Publié le 13/01/2011 à 13h41 /

Le syndicalisme agricole face à  ses défis

// Le directeur général de la FNSEA, Patrick Ferrère, était l'invité du conseil d'administration de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques réuni en séminaire pour réfléchir au rôle du syndicalisme face aux mutations que traverse le monde agricole.

Réunis les 5 et 6 janvier à  Saint-Palais (64) sous la présidence d'Henri Biès-Péré, les membres du conseil d'administration de la FDSEA 64 ont pris le temps de la réflexion pour une analyse en profondeur sur le sens à  donner à  l'action syndicale. Accueillis au lycée Errecart par le président Jean-Pierre Goity, ils avaient fait appel au directeur général de la FNSEA, Patrick Ferrère, pour « planter le décor » et dépeindre les contextes européen et mondial dans lesquels s'inscrit l'agriculture aujourd'hui. Il importe en effet de bien comprendre les changements en cours et à  venir pour bien s'y préparer. Et des changements, il y en a eu depuis la signature du traité de Rome et la mise en place d'une politique agricole européenne « intégrée ». Chute du mur de Berlin, passage d'une communauté économique (la CEE) à  une Union européenne (UE), élargissement de l'espace communautaire de 6 à  12, puis 15 et maintenant 27 États membres. Bref, « l'Europe a changé » constatait Patrick Ferrère. Tant et si bien qu'elle traverse « une crise de croissance » et même « une crise d'identité ». Bien des Européens se demandent « ça sert à  quoi l'Europe. Elle s'agrandit mais on ne la consolide pas ». Il en résulte une perte de cohérence qui déteint sur la PAC. L'UE apparaît en effet comme une « mosaique d'États » et non comme une véritable union. Du traité de Rome à  l'Europe à  27 Dans cette Europe qui manque de projets politiques, les agriculteurs sont confrontés à  une extrême volatilité des prix car ils sont désormais en prise directe avec un contexte mondialisé. Les facteurs économiques, la spéculation financière, les conditions climatiques interfèrent directement sur le cours et sur le revenu des exploitants. Récent exemple en date, les inondations en Australie — qui couvrent l'équivalent de la superficie de la France et de l'Allemagne ! — font craindre une baisse de production de céréales et suscite une flambée des cours du blé.
Face à  de tels bouleversements, le syndicalisme se doit d'accompagner au mieux les agriculteurs. « Mais les recettes d'hier ne sont pas forcément adaptées à  la situation d'aujourd'hui ». Pour le directeur général de la FNSEA, il importe désormais de « redonner en France de la compétitivité à  l'agroalimentaire et renforcer le rôle des interprofessions ». M. Férrère prône aussi le développement de systèmes de prévention (notamment fiscaux) contre l'instabilité des cours.
Évoquant la forte concentration et le poids accru de la grande distribution, il est aussi nécessaire de « transformer une politique agricole qui s'arrête à  la porte de la ferme en une politique qui aille jusqu'au consommateur ».
Au-delà  de simples déclarations d'intention, le chantier est « colossal », d'autant que se profile à  l'horizon l'après 2013. C'est pourquoi, M. Ferrère appelle d'ores-et-déjà  les agriculteurs à  intégrer dans leur gestion d'exploitation le devenir de leurs productions.
« Dans ce contexte, quelles conséquences pour l'action de la FDSEA ? » Telle est la question à  laquelle les administrateurs de la FDSEA ont réfléchi dans un deuxième temps. Réflexion qui aura permis d'analyser le rôle du syndicalisme, de partager, d'échanger les points de vue et de définir les principaux axes d'intervention. Dans le prolongement de cette rencontre, un plan d'actions précis sera élaboré au fil des prochains mois de cette année 2011, déterminante pour la validation du projet de PAC 2014-2020 et les arbitrages budgétaires.
Guy Mimbielle

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