Publié le 01/02/2011 à 00h00 /

Elevage laitier : pourquoi ne pas se convertir au bio ?

// Quinze exploitations s'interrogeant sur la conversion de leur atelier bovin lait à  l'agriculture biologique ont été diagnostiquées par la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques et le Civam Bio Béarn.

Dans une volonté de recherche d'autonomie fourragère et pour certains de désintensification du système, la production de lait a généralement été revue à  la baisse © Réussir
La principale motivation aujourd'hui chez la plupart des éleveurs est d'atteindre l'autonomie fourragère et protéique sur l'exploitation et de trouver une meilleure valorisation de leur lait afin d'améliorer la rentabilité de leur atelier. Dans le cadre d'un développement de la filière lait de vache bio sur un tracé Pau-Toulouse par la coopérative 3A, quinze éleveurs laitiers s'interrogeant sur la conversion à  l'agriculture biologique ont été diagnostiquées par la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques et le Civam Bio Béarn.

Des exploitations aux caractéristiques distinctes

Les 15 exploitations diagnostiquées sont de dimension très variables. La majorité d'entre elles a pour unique production le lait de vache. Les exploitations disposent de 1 UTH à  4 UTH (en moyenne 1,85), y compris la main-d'oeuvre familiale. La SAU est de 63 ha en moyenne et va de 19,5 à  180 ha. Certaines exploitations disposent d'un bon potentiel de parcelles autour de l'exploitation facilement accessibles pour la pàture des vaches. Suite à  une conversion à  l'agriculture biologique, les structures d'exploitation n'évolueront pas concernant la SAU mais la main-d'oeuvre familiale a parfois été prise en compte en recherchant un système plus cohérent permettant de réduire la charge de travail en vue d'une diminution de la main-d'oeuvre (les parents vieillissant).

De 165.000 à  800.000 litres de quota

L'atelier lait est également variable d'une exploitation à  l'autre. Les quinze exploitations rencontrées ont des quotas allant de 165.000 à  800.000 litres, avec une moyenne à  306.670 litres. La moitié des exploitations n'arrive pas à  réaliser le quota avec une production moyenne de 290.000 litres de lait et la vente de 270.000 litres sachant que 90.000 litres sur les 4.426.000 produits sont vendus en direct ou transformés par deux exploitations. Le litrage par vache laitière (VL) est en moyenne à  6.800 litres et varie de 5.500 à  8.300 litres. Le nombre de vache varie 20 à  90 VL par exploitation avec en moyenne 42 VL et 26 génisses. Les races rencontrées sont variables (majoritairement Montbéliardes et Prim'Holstein). La conversion à  l'agriculture biologique n'implique pas de changement de race. Dans une volonté de recherche d'autonomie fourragère et pour certains de désintensification du système, la production de lait a généralement été revue à  la baisse sauf pour deux exploitations où le schéma envisagé est le maintien de la production au niveau actuel. Le lait produit baisse en moyenne de 60.200 litres avec une forte variabilité (de 0 à  110.000 litres de lait en moins). Cette baisse de lait est souvent due à  la diminution du nombre de VL afin d'avoir un effectif cohérent avec la surface disponible. La moitié des exploitations est concernée par cette baisse d'effectif. La baisse du lait est également due à  la diminution du litrage par VL de 480 litres en moyenne et variant de 0 à  moins 1.800 l/VL. L'alimentation des troupeaux est modifiée pour restaurer la consommation d'herbe (pàture ou fourrage) au coeur de la ration. La part de mais ensilage est très souvent revue à  la baisse.

