Publié le 21/01/2011 à 14h38 /

Le Tursan négocie les conditions de production pour obtenir l'AOC

// Le syndicat de défense de l'appellation landaise espère le classement en AOC, mais s'oppose à  l'Institut national des appellelations d'origine sur la question des conditions de production.

Le président a été très offensif pour défendre le classement du Tursan en AOC. Un vignoble qui offre un millésime 2010 «Â très bon sur les trois couleurs ». Avec 18.385 hectolitres en AOVDQS Tursan, la récolte progresse de 7,5 % par rapport à  2009 © L
L'assemblée générale du syndicat de défense et de contrôle des vins à  appellation Tursan a tenu son assemblée générale le vendredi 14 janvier à  Geaune. Les questions statutaires habituelles ont été évacuées au pas de charge pour s'intéresser au sujet brûlant de l'année : l'accession à  l'AOC (Appellation d'origine contrôlée). « L'AOVDQS (Appellation d'origine vin délimité de qualité supérieure) a vécu », rappelle le président Jacques Lafenêtre. En application de la nouvelle organisation commune de marché (OCM) vitivinicole, cette appellation disparaîtra en effet au 31 décembre prochain. Les vignobles concernés doivent donc choisir entre la dénomination IGP (Identification géographique protégée) ou AOC. Engagé depuis de nombreuses années dans une démarche qualité, le Tursan souhaite obtenir l'AOC.
Il a lancé les démarches en ce sens : changement des statuts du syndicat pour devenir un organisme de défense et de gestion (ODG) dont les statuts ont été approuvés à  l'unanimité le 14 janvier, et rédaction d'un nouveau cahier des charges. Présenté aux services de l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité), ce cahier des charges n'a soulevé qu'une seule objection, mais pas des moindres. L'organisme qui décidera de l'attribution du signe officiel d'origine et de qualité remet en cause les conditions de productions proposées par le syndicat.Les rendements en question  Alors que les vignerons du Tursan souhaitent pouvoir avoir des rendements de 59 hectolitres par hectare en vin rouge et 64 hectolitres par hectare en vins blanc et rosé, l'INAO ne leur accorde que 55 hectolitres en rouge et 60 hectolitres pour les autres couleurs. Si la question des vins blanc et rosé ne semble pas trop émouvoir le syndicat, les rendements en rouge sont jugés exagérément faibles. « Cette demande nous est faite au nom de la cohérence régionale », s'insurge Jacques Lafenêtre. D'autres appellations régionales ont en effet accepté ces rendements dans leur cahier des charges. « On ne peut pas mettre toutes les appellations dans le même sac, les situations sont toutes différentes. » Le président ne manque pas ainsi de rappeler que les densités de plantation sont complètement différentes. « Nous avons le ratio pied de vigne/hectolitre le plus faible de France, nous sommes les meilleurs élèves ! »
Une baisse drastique des rendements autorisés impacterait très négativement le revenu des viticulteurs. Par ailleurs, le syndicat s'inquiète du maintien de la typicité des vins qu'il défend. « À 65 hectolitres par hectare, nos tannàts ont fait 15 degrés. Si on réduit le rendement, on va encore plus concentrer nos vins. On va sortir des vins doux naturels ! Il faut tenir compte des spécificités de chacun. » Le syndicat comprend d'autant moins la volonté de l'INAO de « changer les règles » que d'un point de vue commercial, le Tursan tire son épingle du jeu dans un marché viticole des plus moroses. « Les ventes augmentent, les stocks sont à  la baisse. Nous sommes l'une des rares appellations à  être en croissance. » La clientèle du Tursan apprécie les vins légers qui y sont produits et la remise en cause des conditions de production pourrait « détruire ce qui a été longuement structuré ».
Si aucun accord ne parvient à  être trouvé, le Tursan risque de se retrouver classé en IGP. Une éventualité dont Jacques Lafenêtre ne veut même pas entendre parler. « Dans cette catégorie hypermassifiée, le Tursan n'arriverait pas à  se différencier. » Le président est même plus pessimiste. « Je ne prendrais pas la responsabilité d'accepter le classement en IGP. Si cela arrive, des arrachages vont se mettre en place et c'est notre patrimoine viticole qui sera rayé de la carte. »
Cécile Agusti
OCM vitivinicole
Invité de l'assemblée, Jérôme Despey, président du conseil spécialisé de FranceAgriMer pour les productions de vins et produits issus de la vigne, est intervenu sur la question de la réforme de la PAC dans le domaine viticole. Alors que pour la quasi-totalité des productions, la PAC sera révisée en 2013, « le vin et les fruits et légumes ne seront pas traités en même temps ». D'où le maintien de l'OCM vitivinicole « jusqu'en 2015 ». Elle disposera d'un budget de « 280 millions d'euros par an à  condition que le budget de la PAC reste stable ». Les opérations de restructuration du vignoble pourront donc être subventionnées jusqu'en 2015, avec des plafonds de « 7.000 € pour un agriculteur et 8.800 € pour un JA ».
Millésime 2010
Malgré le stress hydrique de l'été 2010, le millésime 2010 est « très bon », estime Michel Bart, conseiller viticole de la chambre d'agriculture. Un bon état sanitaire et les pluies de début septembre ont en effet assuré une maturité optimale au raisin. Avec 18.385 hectolitres, la récolte en Tursan progresse de 7,5 % par rapport à  2009. On note l'amélioration des rendements : 58,83 hectolitres par ha en rouge, 61,79 en rosé et 54,76 en blanc.

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