Publié le 04/07/2011 à 11h33 /

Foie gras : entre marché porteur et hausse des coûts

// Avec une croissance des exportations et une consommation dynamique des ménages français, le foie gras a connu une belle année 2010. Mais avec la flambée des cours des céréales, 2011 devrait être plus compliquée.

C'est à  Dax que le Landais Alain Labarthe (au micro) aura présidé son ultime assemblée générale du CIFOG le 24 juin.
C‘est sur ses terres landaises, à  Dax, qu'Alain Labarthe a présidé sa dernière assemblée générale du Comité interprofessionnel des palmipèdes à  foie gras (CIFOG) le 24 juin. Son mandat de trois ans prendra fin en septembre, date à  laquelle il sera remplacé par un représentant de la transformation, comme le veut le principe de présidence tournante de la structure.
Mais c'est sur une note positive que le producteur termine sa mission. L'année 2010 a en effet été un bon cru pour le marché du foie gras.
Au niveau international, l'année 2010 signe un retour à  la croissance avec des exportations à  nouveau à  la hausse. Après la baisse subie en 2008 et 2009, suite à  la crise internationale et aux fermetures de frontières liées à  la déclaration de foyers d'influenza faiblement pathogènes, les ventes de foie gras cru hors France enregistrent une reprise de 19 % (2.570 tonnes).
Et pour la deuxième année consécutive, les exportations de foie gras transformé (2.557 tonnes) progressent de 9 %. Sans atteindre le record de 2008, la balance commerciale affiche un excédent de 47 millions d'euros. Avec 31 % de la valeur totale exportée, l'Espagne reste de loin le premier client de la France, devant la Belgique, le Japon et la Suisse.
Sur le plan national aussi, l'année a été très bonne. Les ventes de foie gras cru ont avoisiné les 9 100 tonnes, en progression de 10 % par rapport à  2009, et les préparations 100 % foie gras ont dépassé 11 570 tonnes, en hausse de 7 %. Le foie gras séduit toujours plus les consommateurs français.
Près d'un ménage sur deux achète désormais du foie gras quand ils n'étaient que 30 % il y a vingt ans. Les quantités achetées par ménage ont également progressé de 2 % en 2010. Ainsi les achats des ménages ont progressé de 4,3 % en volume et de 3,2 % en valeur avec des prix moyens au consommateur relativement stable (- 1 %).
Cette progression des ventes s'explique, en partie, par la stratégie de mettre en place la saison festive plus précocement : communiquer massivement sur la Saint-Martin du 11 novembre qui correspond dans les campagnes à  une fête traditionnelle célébrant la fin des travaux dans les champs avant l'entrée dans l'hiver, et le retour des premiers foies gras sur les marchés de gré à  gré dans le grand Sud-Ouest (lire également le zoom ci-dessous).Réussite de la Saint-Martin
Livrets, affiches, site internet, portes ouvertes chez les producteurs, spots radio présentés par le comédien Gérard Darmon (plus de 1.000 passages sur les grandes ondes nationales du 4 au 7 novembre 2010) Le CIFOG n'a reculé devant rien pour créer l'événement et inviter les Français à  faire la fête avant les fêtes. Et force est de constater que « la dynamique commune a porté ses fruits », se réjouit Alain Labarthe.
Ainsi, les distributeurs ont joué le jeu en mettant le produit en avant beaucoup plus précocement, dès le début novembre, et en consacrant plus de longueur de linéaires au foie gras. Les ventes s'en sont largement ressenties. En GMS, elles ont progressé de 47 % pour la deuxième semaine de novembre, de 26 % la troisième et de 7 % la quatrième. Si les intempéries des trois premières semaines de décembre ont perturbé les ventes suivantes, elles ont de nouveau progressé sur les deux dernières semaines de l'année.
Pour autant, Alain Labarthe s'est refusé à  tout triomphalisme. « Le marché du foie gras se tient bien, mais l'embellie est relative à  cause de l'augmentation du prix des céréales. » Si de nombreux producteurs bénéficient d'une indexation de leurs prix de reprise sur le cours de l'alimentation animale, cette inflation de l'alimentation plonge désormais les entreprises dans l'obligation d'obtenir une revalorisation de leurs prix auprès des distributeurs.
Cécile Agusti Le foie gras banni du salon Anuga
Les organisateurs du salon Anuga, un des plus grands salons mondiaux de l'alimentaire, qui sera organisé à  Cologne (Allemagne) du 8 au 12 octobre prochains, ont annoncé que le foie gras n'y aurait pas sa place. « Ils ont donné deux raisons à  ce bannissement, indique Jean Schwebel, président de la Fédération européenne des producteurs de foie gras, Euro Foie Gras. D'une part, ils estiment que l'Allemagne ne produisant pas de foie gras, la présence de produits étrangers constituerait une concurrence déloyale. D'autre part, ils veulent éviter les éventuels troubles à  l'ordre public que pourraient provoquer des anti gavage si nos produits étaient présents. » Deux arguments qui ne convainquent évidemment pas la filière qui est bien décidée à  peser de tout son poids pour que les organisateurs reviennent sur leur décision.
Une campagne publicitaire positive
Radio, sites Internet, jeux interactifs le Comité interprofessionnel des palmipèdes à  foie gras (Cifog) s'est donné les moyens pour communiquer en 2010. Selon la Sopexa « le spot radio [diffusé par le CIFOG en 2010] plait dans son ensemble ». Il laisse « un bon souvenir publicitaire, avec comme point d'ancrage mémoriel la Saint Martin. La campagne permet d'activer fortement l'image du foie gras. Ce dernier est très bien évalué sur les dimensions de plaisir et de diversité. Il est perçu comme moins exclusif “fêtes traditionnelles” et un peu moins “banal” », annonce la Sopexa. Mais il reste à  rendre le spot « plus incitatif » pour amener le consommateur à  un achat direct. Sur le web, 2.933.360 internautes ont cliqué sur les bannières mises en place sur certains sites comme www.marmiton.org.
Pour 2011, l'objectif est de « continuer à  conforter la fête de la Saint-Martin, en consolidant sa notoriété », explique la Sopexa. Il s'agit d'en « faire un événement récurrent et majeur auprès des consommateurs et de la grande distribution ». Dans ce sens, un autre spot radio sera mis en place et un appel d'offres est en cours pour la télévision.
En parallèle, « un blog d'information culinaire à  destination du grand public » a été proposé par la Sopexa « afin d'occuper le terrain sur le web » (budget : 90 000 €). Le budget prévisionnel de la prochaine campagne de communication est évalué à  plus de 2 millions €.

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