Publié le 17/02/2011 à 09h35 /

L'impact de la hausse des exportations céréalières sur le stock national

// Malgré une nouvelle augmentation des exportations vers les pays tiers, FranceAgriMer n'envisage pas de pénurie sur le marché jusqu'à  la fin de la campagne.

Nous ne manquerons pas de blé pour la fin de campagne », a rassuré Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer, à  l'issue de la réunion de ce Conseil, le 9 février. La tension du marché du blé tendre risque de s'accroître avec la période soudure compte tenu de la diminution des disponibilités, largement amputées par la progression exceptionnelle des exportations à  destination des pays tiers, annoncées une nouvelle fois en hausse (+ 300 000 t) par FranceAgriMer. Ce qui établit un record absolu à  12,1 Mt, en attendant les nouveaux ajustements au cours de prochains Conseils mensuels. Ce qui est d'ores et déjà  constaté, c'est que fin janvier et depuis le début de la campagne, 8 Mt de blé tendre, contre 5,2 Mt pour la même période de la dernière campagne, ont été chargés dans les ports français. Des ports où la persistance de mouvements sociaux commence à  pénaliser lourdement les opérateurs. En abaissant de 100 000 t ses prévisions de ventes à  l'UE , en diminuant de 200 000 t les estimations d'utilisations par les fabricants d'aliments du bétail et en augmentant la collecte de 200 000 t à  32,5 Mt, FranceAgriMer, non seulement compense l'augmentation des exportations vers les pays tiers, mais parvient à  remonter la prévision de stock de report de 2 à  2,2 Mt. Pour le moment, ces ajustements rassurants n'ont pas réussi à  détendre les prix qui ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la campagne à  275 €, rendu Rouen, en blé de qualité standard. Hausse du blé dur Les achats récents de l'Algérie, tant en blé tendre qu'en blé dur (3 Mt entre le 16 décembre et le 26 janvier, origine non précisée mais probablement en grande partie française) ont largement contribué à  la hausse des prix, notamment du blé dur qui cotait 337 € FOB La Palice, le 4 février, contre 195 € il y a un an. Le Conseil a d'ailleurs consacré une large part de ses travaux à  l'examen du dossier blé dur, un marché sur lequel la France se place aujourd'hui comme le deuxième exportateur mondial, derrière le Canada. L'orge sous pression Les prévisions de ventes d'orge aux pays tiers passent de 2Mt à  1,8 Mt, soit quand même 185 % de plus qu'en 2009/2010. Ce qui entraîne une révision en hausse du stock final qui progresse de 1,3 à  1,56 Mt. Le marché de l'orge reste sous la pression des autres céréales fourragères, notamment du blé, abondantes dans l'UE, et des remises successives du stock d'intervention communautaire sur le marché. FranceAgriMer n'a pourtant pas cru devoir réviser en hausse les incorporations d'orge par les fabricants d'aliments du bétail, malgré les prix très attractifs et le fait que depuis le début de la campagne, l'orge soit la seule céréale ayant progressé dans cette utilisation. En revanche, la prévision d'utilisation de mais par les fabricants d'aliments du bétail, a été revue en hausse de 200 000 t. Les autres principales modifications apportées aux bilans prévisionnels mais portent sur la collecte, augmentée de 106 000 t alors que les exportations vers l'UE sont réduites de 150 000 t. Le stock de report est évalué à  2,35 Mt, 160 000 t de plus que prévu le mois dernier. Notons par ailleurs que la publication du rapport du Département à  l'Agriculture américain, le 9 février, annonçant une nouvelle réduction du stock mondial de mais a eu un effet haussier immédiat sur le marché international. 

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