Publié le 27/05/2011 à 12h41 /

Réussir ses récoltes de foin

// Fauche, fanage, teneur en matière sèche La chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques livre quelques conseils précieux dans la façon de faire les foins.

La date de récolte optimale pour des enrubannages/foins, début épiaison, est le compromis entre qualité du fourrage et rendement.
Mode de récolte économique, le foin permet de sécuriser les stocks fourragers de l'exploitation. Sa richesse en fibres, favorables à  la rumination, le rend indispensable pour équilibrer des rations à  risque acidogène, comme celles à  base de mais ensilage. 1 La fauche Quel que soit le mode de conservation du fourrage (ensilage, enrubannage, foin), la hauteur de coupe est très importante : ni trop haute pour optimiser le rendement ; ni trop basse pour éviter de ramasser de la terre avec le fourrage, source de contamination butyrique potentielle pour les « conserves » que sont les ensilages et les enrubannages, et surtout pour permettre à  la prairie de redémarrer rapidement. Une hauteur résiduelle de 6-7 cm est un bon compromis entre ces trois objectifs ; et en permettant le passage de l'air sous l'andain, les chaumes restants facilitent aussi le séchage. Ce critère de hauteur résiduelle est d'autant plus important pour la luzerne, surtout en cas de coupe tardive, au stade floraison : en fauchant plus ras, les nouveaux bourgeons de luzerne peuvent être éliminés, ce qui est préjudiciable à  la pérennité de la culture. 2 Le fanage Le séchage de l'herbe se fait en deux temps :
- Une phase rapide, dans les quelques heures après la fauche, où l'eau est perdue par les stomates des feuilles ; celles-ci desséchant plus vite que les tiges, l'eau des tiges migre ensuite vers les feuilles
- Une phase lente, pendant laquelle l'eau restante est évacuée à  travers la cuticule.
Pour profiter au maximum de la dessiccation rapide, il faut donc faner énergiquement dans les 2 heures après la fauche, et si le temps est beau, refaire un deuxième fanage en milieu d'après-midi le jour même. Par la suite, faire un fanage à  chaque fois qu'il y a une différence nette d'humidité entre le dessus et le dessous de la nappe de fourrage, en évitant le travail en pleine chaleur, pour limiter les pertes de feuilles.
Le fanage doit être doux (régime lent des toupies et vitesse rapide d'avancement du tracteur) dès que le taux de matières sèches du fourrage dépasse les 60 %, afin de préserver les feuilles, notamment celles des légumineuses, plus fragiles. 3 Reconnaître la teneur en matière sèche ans les conditions météo idéales (beau temps, hygrométrie, et vent), il faut entre 3 et 5 jours au champ pour atteindre une teneur en matière sèche satisfaisante pour du foin (TMS > 80 %) :
- Jusqu'à  25 % MS, le jus s'écoule en pressant à  la main une poignée d'herbe.
- À 30 % MS, en tordant une poignée d'herbe, les doigts s'humidifient de quelques gouttes.
- À 40 % MS, il n'y a plus d'humidité sur les doigts en tordant les feuilles.
- À 65 % MS, certaines feuilles deviennent cassantes.
- De 70 à  75 % MS, le foin paraît sec, sauf sous les andains.
- De 80 à  85 % MS, le fourrage est craquant, et cède au bout de quelques tours de moulinet. 4 Limiter les pertes Au cours des différentes manipulations (fauche, fanage, andainage, pressage), les parties les plus fragiles et les plus sèches de la plante — les feuilles — se détachent et tombent au sol, diminuant d'autant, parce que ce sont les parties les plus riches en sucres et en protéines, la valeur alimentaire du fourrage. 
D'après des essais de la chambre d'agriculture de la Creuse, les pertes par émiettement peuvent ainsi varier de 5 à  25 %, voire 30 % pour des légumineuses, selon « l'intensité » des manipulations. Elles sont encore augmentées lors d'un séchage à  rallonge ; sans parler du fait que plus un fourrage reste au champ longtemps, plus sa qualité est altérée : pertes de couleur et de vitamines dues au soleil, lessivages par les éventuelles pluies sur les andains Il faut donc couper — même sous la pluie — dès qu'une fenêtre météo suffisante est annoncée, et éviter de trop brasser un fourrage sec, en privilégiant les interventions tôt dans la journée, dès la disparition de la rosée.
Outre ces pertes par émiettement lors des travaux de récolte, le fourrage, pressé insuffisamment sec, peut fermenter : il s'échauffe alors et perd en valeur alimentaire (pas forcément en appétence d'ailleurs : « foin caramel »).
Pour sauver tout de même un foin un peu juste en séchage, si la pluie menace, du sel peut être épandu sur l'andain (à  100 kg pour 15 TMS) avant pressage ; des conservateurs (acide propionique ou propionate d'ammonium) peuvent aussi être utilisés. 5
En conclusion La valeur nutritive et l'ingestibilité des fourrages conservés sont déterminées avant tout par celles du fourrage vert au moment de la fauche. Un fourrage récolté au stade feuillu est de bonne valeur alimentaire ; une récolte au stade épiaison voire floraison permet en revanche d'atteindre un niveau de rendement plus élevé. La date de récolte optimale pour des enrubannages/foins, début épiaison, est le compromis entre qualité du fourrage et rendement.
Les différents types de fourrages (plus ou moins « riches » en valeur alimentaire ou grossiers) sont à  identifier afin de pouvoir les destiner aux animaux en fonction de leurs besoins physiologiques respectifs ; une analyse complétera idéalement l'information, pour ajuster les rations. Contact : Marie-Claude Mareaux, chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques Tél. : 05 59 80 69 92 mc.mareaux@ pa.chambagri.fr

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