Publié le 11/03/2011 à 12h54 /

Christiane Lambert propose «Â un syndicalisme de solutions et non de désespérance »

// À la suite de son assemblée générale, la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques a convié la première vice-présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, à  débattre sur les dossiers d'actualité et sur l'avenir de l'agriculture.

Les adhérents et les professionnels agricoles se sont déplacés en masse pour cette assemblée générale de la FDSEA. Preuve que le syndicalisme départementale est extrêmement actif © GM / Le Sillon
Après avoir drainé plus de mille deux cents adhérents dans ses réunions cantonales, la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques a clôturé le cycle par son assemblée générale, le jeudi 3 mars 2011. L'amphithéàtre du lycée de Montardon a servi de cadre aux débats, au cours desquels Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, est venue livrer les réflexions menées à  l'échelon national. Pour résumer l'exercice écoulé, le président Henri Bies-Péré a évoqué « une année particulièrement chargée, au cours de laquelle le rebond a été difficile, après une terrible campagne 2009 ». Malgré tout, le syndicat veut aller de l'avant et se montrer volontaire pour préparer l'avenir. C'était tout l'objet de ce rendez-vous, qui avait pour programme de définir les « enjeux de l'agriculture » et de cibler « les leviers pour améliorer les revenus ». Ainsi, au travers des différents rendez-vous cantonaux, les responsables locaux ont souhaité engager le débat avec l'ensemble des adhérents. Contractualisation, réforme de la politique agricole commune, prix des céréales, filières en crise, conditionnalité Difficile d'extraire un thème prioritaire tant l'agriculture connaît des évolutions majeures. Malgré tout, certaines revendications se dégagent des discussions et ont été largement débattues à  l'occasion de cette assemblée générale. Une indexation des prix
Face à  l'augmentation des charges, la répercussion des coûts de production devient une impérieuse nécessité. La FNSEA s'est attaquée à  cette problématique et propose une démarche articulée autour de trois notions : une meilleure régulation, la contractualisation et la répercussion des coûts. Sur ce dernier point, le syndicat propose d'initier « une forme d'indexation des matières premières sur les produits finis, à  la hausse comme à  la baisse Elle pourrait prendre la forme d'un pied de facture », a expliqué Christiane Lambert. Ce système pourrait permettre à  certaines productions de sortir de l'impasse, à  l'image des éleveurs bovins ou porcins. Pour fonctionner, cette démarche devra trouver l'adhésion des opérateurs commerciaux, au premier rang desquels la grande distribution. Sur ce sujet, la première vice-présidente observe que « les grandes et moyennes surfaces sont nos meilleurs ennemis Il nous faut être en mesure de doser nos rapports de force et nos partenariats ». Autre sujet de préoccupations : la question des contraintes environnementales. Considéré comme une épée de Damoclès, le renforcement de ces mesures inquiète particulièrement les producteurs. Christiane Lambert s'est voulue plutôt rassurante : « Le commissaire européen à  l'agriculture a parlé de verdissement, mais pour l'instant ça ne concerne que des règles que nous pratiquons déjà  ». En revanche, la mise en oeuvre des financements apparaît plus préoccupante : « La répartition des mesures entre le premier et le deuxième pilier est sujette à  des inquiétudes ». Plus globalement, la problématique environnementale pose la question générale de la réforme de la PAC. Alors que le budget n'a pas encore fait l'objet de discussions, le syndicat s'interroge sur la position des décideurs. « On ne peut pas vouloir une PAC forte et en réduire le budget », considère Mme Lambert. Malgré tout, les annonces réalisées marquent un vrai rebond vis-à -vis du point de vue affiché par de précédents responsables européens.
À l'occasion des nombreux échanges avec la salle, les responsables locaux de filières ont exprimé les préoccupations des divers secteurs de production. Quelles avancées au sujet des zones vulnérables ? Quid des autorisations des cultures OGM ? Comment réagir vis-à -vis de certaines démarches entreprises par l'administration ? Face à  toutes ces problématiques, Christiane Lambert a affiché l'esprit de responsabilités de la FNSEA : « Nous ne voulons pas faire du syndicalisme de désespérance, mais être un syndicat de solutions ». À ce titre, elle en a profité pour rappeler les nombreuses avancées obtenues gràce aux actions syndicales : maintien du remboursement de la TIPP, dispositif calamités, aides à  l'agriculture biologique, allégement de la part patronale sur les emplois saisonniers, et bien d'autres. L'année à  venir devrait une nouvelle fois être marquée par de nombreux thèmes de mobilisations. Conscient de ces enjeux, Henri Bies-Péré estime qu'« il va falloir inventer une nouvelle façon d'exercer notre métier La fréquentation de nos trente-huit réunions cantonales montre que les agriculteurs sont prêts à  être acteurs de ce changement ».
Fabien Brèthes

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