Publié le 01/02/2011 à 00h00 /

Filière ovine : l'heure de la reconquête a sonné dans les Pyrénées

// L'exploitation d'Aline et Patrick Darbary, située à  Gère-Bélesten (Pyrénées-Atlantiques), a obtenu le premier prix du trophée national de la reconquête ovine décerné par la Fédération nationale ovine (FNO). Une reconnaissance qui atteste du potentiel de la filière pyrénéenne.

Aline et Patrick Darbary entourent leur nouvel associé Nicolas Arrougé, qui a rejoint l'exploitation en 2010. Tous trois partagent une vision commune du métier de berger et cultivent le goût du travail bien fait © F.B / Le Sillon
En plein coeur de la vallée d'Ossau, à  quelques encablures du village de Gère-Bélesten, se situe l'exploitation d'Aline et Patrick Darbary. Ils y élèvent un troupeau de brebis de race basco-béarnaise dont la totalité de la production est transformée puis commercialisée en vente directe. Au début des années quatre-vingt-dix, peu de chose destinait ce couple à  une carrière agricole. Des études en comptabilité pour madame et la création d'un atelier de menuiserie pour son époux, semblaient plutôt les détourner de leurs racines rurales. Pourtant, les méandres de la vie sont passés par là  et il y a quelques mois, les exploitants ont été récompensés par le premier prix du challenge national de la reconquête ovine. Une récompense à  laquelle il convient d'adjoindre leur nouvel associé, Nicolas Arrougé. « Nous avons repris la ferme de mes parents en 1994, raconte Aline, pour moi qui suis fille unique, il s'agissait surtout de poursuivre l'exploitation familiale ». À cette époque, le troupeau comportait environ cent trente têtes. Dès leur reprise, les éleveurs ont poursuivi un vaste travail d'amélioration génétique. « On a progressé gràce à  des inséminations artificielles et par l'achat d'animaux chez des sélectionneurs » explique Patrick. Cette démarche a porté ses fruits puisqu'elle s'est traduite par un accroissement sensible des performances techniques du troupeau. Après avoir été acquéreurs de génétique, les exploitants en sont désormais des créateurs et la lactation moyenne se situe, aujourd'hui, autour de 250 kilogrammes par brebis. « L'amélioration du troupeau est un travail quotidien. il faut être vigilant à  beaucoup de choses », indique Aline. « Pour nous, cela représente un travail de vingt ans. On conduit l'élevage comme on gérerait une entreprise », renchériet Patrick. Rigueur et surveillance En 2010, Nicolas Arrougé a rejoint l'exploitation. Après une première expérience de salarié puis de parrainage au sein de la structure, il intègre finalement la société. Son arrivée s'accompagne d'un accroissement du troupeau ainsi que d'une modernisation des bàtiments d'élevage. « Nous étions dans une période de transition, relate Aline Darbary, son arrivée est bien tombée car nous cherchions quelqu'un pour nous aider à  faire face à  la charge de travail. Les activités de transformation, d'affinage et de vente directe sont très prenantes ». Pour Nicolas, devenir agriculteur ne sonnait pas non plus comme une évidence. Après avoir exercé différentes activités salariées, il se tourne vers l'agriculture. « Gràce à  mon entourage, j'ai côtoyé très tôt le monde agricole et j'ai pris goût à  ce milieu », rapporte-t-il. Aujourd'hui, il tire un bilan très positif de sa première année au sein de la société, « c'est une réelle opportunité qui m'a été proposée Ca aurait été presque impossible de m'installer seul ». Le trophée de la reconquête ovine, dans la catégorie laitière, est venu couronner les excellentes performances technico-économiques de l'exploitation. Loin de s'enorgueillir de cette récompense, les associés la considèrent comme « une belle reconnaissance du travail réalisé ». En obtenant le premier prix national, leur expérience illustre aussi du potentiel des exploitations ovines pyrénéennes. De plus, l'initiative de Nicolas Arrougé démontre que cette filière présente de réelles opportunités de carrière. Fabien Brèthes
Reconquête ovine
La reconquête ovine est une opération pilotée par la fédération nationale ovine. La technique est au coeur de cette démarche puisque l'objectif est de mettre en exergue l'importance d'une bonne conduite des troupeaux. Organisés dans ce cadre-là , des trophées viennent récompenser les éleveurs pour leurs performances globales : résultats technico-économiques, revenu dégagé, valorisation des produits, organisation du travail. Le technicien qui conseille l'exploitant est également associé à  cette démarche. Pour l'élevage d'Aline et Patrick Darbary, il s'agit de Jacques Souverbie, du centre départemental de l'élevage ovin

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