaires. Le président de la FDSEA réaffirmait à  cet égard que les organisations agricoles demandent « au moins le maintien » de l'enveloppe actuelle de la PAC. Il rappelait aussi que les propositions formulées par Dacian Ciolos avaient été dans l'ensemble bien accueillies par le monde agricole car « elles nous conviennent mieux que les orientations ultra-libérales que prônait l'ancienne commissaire Mariann Fischer Boel ». Les responsables de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques attendent aussi beaucoup des instances internationales telles que le G20. « Si on régule la production en Europe, nous surveillerons de près ce qui est permis ailleurs », expliquait ainsi M. Biès-Péré qui citait pour exemple le cas des importations de viande bovine du Mercosur. Le dossier des médicaments vétérinaires espagnols est une autre illustration de cette nécessaire harmonisation entre les pays pour éviter des distorsions de concurrence. La FDSEA, qui a maintes fois alerté l'administration sur l'incohérence des réglementations entre États membres, réaffirme son soutien aux éleveurs concernés.
Guy Mimbielle
Féminin pluriel
Le congrès de la FDSEA aura lieu le 3 mars en Béarn. Si le lieu précis n'est pas encore fixé, on sait en revanche que l'invité national sera une invitée: à  savoir, la première vice-présidente de la FNSEA, Chistiane Lambert.
Avant ce rendez-vous départemental, les responsables de la FDSEA vont aller sur le terrain à  l'occasion des assemblées des unions cantonales. Quarante rendez-vous locaux vont ainsi être organisés d'ici la fin février.
La venue de Ch. Lambert est aussi l'occasion de rappeler que le syndicalisme agricole se conjugue aussi au féminin. La présidente de la commission départementale agricultrices, Maryse Hounieu, rappelait que dans les Pyrénées-Atlantiques, les exploitantes représentent aujourd'hui le tiers des chefs d'exploitation. Mais si elles sont très présentes dans les fermes, elles restent encore peu nombreuses à  siéger dans des conseils d'administration. À l'initiative des FRSEA d'Aquitaine et Midi-Pyrénées, une enquête menée auprès de 700 agricultrices du Sud-Ouest démontre pourtant que beaucoup d'entr'elles souhaiteraient pouvoir s'engager davantage dans les organisations agricoles ainsi que dans les instances associatives.

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