Publié le 19/08/2011 à 11h42 /

Les abeilles en colonie de vacances

// La miellée de tournesol qui se termine, ainsi que les activités de pollinisation, constituent de beaux exemples de partenariat entre l'apiculture et l'agriculture.

L'Aquitaine compte environ deux cents apiculteurs professionnels ou pluriactifs. Leur production s'étale de fin avril jusqu'à  fin septembre. Elle débute avec la miellée d'acacia, au printemps, puis avec celle de chàtaignier, durant l
En ces tièdes nuits d'août, il n'est pas rare d'apercevoir de drôles de convois sur nos routes du Sud-Ouest. Des camions chargés de ruches s'en reviennent du département du Gers. À leurs bords, quelques dizaines de milliers d'abeilles sont de retour d'un formidable festin. Durant tout l'été, elles ont colonisé les champs de tournesols gersois.
La région Aquitaine compte environ deux cents apiculteurs professionnels ou pluriactifs. Leur production s'étale de fin avril, jusqu'à  fin septembre. Elle débute avec la miellée d'acacia, au printemps, puis avec celle de chàtaignier, durant le mois de juin. Au cours de l'été, c'est au tour des miellées de bruyère et de tournesol. Cette dernière est la plus abondante. Si les premières miellées sont produites localement, c'est dans le Gers que les apiculteurs vont chercher les parcelles de tournesol, nécessaires aux besoins des abeilles. Une logistique bien huilée
Patrick Irazoqui, installé à  Angresse, est un de ces apiculteurs professionnels. Avec son épouse, il exploite environ six cents ruches. Pour la septième année, il a mené près de la moitié d'entre-elles du côté de Condom. Là -bas, durant l'été, la campagne se pare de couleurs incandescentes. « Pour la majorité, il s'agit de tournesol conso et le terroir gersois est particulièrement favorable à  la production de miel, confie l'apiculteur, nous amenons les ruches début juillet et nous faisons le chemin inverse à  la mi-août ».
Afin de transhumer les ruches d'un site à  l'autre, la logistique s'avère conséquente. Chez Patrick Irazoqui, les opérations sont bien huilées. Il dispose d'un camion, équipé d'une grue, permettant de transporter soixante-quatre ruches d'un coup. Les ruches sont arrimées à  des palettes. Quatre à  cinq voyages sont nécessaires pour transhumer la moitié de ses colonies d'abeilles vers le Gers (chaque ruche contient une colonie, composée d'environ trente mille ouvrières dont un tiers de butineuses). « Les abeilles sont enfermées le soir et on voyage de nuit », précise-t-il. Pour l'anecdote, il lui arrive parfois de croiser les services de la gendarmerie, début juillet, au sortir des fêtes d'Eauze
D'un jaune vif, léger en goût et en arômes, le miel de tournesol est, en terme de volume, le miel le plus produit dans l'Hexagone. C'est aussi le moins cher. Il faut dire que c'est de loin la miellée la plus productive. Les volumes récoltés se situent entre 25 et 35 kilogrammes par ruche. Tout à  gagner
Groupée par petits lots, la moitié des ruches de Patrick Irazoqui passent environ un mois et demi en bordure des champs gersois. « On fait le trajet de temps en temps pour surveiller et se rassurer ». Cette année, le reste de ses colonies est resté dans les Landes. Positionnées autour de parcelles de tournesols semences, elles ont servi à  polliniser les cultures.
Du côté des agriculteurs aussi, ce partenariat ne revêt que des bénéfices. « Ca se passe très bien, les agriculteurs sont même demandeurs », indique Partrick Irazoqui. Qui plus est, il semble que la pollinisation par les abeilles a la faculté d'accroître le rendement de la culture. De nombreux producteurs en sont convaincus. Gràce à  de telles démarches, agriculture et apiculture font bon ménage. Fabien Brèthes L'autre vertue des abeillesTout le monde connait les abeilles pour leur production de miel... Parfois leurs piqûres. Leur utilisation pour la pollinisation de certaines cultures est moins connu. Pourtant, plusieurs filières agricoles ont recours à  cette démarche. C'est le cas, par exemple, du tournesol semence et du kiwi. En butinant, les abeilles déplacent du pollen vers le pistil des fleurs. Elles participent donc à  la pollinisation. Leur efficacité est supérieure à  celle d'autres espèces, comme le bourdon. Encore aujourd'hui, les abeilles sont considérées comme le moyen le plus performant pour une bonne pollinisation.
Les producteurs de tournesols semences font appel à  des apiculteurs afin de placer des ruches à  proximité de leurs parcelles. « En pratique, nous disposons de deux ruches pour un hectare de tournesols », explique Patrick Irazoqui. Pour les apiculteurs, ce service payant est complémentaire à  leur activité de production de miel. « Cela reste une valorisation minoritaire », précise l'apiculteur. Durant la pollinisation de tournesol semence, les abeilles ne produisent pas de miel et doivent être nourries.
Au printemps, les kiwiculteurs utilisent également ce processus pour polliniser leurs vergers. Six à  huit ruches sont disposées pour chaque hectare de plantation. La réussite de la pollinisation du kiwi constitue l'une des étapes fondamentale pour l'obtention de fruits de bonnes qualités. Son influence sur le calibre est particulièrement importante. Journée technique
Le mercredi 20 juillet 2011, à  Brugnac (47), s'est déroulée une visite technique, baptisée « bout de champs », autour de la vaste problématique de la pollinisation. Cette rencontre était organisée conjointement par la Anamso (Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses) et Adaaq (Association de développement de l'apiculture en Aquitaine). Elle a réunie des agriculteurs multiplicateurs de semences, des apiculteurs pollinisateurs et des techniciens semences de la région Aquitaine.

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