Publié le 17/06/2011 à 12h16 /

A.Bio.C entre dans la cour des grands

// Le laboratoire d'analyses d'Arzacq, qui a largement contribué à  l'obtention de l'IGP Jambon de Bayonne, rejoint le groupe IFBM/Qualtech. Cette union devrait notamment lui permettre de développer son chiffre d'un million d'euros.

Ce rapprochement entre A.Bio.C et IFBM/Qualtech devrait permettre de multiplier la marge du groupe de 3,6 en 3 ans et d'augmenter le chiffre d'affaires du site d'Arzacq d'un million d'euros.
De l'aveu de Bernard Dupont, président du Consortium du jambon de Bayonne, les choses devaient évoluer. Il est, en effet, loin le temps où l'Inpaq (Interprofession porcine d'Aquitaine) gérait le petit laboratoire d'analyses d'Arzacq. Bien entendu, au fil du temps, la structure s'est étoffée, les responsables de la filière souhaitant des analyses physico-chimiques, des tests comparatifs. « Le laboratoire est monté en puissance, explique Bernard Dupont. Ce qui a grandement participé à  l'obtention de l'IGP jambon de Bayonne ».
Déjà , avec 80 salariés et un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros, A.Bio.C atteignait une dimension nationale, en 2008, en s'alliant avec Agrobio, l'interprofession maintenant sa participation à  hauteur de 25 %. Or, depuis mai, Agrobio a été racheté par le groupe lorrain IFBM/Qualtech. D'où un choix urgent à  faire pour le laboratoire d'analyses de produits carnés béarnais. « Au sein de l'Inpaq et du consortium, notre véritable métier, c'est la production, ajoute M. Dupont. Nous avons voulu nous recentrer sur ce qui est le coeur de nos activités ». Cependant, le marché de l'analyse est dominé par les multinationales. « Cela nous faisait un peu peur. Nous avons été sollicités par de grands groupes et nous avons décliné leurs offres craignant un risque de délocalisation pour nos 63 employés »Ne pas être mangé
L'enjeu était de taille d'un point de vue scientifique et de formation. « Nous travaillons avec l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, commente Bertrand Ecomar, directeur du consortium. Et nos personnels sont des gens de niveau bac + 3 ou 4 formés à  Dax, Mont-de-Marsan, de même qu'aux lycées agricoles de Montardon et d'Hasparren. Ils bénéficient d'une formation pratique en alternance. Le laboratoire valorise les étudiants du département ». De plus, le récent rachat des salines impose de nombreuses analyses pour, là  encore, se diriger vers une nouvelle IGP.
Qualtech, quant à  elle, en pleine stratégie de croissance, se retrouvait devant un dilemme, expliquent Gilbert Bauer et Pierre Lenfant, respectivement PDG et directeur général d'IFBM (Institut français des boissons, de la brasserie et de la malterie). « Après une première opération visant à  nous diversifier, notre faiblesse était la taille de notre groupe. Nous ne touchions que l'Est de la France et ne pouvions optimiser nos structures ».Pour les responsables de l'Institut, il devenait évident de grandir. « Nous étions à  la recherche d'entreprises à  racheter pour étendre nos activités. Avec Agrobio, nous avons accès aux filières de produits carnés. » Un complément aux sites de Bar-le-Duc, Rennes, Alençon, Vandoeuvre et Boulogne-Billancourt (analyse sensorielle).
« Ce qui nous a séduits à  Arzacq, c'est à  la fois le niveau d'équipement et de compétence de même que l'esprit de réactivité et de conquête. » L'association IFBM a été créée par les malteurs brasseurs de Nancy en 1962. Son but est de mettre en place un programme de recherche et d'authentification de matières premières. En 1994, Qualtech voyait le jour afin de séparer la recherche de la partie purement service. Cette nouvelle entité se concentrait sur les analyses de contaminants et physico-chimiques (validation des matières premières) et la biologie moléculaire (identification variétale).
« Nous ne vendons pas, à  la différence d'un simple labo de chimie, uniquement des résultats mais des informations. Avec nos 200 salariés, Arzacq compris, nous possédons trois activités non concurrentes sur les trois quarts du territoire français. » Qualitech (bière, céréales, boissons), Agrobio (agroalimentaire, produits finis nutraceutiques) et A.Bio.C (céréales, matières grasses, protéiques ou autres) devrait permettre de multiplier la marge du groupe de 3,6 en 3 ans et d'augmenter le chiffre d'affaires du site d'Arzacq d'un million d'euros, soit un poids financier global de 17 millions d'euros. Enfin, A.Bio.C pourrait devenir un pôle d'attache à  l'international du fait de sa proximité avec l'Espagne. Philippe Delvallée Un groupe accrédité
Le groupe IFBM/Qualtech est en croissance régulière depuis 10 ans. Il dispose de fonds propres importants qui lui donnent une réelle capacité d'investissement.
Il possède une triple accréditation. Primo, celle de bonnes pratiques de laboratoire. Un label contraignant et rigoureux qui témoigne de la fiabilité et de la rigueur des processus utilisés. Deuzio, en matière d'analyses de microtoxines, pesticides et biologie moléculaire, le groupe a obtenu l'aval du Comité français d'accréditation. Tertio, au sujet de la formation de ses personnels, IFBM/Qualtech est certifié ISO 9001. L'objectif de cette triple reconnaissance est d'arriver à  ce que le système de qualité soit le plus performant possible.

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