Publié le 20/05/2011 à 15h44 /

Obtenir de bons pàturages en période sèche

// Le sorgho fourrager, le millet perlé fourrager et le moha peuvent s'avèrer être très intéressants pour pallier un déficit durant la période estivale. Explications.

Sorgho, millet et moha s'adaptent bien aux conditions climatiques induites par une sécheresse. Cependant, ces trois espèces ont besoin d'un minimum d'eau pour démarrer en végétation.
Le contexte actuel de déficit hydrique peut amener cet été à  un manque d'herbe, obligeant à  la sur-pàture de prairies en arrêt de végétation — donc à  leur dégradation —, voire au non-renouvellement des stocks fourragers et à  leur consommation anticipée.
L'implantation de graminées estivales peut permettre de pallier un déficit mis en évidence par un bilan fourrager, en fournissant, en quantité, un fourrage appétent et de bonne valeur alimentaire. Retour sur trois de ces espèces. 1
Sorgho fourrager Le sorgho est une plante de chaleur, qui s'adapte bien au sec gràce à  son système racinaire puissant. Il permet de fournir rapidement un fourrage abondant (7 à  10 TMS/ha) et appétent tant pour les vaches que pour les brebis, à  utiliser en affouragement en vert ou en pàture (sorgho de type fourrager), ou en ensilage (sorgho de types grain ou sucrier). La première exploitation de sorgho fourrager est possible 6 à  8 semaines après le semis ; elle est cependant délicate à  gérer, la croissance extrêmement rapide des pieds (6 à  10 cm par jour possibles en juillet !) imposant une fenêtre d'utilisation de 15 jours maximum. Le sorgho doit atteindre de 40 à  60 cm, selon le type, pour être pàturé, afin que la teneur en acide cyanhydrique, composé toxique abondant dans les jeunes plantes, soit diluée et inoffensive pour les animaux. Les Sudan Grass sont à  préférer aux variétés hybrides pour la pàture; de rendement moins élevé, ils sont aussi plus précoces et moins riches en acide cyanhydrique que les hybrides, ce qui autorise une pàture dès 40 cm de hauteur, avec des cycles de repousse plus courts. Dans tous les cas, l'épiaison est à  éviter; en cas de débordement par la pousse, il est recommandé de faucher, le surplus pouvant être ensuite distribué en vert ou en enrubanné ; quel que soit le type de sorgho fourrager utilisé, les problèmes de toxicité disparaissent dès que la plante est fauchée. Les repousses tallent et sont plus souples d'utilisation, toutes les 3 à  5 semaines selon les conditions de pousse. 2
Millet perlé fourrager Le millet perlé est une graminée annuelle estivale, très résistante au sec et à  la chaleur. D'utilisation très proche du sorgho fourrager, il est un peu moins productif, mais plus souple et plus facile d'exploitation, avec beaucoup moins de refus. Semé après une céréale ou du méteil ensilé, sur sol suffisamment réchauffé, une première exploitation est possible dès juillet, puis jusqu'à  la première gelée. Contrairement au sorgho fourrager, le millet perlé ne produit pas d'acide cyanhydrique. Au contraire, pour favoriser le tallage, il est conseillé de réaliser une première pàture 6 semaines environ après la levée et, dans tous les cas, avant le stade 60 cm. La fréquence de pàturage sera plus importante, 4 à  5 exploitations pour le millet contre 2 à  3 pour un sorgho fourrager. Il peut être semé pur (12 à  15 kg/ha). Il peut aussi être associé à  des légumineuses : le trèfle d'Alexandrie, espèce non météorisante capable de pousser elle aussi par fortes températures, ou la vesce commune, respectivement à  12 et 10 kg/ha; le millet sera alors dosé à  6 ou 7 kg/ha. 3
Moha Le moha est la seule graminée, avec le millet perlé fourrager, à  pouvoir se développer avec moins de 10 mm d'eau; et comme le millet, il est gélif. Graminée annuelle à  fort pouvoir couvrant, le moha produit rapidement un fourrage (3 à  5 TMS/ha) riche en fibres et appétent, valorisable dès 60 jours après le semis. Les repousses sont cependant peu abondantes. À semer à  25 kg/ha en pur, il s'associe aussi très bien au trèfle d'Alexandrie. Les doses de semis recommandées sont alors de 15 kg/ha de moha pour 12 kg de trèfle d'Alexandrie. 4
En conclusion Bien que ces trois espèces présentent une bonne résistance à  la sécheresse, elles ont tout de même besoin d'un minimum d'eau pour démarrer en végétation. Ainsi, plus les semis seront tardifs (au-delà  de mi-juin), plus on prend de risques sur la levée et le rendement. La présence d'eau au moment du semis et de la levée sera déterminante, en plus d'un sol suffisamment réchauffé, pour la réussite de l'inter-culture estivale. Ces implantations sont à  envisager maintenant, en cas de bilan fourrager déficitaire Contact : Marie-Claude Mareaux, chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques Tél. : 05.59.80.69.92 mc.mareaux@ pa.chambagri.fr

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