Publié le 21/01/2011 à 10h03 /

FDSEA 64 : tour d'horizon à  la préfecture

// Une délégation de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques conduite par son président Henri Biès-Péré, a été reçue par le nouveau préfet des Pyrénées-Atlantiques, François-Xavier Ceccaldi.

À la sortie de la réunion, la délégation a qualifié de cordiale cette rencontre avec le nouveau préfet des Pyrénées-Atlantiques, François-Xavier Ceccaldi, en poste depuis la mi-décembre.
Le lundi 17 janvier, une délégation de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques s'est entretenue avec François-Xavier Ceccaldi, préfet en poste dans les Pyrénées-Atlantiques depuis la mi-décembre. Le président Henri Biès-Péré était accompagné de plusieurs membres du bureau dont Jean-Jacques Lateulère, secrétaire général, Maryse Hounieu, vice-présidente, Pierre Menet, vice-président, Alex Casteret, responsable de la commission environnement et Laurent Oustry, directeur.
Cet entretien a tout d'abord été l'occasion pour les responsables agricoles de rappeler que la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques fédère près de 250 syndicats d'exploitants agricoles, eux-mêmes regroupés au sein d'une quarantaine d'unions cantonales. Le syndicat agricole majoritaire dispose aussi d'un réseau de délégués « structures » communaux se regroupant au niveau des commissions cantonales structures. Le conseil d'administration de la FDSEA compte près de 70 membres à  la fois des représentants territoriaux et de filières.

Des secteurs en crise

La présentation ainsi faite, les responsables syndicaux ont évoqué avec le nouveau préfet plusieurs dossiers d'actualité, à  commencer par la conjoncture et la dramatique situation des filières animales (notamment la viande bovine et porcine) confrontées à  une crise économique aiguë qui perdure depuis près de trois années.Alors que les prix à  la consommation ne cessent d'augmenter, ces filières subissent une régression des cours à  la production et un accroissement des charges, notamment du fait du renchérissement des coûts de l'alimentation du bétail.

L'eau et l'irrigation

Dossier maintes fois évoqué ces derniers mois, la question est une nouvelle fois au coeur de la discussion. La FDSEA a redit qu'avec près de 2.000 irrigants et 33.000 hectares irrigués, l'eau est une composante essentielle de l'agriculture départementale. L'irrigation permet de sécuriser à  la fois les volumes produits, mais aussi la qualité des produits (mais, semences, légumes, fruits, etc.). La profession dénonce ainsi plusieurs points de la réforme en cours. Malgré les propos rassurants du préfet de région, coordonnateur du bassin Adour-Garonne, la profession reste très mobilisée sur ce dossier.

Produits vétérinaires

La FDSEA a maintes fois attiré l'attention des services de l'État (préfecture, DDTM, DSV, etc.) sur cette problématique depuis 2006. Sous l'égide de la DSV de l'époque (2006-2007), et en liaison avec les représentants des vétérinaires, un travail avait été fait pour identifier les principaux produits vétérinaires concernés et notamment ceux qui avaient un différentiel de prix significatif entre la France et l'Espagne. « Depuis, nous avons renouvelé nos demandes à  maintes reprises pour qu'une solution soit enfin trouvée. Car en période de crise économique, il est compréhensible que les éleveurs cherchent à  limiter le coût de leurs achats ».

Identification électronique

Dans le cadre de la mise en oeuvre de l'identification électronique, la profession avait demandé et obtenu une dérogation d'identification des ovins avant l'àge de 7 jours pour les trois races ovines locales : Basco-béarnaise, Manech Tête Rousse et Manech Tête Noire. Cependant, les conditions d'octroi de l'aide aux ovins apparaissent en contradiction avec ces dispositions. En effet, dans le cas du remplacement d'une brebis engagée dans l'aide ovine par une agnelle, cette agnelle de remplacement ne peut être éligible que si elle est née avant le 31 décembre et a été identifiée dans les 7 jours après sa naissance.
La FDSEA plaide pour une harmonisation des réglementations et demande donc qu‘aucune pénalité relative à  une identification au-delà  des 7 jours ne soit retenue contre ces exploitations du fait de l'incohérence des deux réglementations.

Montagne et handicaps naturels

Concernant la politique et la compensation des handicaps naturels, la FDSEA a exprimé auprès du préfet les inquiétudes que suscite la remise en cause des modalités de paiement ICHN des surfaces d'estives. Jusqu'en 2009, les surfaces d'estives étaient payées selon le classement du siège d'exploitation et non selon celui de la commune de rattachement de l'estive. La DDTM nous annonce qu'à  partir de 2010 cela ne sera plus possible et que les surfaces d'estives seront dorénavant payées selon le classement de la commune de rattachement de l'estive. « Ceci aura de lourdes conséquences pour les 121 exploitations classées spécifiquement ”haute montagne” sur des communes classées ”montagne” et qui transhument principalement sur des estives classées ”montagne”», précise le syndicat. Ainsi en 2010, une exploitation de ce type ayant 25 hectares de SAU, et rapatriant 25 hectares de surfaces d'estive, verrait son montant d'aide passer de 10.800 à  8.800 euros, soit une perte de 20 % de son ICHN.

L'ours et le vautour

Toujours au chapitre montagne, la FDSEA a profité de cet entretien avec M. Ceccaldi pour redire que la profession agricole demeure opposée à  toute réintroduction. La présence de l'ours est incompatible avec le maintien de l'activité pastorale : « Réintroduire l'ours, c'est condamner à  terme tout pastoralisme et contribuer au déclin économique en zone de montagne ».
La délégation a aussi expliqué au préfet que le département est confronté à  une recrudescence d'attaques de vautours depuis plusieurs années. C'est pourquoi, la profession réclame la mise en place de solutions concrètes qui permettront aux éleveurs de protéger leurs animaux contre les attaques de vautours, et des mesures de régulation de la population de vautours fauves par les pouvoirs publics. Et, en cas d'attaque d'animaux une indemnisation du préjudice

Rendez-vous sur le terrain

Lors de cet entretien, les responsables agricoles n'ont pas manqué d'inviter le nouveau préfet à  venir découvrir sur le terrain la réalité de l'agriculture basco-béarnaise. M. Ceccaldi a accepté l'invitation c'est pourquoi des rencontres et des visites d'exploitations sur des thématiques particulières seront organisées à  son intention dans les mois à  venir
Guy Mimbielle

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