Publié le 24/06/2011 à 13h00 /

Le Contrôle laitier remis à  flot

// Engagé depuis trois exercices, le processus de redressement de la situation financière du Contrôle laitier des Pyrénées-Atlantiques a permis de remettre la structure sur de bons rails. Une autre étape s'ouvre

Contre vents et marées, le Contrôle laitier des Pyrénées-Atlantiques entend poursuivre son travail d'accompagnement technique, au service des producteurs laitiers. Après avoir écopé un déficit financier sévère, la structure, désormais baptisée Conseil élevage, sort peu à  peu de l'oeil du cyclone. Malgré tout, le contexte de la filière reste houleux, et la diminution des effectifs laitiers conjuguée au recul du nombre d'adhérents, ne facilite pas la tàche.
L'assemblée générale, qui s'est déroulée à  Nay le 15 juin dernier, est revenue sur ce processus de redressement. « La situation financière est désormais rétablie, indique le président, Pierre Bergeret. On s'était donné une mission et on l'a atteinte. Il s'agissait de sauvegarder la structure mais aussi conserver les quarante-sept emplois qui s'y greffent Aujourd'hui, nous entrons dans une seconde étape qui consiste à  relancer une dynamique autour d'un projet porteur, notamment envers les éleveurs ».
À l'occasion de ce rendez-vous, les responsables de la structure ont souhaité engager une réflexion autour des coûts de production. Car le Contrôle laitier a d'abord pour vocation de conseiller les éleveurs dans tous les domaines relatifs à  l'activité de l'élevage. C'est même sa prérogative essentielle. Laure-Gaëtanne Faure, conseillère de la chambre d'agriculture, s'est attelée à  cette tàche. Elle a exposé les résultats du réseau de fermes des références des Pyrénées-Atlantiques.
L'activité et les emplois préservés
La filière laitière et les fermes qui la composent ont subi de fortes variations depuis la campagne 2007. Aujourd'hui, les prix du lait ont retrouvé une tendance positive, mais de nombreux défis se présentent. Bien entendu, les problématiques liées à  l'organisation générale de la filière représentent des enjeux majeurs pour l'avenir des exploitations, avec par exemple le dossier de la contractualisation. D'ailleurs, ces points ont fait l'objet de débats nourris. Cependant, les éléments techniques ne doivent pas être négligés pour autant.
Dans cette logique, la maîtrise du coût de production reste cruciale pour la viabilité des exploitations. L'ensemble des sensibilités qui composent la filière le reconnaissent. Les choix tactiques et stratégiques des éleveurs seront d'autant plus pertinents que les marges de progrès seront identifiées, en amont.
Afin d'élaborer des outils de comparaison, la chambre d'agriculture scrute plusieurs exploitations représentatives des différents systèmes de production. Une précieuse moisson de chiffres, dont la récolte permet également aux professionnels de disposer d'éléments objectifs et précis sur la situation des ateliers. « Gràce à  ces outils, on peut avoir les moyens d'argumenter les revendications de la filière, note le président. Mais en aucun cas, ce travail sur la rentabilité ne doit servir d'argument aux laiteries pour dicter leurs prix ».
Pour piloter son exploitation dans un contexte incertain, il est donc essentiel de connaître ses coûts de revient. Mais sur quels leviers peuvent agir les producteurs pour contrer la baisse de revenu ? Optimiser ses charges apparaît primordial. Dans le cas contraire, la sanction sur le revenu est immédiate ; des marges de manoeuvre existent, notamment sur le coût alimentaire. « Les solutions ne sont pas les mêmes partout, observe Jean Louis Lafitau, responsable de la filière lait à  la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques. Elles dépendent du projet personnel de chaque éleveur, de ses réalités, de ses contraintes ». Les résultats obtenus dans le cadre des fermes de référence montrent des écarts de coûts de production supérieurs à  90 euros entre les différents systèmes. Autant dire qu'il existe des marges de progrès substantielles pour les exploitations en queue de peloton.
Acteur historique de la filière, le Contrôle laitier dispose des compétences pour être un maillon essentiel de ce travail technique. « Autrefois le rôle du Contrôle laitier consistait en un constat de production. Désormais, nous devons avoir un travail de conseil plus global, en y associant aussi l'aspect économique, conclut Pierre Bergeret. Dans les mois à  venir, nous avons l'ambition d'établir un projet commun avec l'ensemble des acteurs de la filière ».
Fabien Brèthes Visite d'élevage
Après la théorie, la pratique. Dans la continuité de l'assemblée générale, une visite d'élevage a permis de découvrir une exploitation locale, pourvue d'excellents résultats techniques. L'EARL Cuyaubère, située à  Asson, est l'un des ateliers laitiers des Pyrénées-Atlantiques suivis dans le cadre du réseau de fermes de référence. Cette exploitation familiale est désormais dirigée par Johann Cuyaubère, administrateur du Contrôle laitier, et son père. Leur troupeau est actuellement composé de cinquante-cinq vaches de race Montbéliarde. Récemment, l'exploitation s'est dotée d'une nouvelle stabulation libre pour le logement des animaux. Les visiteurs ont pu découvrir un atelier caractéristique des systèmes de production locaux, et doté de très bons résultats technico-économiques.

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