Publié le 24/06/2011 à 12h56 /

Foie gras : ces coûts de production qu'il faut répercuter...

// Conséquence de la flambée des cours des matières premières, les éleveurs et gaveurs de la Coppac n'échappent pas à  l'accroissement des charges auquel sont confrontées toutes les filières animales.

Le président de la Coppac, Marcel Saint-Cricq (ici aux côtés du trésorier Luc Candau), a réaffirmé la nécessité pour les entreprises et la distribution «de tenir compte de la réalité des coûts de production» des filières animales.
La Coopérative des producteurs de palmipèdes Adour-Chalosse (Coppac) est bien représentative du paradoxe que vivent actuellement les éleveurs et gaveurs. D'un côté, ces producteurs affichent un large sourire du fait de la bonne tenue du marché du foie gras en France et à  l'export (lire zoom ci-dessous). D'un autre, ils sont confrontés à  une forte augmentation des coûts de production consécutive à  la flambée des cours des matières premières. Ce double constat constituait la toile de fond de l'assemblée générale qui s'est tenue le jeudi 16 juin à  Mugron.
Cette coopérative, dont le champ d'action couvre le département des Landes et les cantons limitrophes (Riscle, Arzacq, Arthez-de-Béarn), est présidée par Marcel Saint-Cricq. Elle fédère 117 adhérents, dont 19 éleveurs de canards prêts à  gaver, 77 gaveurs et 45 éleveurs-gaveurs. En 2010, ces associés coopérateurs ont mis en place 590.231 canards (dont 311.928 en élevage-gavage et 279.303 dans le cadre du schéma prêts à  gaver). Maillon de la filière
La coopérative constitue ainsi le maillon intermédiaire avec des structures d'approvisionnement et de transformation. Ainsi, en amont de la filière, le groupement travaille en partenariat avec cinq couvoirs et quatre fabricants d'aliment. Et en aval, « plus de dix débouchés étaient en contact avec la Coppac », dont la SCA Foies gras de Chalosse, les Établissements Laffitte, Paris, Castaing, Biraben, LBDG, Laguilhon Cette diversité des entreprises et l'arrivée de nouvelles contribuent « à  la sécurité des débouchés », estime Marcel Saint-Cricq. En 2010, le prix moyen de vente à  ces entreprises s'est établi à  18,04 euros par canard gras (hors abattage et transport).
La coopérative joue aussi un rôle d'accompagnement des élevages par la fourniture d'équipements (produits désinfectants, ferments lactiques, boîtes de gavage) en cohérence avec le cahier des charges des signes officiels de qualité ou d'origine (IGP, Label). À cet égard, le groupement entend tirer profit au mieux de l'amélioration génétique : « Notre volonté, explique le directeur Olivier Baudot, est de pouvoir optimiser au maximum les souches spécifiques lourdes utilisées en label (coloration, poids) tout en gardant à  l'esprit des critères économiques essentiels (indices de consommation, rendement, rusticité, homogénéité, qualité de plumaison) ».
Au terme de l'exercice 2010, la coopérative affiche un résultat comptable positif de 57.000 euros. Pour 2011, l'un des enjeux majeurs est la répercussion des surcoûts de production. « Globalement, on constate une diminution du revenu des éleveurs et de gaveurs », fait remarquer Marcel Saint-Cricq qui chiffre l'accroissement de charges par canard à  + 3 euros par rapport à  l'an dernier. Une telle augmentation justifierait une hausse de + 15 % des prix de vente : « mais pour l'heure, le compte n'y est pas ». Cette nécessaire revalorisation s'inscrit dans la logique des négociations menées avec les distributeurs par toutes les filières animales, lesquelles sont victimes de la volatilité des prix des céréales et de la sécheresse. « Il est donc impératif de tenir compte de la réalité des coûts de production », insiste M. Saint-Cricq. Il en va de l'avenir de cette production et « de l'intérêt qu'elle peut susciter auprès des jeunes ».
Guy Mimbielle Battre des ailes
L'incontournable question de la mise aux normes des équipements de gavage a bien évidemment été évoquée lors de cette assemblée générale. 77 % des gaveurs de la Coppac sont d'ores-et-déjà  équipés de logements collectifs. Le groupement est donc plutôt en avance par rapport à  d'autres sur cette mise aux normes d'autant que sur les 23 % restants, nombre d'entre eux sont en phase de réflexion ou en cours d'équipements. Ceci dit, le président Saint-Cricq faisait état d'une incertitude sur l'agrément des installations du fait d'un récent courrier d'un fabricant auprès l'administration sur la taille minimale nécessaire pour permettre aux canards de battre des ailes comme le stipule la directive. Quoi qu'il en soit, la profession demande que les bàtiments déjà  réalisés soient agréés

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