De 20 à  180 hectares

Les surfaces sont composées en moyenne d'une trentaine d'hectares de prairie, complétée par de la luzerne pour quatre exploitations, dont une avec 12 ha de luzerne. Une exploitation pratique le zéro pàturage. Toutes, sauf une, font du mais ensilage sur 12 ha en moyenne. Une vingtaine d'hectares d'autres cultures en moyenne est présente souvent du mais grain et des céréales pour la paille et l'alimentation du troupeau. Quatre exploitations vendent des cultures (en moyenne 8 ha), généralement du mais consommation. Pour un système en AB cohérent, l'utilisation des surfaces est modifiée dans toutes les exploitations avec une augmentation moyenne de 5,5 ha de prairie et de 5,5 ha de luzerne qui est préconisée sur douze exploitations afin de tendre vers l'autonomie protéique des exploitations. La part de mais ensilage diminue quant à  elle de 7,1 ha en moyenne. La surface en autres cultures augmente de 7 ha en moyenne, avec 1,2 culture en plus par exploitation.

Les résultats économiques

La marge brute (avec prime) moyenne dégagée par les exploitations diagnostiquées s'élève à  101.600 euros avec une charge alimentaire de 15.800 euros. Ces chiffres sont très variables, la marge brute (MB) s'étalant de 40 330 à  251.000 euros et les charges alimentaires de 3000 à  34.000 euros (la MB et la charge alimentaire n'étant pas corrélées mais dépendent du système de production choisi). Après conversion, la marge brute moyenne est de 126.139 euros. Elle augmente donc de 25.000 euros malgré une diminution du lait produit de 60.200 litres. Elle varie 52.540 à  316.350 euros avec des charges alimentaires diminuant de 7050 euros en moyenne et allant de 3000 à  16000 euros. L'écart des charges alimentaires s'est fortement réduit ce qui traduit une meilleure autonomie alimentaire des exploitations. Seule une exploitation voit sa MB diminuer de 8500 euros et deux d'entre elles augmenter de moins de 10.000 euros (respectivement de 1900 et 3000 euros). Pour les exploitations ayant des cultures de vente, la vente de culture bio permet d'améliorer fortement les recettes sur cette production.

Les leçons du quinze diagnostics d'exploitation

Quelle que soit la dimension des ateliers, une réflexion peut être conduite sur la conversion d'un atelier bovin lait à  l'agriculture biologique. Les évolutions du système à  envisager pour se convertir sont en effet très variables d'une exploitation à  l'autre en fonction de la structure et du mode de fonctionnement en place (effectif, ration, assolement). Un assolement et un effectif adapté à  la surface sont à  rechercher en priorité pour avoir un système d'exploitation efficient. Cette meilleure efficacité des systèmes se traduit par une marge brute améliorée sur l'atelier bovin lait puisque la marge brute augmente de 11.200 euros en moyenne hors aides à  la conversion et avec un coût d'aliment bio. Dans ces conditions, seules trois exploitations sur les quinze diagnostiquées, voient leur marge brute après évolution du système diminuer. Afin d'accompagner les producteurs dans leur prise de décisions tout au long de l'année, la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques a proposé des formations sur différents thèmes tels que l'alimentation et méthode Obsalim, la réglementation en agriculture biologique, les résultats technico-économiques, la conduite des cultures en bio, les incidences économiques de l'introduction de l'herbe dans les rations, la culture et l'utilisation de la luzerne, le séchage en grange, l'entretien du sol pour faire durer ses prairies. Ces formations seront poursuivies et/ou renouvelées en 2011
Les assises du bio
Pour en savoir plus sur ce débouché et rencontrer l'entreprise 3A, rendez-vous à  l'auditorium du lycée agricole d'Orthez le vendredi 11 février à  13h45 pour les premières assises de l'agriculture biologique. « Quelles perspectives techniques et économiques de développement de l'agriculture biologique dans les Pyrénées-Atlantiques ? » tel sera le thème de cette première édition qui permettra de faire un point sur ce qu'est véritablement l'agriculture biologique, de mesurer son potentiel et ses perspectives de développement dans notre département ainsi que de connaître les entreprises locales en quête de producteurs en AB.
Pour s'inscrire, contacter Évelyne Amestoy au 05.59.70.29.20.

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