Publié le 21/01/2011 à 08h50 /

Filière bovine : Lur Berri mise sur les signes officiels de qualité

// Gràce à  une croissance externe, le groupement bovin de la coopérative Lur Berri enregistre une forte hausse de son activité. L'obtention de l'IGP «Â Blonde du Sud-Ouest » est un des grands chantiers de la structure.

Au cours de l'exercice 2010, le groupement bovin de la coopérative Lur Berri a enregistré une forte croissance de son activité. Pour autant, la situation de certaines filières reste épineuse. Ce constat pousse les responsables à  imaginer de nouveaux outils de promotion. L'assemblée générale de la structure, qui s'est déroulée le lundi 17 janvier à  Aicirits, a été l'occasion de faire le point sur ces différents éléments.
Entre les campagnes 2009 et 2010, le nombre d'animaux traités par le groupement affiche une croissance de 50 %. Cette augmentation a été autorisée par l'entrée de nouvelles activités dans le giron de la coopérative. Depuis le printemps 2010, le groupement de Lur Berri a intégré l'activité bovine de la coopérative Genepy, basée dans les Hautes-Pyrénées. Au cours de ce même exercice, une trentaine d'éleveurs de veaux de boucherie a été incorporée à  la structure. Ces éleveurs, basés principalement dans les Pyrénées-Atlantiques, travaillaient jusqu'alors en intégration avec le groupe Tendriade.
Une croissance externe à  digérer
« Depuis le 14 décembre dernier, nous sommes reconnus en tant qu'organisation de producteurs (OP) au sein de la filière veaux de boucherie pour quatre départements », commente Yann Adam, le directeur de la structure. Une première dans la région, puisque Lur Berri est le seul groupement à  disposer de cette reconnaissance dans le Sud-Ouest. Au total, le groupement a commercialisé près de trente-cinq mille animaux au cours de la dernière campagne. La production de vaches Blondes, filière historique de la structure, a enregistré elle aussi une progression de 20 % sur le dernier exercice.
Avec plus de huit mille têtes, la production de broutards demeure une filière importante. À ce sujet, les responsables de la coopérative invitent leurs adhérents à  poursuivre les démarches de vaccination vis-à -vis de la fièvre catarrhale. « Nous ne savons pas comment les choses vont évoluer, justifie Yann Adam. Si les éleveurs ne vaccinent pas, ils risquent de se fermer des marchés potentiels ». Dans la même logique, la structure incite les éleveurs à  obtenir la qualification « indemne d'IBR ».
S'agissant de l'évolution des marchés, les responsables estiment être parvenus à  maintenir les prix sur les vaches haut de gamme. En ce qui concerne les broutards, « en dehors d'une période très difficile en fin d'année, les cours ont présenté une certaine stabilité ». A la recherche de nouveaux adhérents S'il est vrai que l'activité de la structure s'est principalement développée pour les productions « certifiées » et « standards », les dirigeants souhaitent insister à  nouveau sur le développement des filières sous signes officiels de qualité. « Nous sommes toujours à  la recherche de nouveaux adhérents, notamment en système naisseurs-engraisseurs », annonce le président Michel Idiart. Celui-ci précise « ne pas négliger » pour autant la filière « maigre », qui constitue « un pilier de l'élevage régional ». Dans ce contexte, le groupement bovin de Lur Berri mise sur la création d'une indication géographique protégée « Blonde du Sud-Ouest », associée à  son label rouge « Boeuf Excellence ». « Notre objectif est notamment de lutter contre la concurrence d'animaux produits dans l'Ouest, sous cette même appellation, et qui sont susceptibles de revenir dans notre région », explique Michel Idiart. En effet, depuis plusieurs années, le cheptel de race Blonde d'Aquitaine connaît une croissance très significative dans l'Ouest de la France. Pour parvenir à  ses fins, le groupement peut s'appuyer sur les liens historiques qui unissent la race Blonde au terroir du Sud-Ouest. « Notre région est le berceau de la race Blonde d'Aquitaine, renchérit Michel Idiart, nos techniques d'élevage ne sont pas non plus les mêmes. Généralement, nos animaux sont reconnus pour avoir une plus grande finesse et une meilleure qualité de viande ». Autant d'éléments qui seront mis en avant au travers du dossier de candidature. Dans l'immédiat, les responsables espèrent voir l'horizon se dégager gràce à  un assainissement du marché de la viande bovine. « L'an dernier l'offre a été importante en raison d'un décalage lié à  la vaccination contre la FCO. Les stocks de vaches grasses ont été, par exemple, particulièrement importants, juge Yann Adam, toutefois, le déficit structurel en viande que connaît l'Union européenne devrait normaliser cette situation ». Afin de promouvoir la production locale, le groupement souhaite également renforcer les animations en magasins. Pour cela, il espère voir augmenter le nombre d'éleveurs participant à  ces opérations. « À tous les étages de la filière, il s'agit de défendre la Blonde », conclut Michel Idiart.
Fabien Brèthes
Blonde du Sud-Ouest
Pour Lur Berri, l'obtention de l'IGP « Blonde du Sud Ouest » permettrait à  la filière régionale de communiquer sur l'origine géographique de la viande. Ainsi, l'objectif est de lutter contre la concurrence d'animaux issus de race Blonde d'Aquitaine produits dans d'autres régions, mais aussi de mieux répondre à  la segmentation du marché. Au sein de cette démarche, le groupement Lur Berri est associé à  d'autres coopératives du Sud-Ouest. Actuellement, les travaux portent sur une étude de faisabilité et un affinement des règles de production. Cette première étape devrait déboucher sur le dépôt d'un dossier de candidature auprès de l'institut national des appellations d'origine (INAO).

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