Publié le 04/07/2011 à 11h39 /

Le point sur la situation hydrique régionale à  Adour-Garonne

// Avec un répit de courte durée, la situation hydrique dans le Sud-Ouest est particulièrement inquiétante. L'Agence de l'eau Adour-Garonne prône des solutions structurelles pour améliorer l'état du bassin.

Le spectre de la sécheresse est toujours bel et bien présent. Seul le Sud de la région Aquitaine, avec le bassin de l'Adour notamment, présente une situation un peu plus confortable, en terme de réserves.
Il faut remonter le temps bien en arrière pour trouver un printemps aussi ensoleillé qu'en cette année 2011. Ceux qui peuvent s'en souvenir ont désormais les tempes grisonnantes. Le grand Sud-Ouest a en effet connu ses mois d'avril et mai les plus secs et les plus chauds depuis plus de cinquante ans ! Et ce ne sont pas les quelques pluies de juin qui ont fondamentalement changé la donne. Le spectre de la sécheresse est toujours bel et bien présent. Seul le Sud de la région Aquitaine présente une situation un peu plus confortable, en terme de réserves. Mais les conditions caniculaires, enregistrées il y a quelques jours, ont encore accentué le phénomène.
Face à  cette périlleuse conjoncture, l'Agence de l'eau Adour-Garonne a tenu à  organiser une conférence de presse, le 23 juin, afin de rappeler les enjeux liés à  cette sécheresse. La structure en a aussi profité pour redire ses actions. « Gràce à  l'amélioration de nos programmes de mesures, nous avons une vision de plus en plus précise des situations, explique le directeur, Marc Abadie. La période intense d'irrigation démarre et nous constatons, en de nombreux endroits, les plus basses eaux que l'on ait jamais enregistré au travers des statistiques »L'ensemble du bassin est touché
Dans l'ordre, la région Poitou-Charente accuse la situation la plus difficile. Alors que les débits des rivières sont déjà  au plus bas, les retenues de soutien affichent des taux de remplissage insuffisants pour prétendre alimenter correctement les cours d'eau. Vient ensuite la région Midi-Pyrénées, avec son « axe Garonne », où des limitations d'usages seront vraisemblablement nécessaires à  court terme. Le bassin de l'Adour est, pour l'instant, le moins touché. « Les cours d'eau qui sont connectés aux Pyrénées, comme c'est le cas de l'Adour, ont un peu moins de problèmes », commente Claude Chardenas, directeur de la délégation régionale de Pau. Malgré tout, le bassin de la Midouze, dans les Landes (non connecté aux Pyrénées), enregistre des débits plus faibles que la normale et la situation pourrait y devenir rapidement critique.
Indubitablement, cette réduction des quantités d'eau disponibles va avoir des répercussions multiples. Bien entendu les agriculteurs sont en première ligne, avec les probables restrictions d'irrigation. À ces conséquences économiques, s'ajoutent les impacts sur la biodiversité (faune aquatique, algues), la qualité de la ressource (pollution), mais aussi des impacts auprès des particuliers. « Évidemment la priorité des priorités concerne l'alimentation en eau potable », indique le président.
Au-delà  d'un phénomène isolé, Marc Abadie met en avant le caractère structurel de cette sécheresse. « Ce déficit hydrique s'inscrit dans une suite, ce n'est pas simplement un événement conjoncturel. Il faudra prendre des décisions en conséquence », indique-t-il. À court terme, les mesures d'urgence consistent en une limitation des prélèvements. Mais l'Agence de l'eau prône des réponses d'ordre structurel, « c'est notre champ d'action privilégié ». Elles concernent deux orientations principales : les économies d'eau et la création de réserves.
Pour l'agriculture, les économies d'eau passent notamment par les voies de l'irrigation de précision et éventuellement « par des rotations de cultures moins gourmandes ». Les responsables de l'Agence de l'eau indiquent que leur structure apportera une aide d'un million d'euros, en 2011, afin que 20 000 irrigants du bassin reçoivent un appui au pilotage de l'irrigation. « On estime que le gain peut être équivalent à  10 % des volumes consommés », justifie Aline Comeau, responsable de l'espace rural. Solutions structurelles
Au niveau des créations de réserves, la situation apparaît plus délicate. Défendues par les professionnels agricoles, ces démarches se heurtent à  des oppositions systématiques mais aussi à  des lourdeurs réglementaires. Marc Abadie rappelle que trente-sept projets sont en cours d'études sur le bassin, pour un volume d'environ 50 millions de mètres cubes. « L'agence a récemment renforcé ses aides », souligne-t-il.
Si une réelle volonté est affichée, reste à  voir si ces annonces seront suivies d'effets. Car en dernier recours, la gestion de l'eau passera par un ajustement des volumes prélevables, avec la fameuse loi sur l'eau de 2006. Comme chacun le sait, celle-ci pourrait conduire à  des baisses drastiques des prélèvements pour l'irrigation.
Fabien Brèthes

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