Publié le 18/07/2011 à 14h30 /

L'avenir de l'agropastoralisme dans les Pyrénées

// L'Association des chambres d'agriculture des Pyrénées (ACAP) a organisé un séminaire à  Bagnères-de-Luchon sur l'avenir de l'agropastoralisme dans les cinq départements de la chaîne.

Pour que les activités économiques se maintiennent dans le massif pyrénéen, les acteurs du territoire — les chambres d'agriculture en tête — planchent sur les leviers qui seront à  leur disposition dans le cadre de la PAC post-2013 © Terre d'Ar
Quel sera le futur visage des Pyrénées au regard de la future PAC ? Quelles politiques mener à  l'échelle pyrénéenne pour l'après 2013 ? Le séminaire de travail organisé le 28 juin à  Bagnères-de-Luchon par l'Association des chambres d'agriculture des Pyrénées (ACAP), dans le cadre d'une étude sur l'avenir de l'agro-pastoralisme du massif1, a soulevé ces questions. L'occasion de réunir l'ensemble des acteurs de ce vaste territoire afin de les fédérer autour d'un projet commun à  la veille de grandes décisions européennes qui risquent fortement de bouleverser le paysage de l'agriculture et du pastoralisme français.
Car si dans les Pyrénées l'agriculture a de multiples visages, elle a pour caractéristique commune le fait de représenter une ressource économique et sociale capitale pour les vallées. « Les Pyrénées constituent des territoires où la densité de population est faible et où la part de l'agriculture dans l'emploi est importante au regard de la moyenne française », note l'ACAP. Un constat qui doit pousser « les Pyrénéens à  sortir du sommeil », insiste son président Jean-Michel Anxolabéhère.« Un enjeu pour notre avenir »
« Véritable enjeu pour notre avenir et pour le développement durable de l'agriculture du massif, cette étude vise aussi à  impulser un dynamisme entre les acteurs du massif. Si nous étions jusqu'à  présent en veille aujourd'hui nous nous réveillons et comptons bien mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel d'est en ouest. Formidable valeur ajoutée, servons-nous du massif pour développer intelligemment l'activité agropastorale et organiser des filières. Les Pyrénéens se prennent en charge. Pour cela il faut travailler ensemble », poursuit le président. Cependant, la préservation de l'activité agropastorale ne se fera pas sans accompagnement et cohésion territoriale. Avant d'être une nécessité pour l'économie montagnarde, le pastoralisme est un choix à  faire. Cette étude a pour objectifs d'identifier les besoins, les leviers et de définir des modalités d'accompagnement de l'activité, pertinentes sur ce territoire en phase avec les attentes sociétales mais également proposer des solutions concrètes pour l'après 2013. Programme ambitieux mais possible dès lors que la volonté est partagée.
L'étude a débuté en janvier 2010. Dix territoires ont été échantillonnés : le piémont basque, la vallée de la Soule, les trois vallées du Haut-Béarn, le Val d'Azun, la vallée du Louron, le Luchonnais, le Castillonnais, le Pays d'Olmes, la Cerdagne et les Hautes-Corbières. Trois grands enjeux se sont rapidement dégagés : « vers des exploitations de montagnes durables », « la valorisation des activités agricoles pyrénéennes » et « la gestion équilibrée des espaces agricoles et pastoraux pyrénéens ». Un quatrième axe stratégique, transverse des trois précédents, a aussi été abordé, à  savoir « de nouvelles gouvernances pour un projet pyrénéen fédérateur ».
Les ateliers de travail ont été riches en réflexions et questionnements. Pour Jean-Louis Cazaubon, président de la chambre régionale d'agriculture Midi-Pyrénées et vice-président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA), « il faut jouer la carte de la valorisation de produits de montagne. La mise en place de filières ancrées sur le massif apporterait sans aucun doute de la valeur ajoutée. Certains territoires du massif ont pris de l'avance sur cet aspect, et cela marche pour les agriculteurs et par rebond pour la vie des vallées ».
Pour les représentants du ministère de l'agriculture, ce travail se fait sans aucun doute dans « le bon calendrier, en parallèle des réflexions sur la future PAC ». De plus « c'est la volonté en acte des Pyrénéens de travailler ensemble. Il y a une plus-value évidente sur ce territoire où l'agriculture est première et légitime sans aucun doute ».
Si tout le monde s'accorde à  dire à  quel point le massif pyrénéen est un véritable vivier agricole, il n'en reste pas moins difficile à  valoriser. En effet, « 80 % de la viande consommée à  Toulouse ne viennent pas des Pyrénées », insiste Jean-Louis Cazaubon. Alors le travail reste considérable mais la suite est à  écrire dans les mois à  venir. Cette étude, si elle lance aussi un pavé dans la mare, loin de la langue de bois, permet néanmoins de fédérer l'ensemble du massif pour une agriculture pyrénéenne durable à  l'heure où les regards se tournent désormais vers l'Europe. 1. Stratégie de développement de l'agriculture de montagne et du pastoralisme dans les Pyrénées pour l'après 2013. J. Simoes - Terres d'Ariège

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