Publié le 17/06/2011 à 12h23 /

Volailles d'Albret : un renouvellement réussi

// Lancé il y a deux ans, le plan de développement de la coopérative a porté ses fruits. La tendance a été inversé et, cette année, le nombre de cabanes sera supérieur à  l'exercice précédent.

Résultat direct du plan de redressement engagé en 2009, pour la première fois depuis six ans, le solde des cabanes en production de la coopérative landaise des Volailles d'Albret sera positif.
Avec 188 adhérents actifs et une production de 4,87 millions de volailles fermières Label Rouge en 2010, la coopérative Volailles d'Albret n'est qu'un modeste opérateur sur le marché de la volaille label du Sud-Ouest. Pour autant, « le petit village d'irréductibles Gaulois », comme l'a baptisé son directeur Luc Berginiat, a bien l'intention de continuer à  jouer son rôle dans les années à  venir. Pour y parvenir et « se donner les moyens de répondre aux demandes du commerce », un plan de développement des capacités de production a été engagé en 2009. Deux ans plus tard, le bilan est plus que positif.
En matière de production fermière Label Rouge IGP (Identification géographique protégée) Gascogne, 50 bàtiments ont été construits, 14 sont programmés et 9 sont en cours de démarches administratives. Pour l'IGP Landes, 3 910 m² de cabanes ont été installés et 2 160 m² sont en cours d'obtention d'agrément. Au total, ce sont quelque 6 070 m² qui seront prochainement en service pour une capacité de 5 300 volailles supplémentaires par semaine. Lancement dans le bio
Et pour la première fois depuis 2004, la coopérative inverse la tendance sur cette production en retrouvant plus de cabanes nouvellement mises en production que de cabanes arrêtées. À noter également le démarrage d'une production biologique avec la mise en place d'un bàtiment de 400 m² et de 8 cabanes de 60 m². « En la matière, nous n'avons pas de grosses ambitions, précise Luc Berginiat. La consommation du bio est limitée par son prix. Il ne s'agit donc pas de lancer les éleveurs dans n'importe quoi. Nous nous limiterons à  4 000 poulets par semaine au maximum. »
Au final, gràce au plan de développement, « les capacités sont là  ! ». Le groupement peut désormais produire plus de 5 millions de volailles fermières Label Rouge. « Nous avons réussi le challenge du renouvellement, se réjouit le directeur. Reste maintenant à  réussir le challenge du commerce, tant en volume qu'en terme de prix »
Car, comme l'a encore souligné le président Jean-Francis Planté, lors de l'assemblée générale du 10 juin à  Saint-Avit (Landes), « les augmentations du gaz, du fioul, de la main-d'oeuvre, des produits, mais aussi de nos taxes notamment la taxe ADAR (agence de développement agricole et rural) ainsi que la taxe sur les pollutions d'origines animales, provoquent un affaiblissement de nos marges depuis quelques années, malgré l'augmentation des performances ».
Et la négociation auprès des industriels pour compenser les charges d'exploitation par un prix de vente plus élevé est d'autant moins facile, que la profession doit aujourd'hui se battre sur un terrain totalement inédit. « Pour la première fois depuis l'existence du label, les hausses des céréales et du prix des poussins ne sont pas totalement répercutées sur l'achat du poulet vif ! »
Afin de préserver la marge « poussin-aliment » des éleveurs, la coopérative prend à  sa charge l'augmentation du prix du poussin d'un jour et du pintadeau, et une partie de l'augmentation des céréales. « Cela impacte sur notre résultat, ne cache pas Luc Berginiat. L'assise financière de la coopérative nous permet, pour l'instant, de supporter cet effort, mais cela ne pourra pas durer toute l'année. »
Volailles d'Albret espère que des accords pourront rapidement être trouvés. « Nous savons que la grande distribution tire la couverture à  elle, reprend Jean-Francis Planté. Mais nous nous interrogeons sur le fait que, compte tenu des rachats et des regroupements opérés l'année dernière, le rapport de force ne se soit pas quelque peu inversé. Les prix pratiqués dans les linéaires depuis janvier sont inadmissibles et doivent être dénoncés. »
Cécile Agusti Contrôle interne
En décembre 2010, trois éleveurs de la coopérative ont eu la surprise de voir débarquer dans leurs exploitations des auditeurs mandatés par la chaîne de magasins Carrefour. L'enseigne voulait vérifier sur le terrain le respect des cahiers des charges des produits qu'elle met dans ses linéaires.
Si ces contrôles se sont bien déroulés, Volailles d'Albret a décidé de mettre en place un contrôle interne afin de préparer ses adhérents à  ce type d'audit inopiné. « Nous n'avons rien à  cacher, explique le directeur Luc Berginiat, mais nous devons parler le même langage que nos acheteurs. » Chaque technicien de la coopérative réalisera donc désormais trois contrôles par mois sur son secteur. « En deux ans, tous les élevages auront été visités. » Ce « contrôle pédagogique sans sanction » portera sur cinq chapitres différents : le système documentaire, la traçabilité aliment, l'hygiène et le sanitaire, la production et l'élevage, les barrières sanitaires.

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