Publié le 13/01/2011 à 14h45 /

Les JA landais veulent relancer l'installation

// Lors de son congrès à  Sainte-Colombe (40), le syndicat des Jeunes Agriculteurs Landais a proposé une série d'action pour rendre le métier d'agriculteur plus attractif dans le département.

Comme Pascal Lafenêtre (au micro) qui invite OPA et pouvoirs publics à  se mobiliser pour faciliter l'accès des JA au foncier, Joël Clergue (à  gauche), vice-président de JA national, rappelle que la majorité des difficultés des agriculteurs vient du
L'installation est depuis toujours le « cheval de bataille » des Jeunes Agriculteurs. Et un sujet de préoccupation pour le syndicat qui voit le nombre d'installés diminuer tous les ans, pour atteindre le niveau inquiétant de 28 en 2010, contre une quarantaine ces dernières années. En 20 ans, ce chiffre a été divisé par 2,5. « Nous devons réagir. Même avec 40 installations par an, il faudrait plus d'un siècle pour renouveler les 4.000 exploitations professionnelles du département. Nous ne pouvons nous satisfaire de cette tendance » a lancé le président Pascal Lafenêtre, lors de l'assemblée générale du syndicat vendredi 7 janvier à  Sainte-Colombe. C'est pourquoi, les JA ont fait des propositions pour que plus de jeunes puissent s'installer et vivre décemment de leur métier. Elles s'articulent autour de trois conditions : des filières rémunératrices, un accès à  l'irrigation et un accès au foncier. Sur tous ces dossiers, les Jeunes Agriculteurs comptent sur une prise de conscience des organisations professionnelles et de l'État : « Aidez-nous à  concrétiser nos propositions pour maintenir le potentiel de production de la ferme Landes » interpelle Pascal Lafenêtre.
« Seule une juste rémunération de la production permet d'assurer le revenu » assure Guillaume Dezes, JA rapporteur du groupe de travail sur ce sujet. Pour la filière mais, pour faire face aux fluctuations de prix, il préconise que les jeunes installés se forment davantage sur les moyens de commercialisation, ainsi que sur le calcul des charges et donc de la marge. Revenu, irrigation et foncier Pour la filière volailles, les JA proposent que les organismes de producteurs augmentent de 20 centimes le prix de reprise, permettant de multiplier par trois la marge nette éleveur. Michel Prugue, président de Maisadour, répond à  ce sujet que « les négociations se poursuivent pour passer des hausses auprès de la grande distribution, à  hauteur de 12 %. Mais au-delà , il y aurait baisse de la consommation ». Il propose donc de chercher par ailleurs une progression de la marge via une meilleure productivité tout au long de la filière. « Au niveau du producteur, il y a des enjeux techniques et des économies d'échelle à  réaliser », lance M. Prugue.
Selon les Jeunes Agriculteurs, l'irrigation est également gage d'installation, en assurant un minimum de rendement et donc de revenu. À cet égard, ils considèrent comme une aberration la nouvelle loi sur l'eau. « Pourquoi changer la gestion débimétrique alors qu'elle a prouvé son efficacité et qu'aucun Landais ne s'est plaint de la gestion des eaux des rivières » s'indigne le rapporteur du groupe, Benoît Labarthe. Ce dernier suggère par ailleurs que soient facilitées les créations de lacs collinaires qui permettraient un retour à  la rentabilité de certaines exploitations, comme en Chalosse.
Enfin, les difficultés d'accès à  un foncier très convoité dans le département constituent une véritable barrière à  l'installation : de moins en moins de foncier agricole disponible (les terres se libèrent peu) et de plus en plus cher. « Depuis notre congrès de l'an dernier où nous proposions la création d'un outil de portage du foncier agricole, les choses n'ont pas évolué, déplore le président des Jeunes Agriculteurs. Il y a urgence à  se mobiliser sur la création et le développement de cet outil » (lire également ci-dessous).
Moins politique, mais tout aussi important : le congrès national des JA en 2012. Les JA landais annoncent leur candidature à  l'organisation de l'événement : « Une formidable aventure et l'occasion de faire valoir les spécificités de notre agriculture départementale », souligne Pascal Lafenêtre.
Dominique Maurel

La foncière JA
JA Landes envisage la création d'une foncière. Il s'agit d'une forme collective d'acquisition du foncier. L'enjeu d'une telle structure est de supprimer le poids de l'acquisition foncière pour les agriculteurs. La «foncière collecte» l'épargne pour investir dans la terre (auprès de collectivités territoriales, entreprises, particuliers), acquiert la terre et la loue à  des agriculteurs soumis au statut du fermage. Une telle structure existe déjà , depuis 1998, pour l'agriculture biologique au niveau national. Il s'agit de terre de liens. La société landaise aurait pour base juridique une SCA (société en commandite par actions), statut permettant que le pouvoir de gestion de la société ne soit pas aux mains des apporteurs de capital.

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