Publié le 14/02/2011 à 09h16 /

Le Maire répond point par point aux éleveurs bovins

// Lors du congrès de la Fédération nationale bovine qui s'est déroulé à  Autun en Saône-et-Loire, les éleveurs, en proie à  une crise profonde ont reçu l'appui du ministre de l'Agriculture qui a annoncé un versement anticipé du solde de la PMTVA.

Quand la situation peut exploser d'un moment à  l'autre et qu'un trop grand nombre d'exploitants tombe dans la précarisation, il n'y a pas trente-six solutions, soit les prix à  la production augmentent enfin, soit un plan d'aides d'urgence doit être décrété ». Devant le ministre de l'Agriculture, Pierre Chevalier, le président, a insisté, lors de l'assemblée générale de la Fédération nationale bovine qui s'est déroulée à  Autun en Saône-et-Loire, les 2 et 3 février, sur la profonde dégradation de la situation des éleveurs et n'a pas caché la désespérance qui frappe toute la profession. Quatrième année consécutive de crise, revenu en berne qui n'atteint pas 1.000 euros pas an, prix qui n'arrivent pas à  décoller, charges en hausse, tel est le sort peu enviable de la majorité des éleveurs de viande bovine. Aussi le débat s'est focalisé sur l'urgence et la nécessité de voir les prix se redresser rapidement à  la production. Pour Pierre Chevalier, cette revalorisation passe d'abord par une hausse des prix de détail. Il estime à  10 % la hausse moyenne des prix à  la distribution à  très court terme « rien qu'en rattrapage et avant de comptabiliser les hausses des coûts de production », consécutifs à  l'envolée des prix des céréales et des tourteaux. Soutien à  la trésorerie La FNB compte également sur l'exportation pour tirer les prix vers le haut. Le président de la FNB a déploré, une fois de plus, le manque de dynamisme des entreprises françaises qui ne parviennent pas à  saisir les opportunités qui apparaissent à  l'export, notamment en Turquie. D'où l'idée avancée de constituer un GIE export sous l'égide de l'interprofession, pour regrouper les forces et mutualiser les charges et les risques. Une démarche soutenue par Xavier Beulin, le président de la FNSEA. Message reçu cinq sur cinq par Bruno Le Maire sur la nécessaire revalorisation des prix à  la production. Aussi bien vis-à -vis des abatteurs, notamment ceux qui ne jouent pas le jeu, « je n'hésiterai pas à  les dénoncer publiquement » a-t-il déclaré, que vis-à -vis des grandes surfaces. « J'ai demandé aux distributeurs de répercuter l'augmentation des coûts de production des éleveurs et je ferai vérifier que les engagements pris sont respectés ».  En soulignant au passage que le ministère de l'Agriculture soutenait la campagne de communication sur la viande bovine à  la télévision à  hauteur de 5 millions d'euros. Surtout, il a annoncé le versement anticipé des aides PMTVA. Le solde de la part nationale (65 millions d'euros) a été versé, début février, a-t-il indiqué avec un mois d'avance sur le calendrier prévu. Quant à  la part communautaire, le solde (200 millions d'euros) sera versé à  partir du 15 mars, soit trois mois avant la date habituelle de versement. Contractualisation Si ces annonces vont soulager les trésoreries exsangues, il n'en reste pas moins que les éleveurs restent préoccupés par l'accumulation des charges qui plombent leur compétitivité. Notamment par rapport à  nos principaux concurrents, l'Allemagne en particulier. Pierre Chevalier s'en est fait l'écho. Qu'il s'agisse des contraintes réglementaires et environnementales, des carburants, des aliments du bétail, du sanitaire et des vaccins contre la FCO, des tests ESB les éleveurs « se serrent la ceinture tous les jours » déplore-t-il. Le moins que l'on puisse dire est que le diagnostic est partagé par Xavier Beulin. Comme par tous les responsables politiques de droite comme de gauche invités : François Patriat, ancien ministre de l'Agriculture et président du Conseil régional de Bourgogne ou François Sauvadet, président du conseil général de Côte-d'Or. Ils en appellent à  un moratoire sur les normes et une application avec discernement. Le ministre de l'Agriculture en a convenu : « nous allons vous aider à  réduire vos coûts de production ». Mais sans prendre d'engagement précis, si ce n'est l'augmentation prochaine des tarifs d'achat du biogaz et le maintien du soutien, en 2011, aux bàtiments d'élevage. Surtout le ministre s'est engagé à  rénover le système des cotations et à  vérifier l'installation des machines à  classer dans les abattoirs de plus de 3.000 tonnes, comme le lui demandait Pierre Chevalier. Et il n'a pas manqué d'encourager les éleveurs à  aller vers la contractualisation. Tout en agitant la menace d'un décret si les professionnels ne parviennent pas à  s'entendre sur des contrats types et des indicateurs de tendance de marché d'ici la fin du mois de mars au sein de l'interprofession. Idem sur les contrats entre les filières élevage et la filière céréales : « Les contrats devront être opérationnels en juin » a exigé Bruno Le Maire. Qui a manifesté une égale fermeté sur la position française à  l'OMC et au Mercosur : « Je refuserai tout accord qui se ferait sur le dos des paysans et des éleveurs français », alors qu'un certain nombre de capitales, y compris Bruxelles, sont favorables à  la conclusion du Round de négociations en 2011 dans lequel la viande bovine est en première ligne.

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