Publié le 16/09/2011 à 09h26 /

L'appel aux dons de mais en Aquitaine

// Nouvelle illustration de la solidarité paysanne en faveur des éleveurs victimes de la sécheresse, la FRSEA, les FDSEA et JA ont donné à  Mazères-en-Gironde le coup d'envoi de l'opération "Du mais, j'en ai, j'en donne!"

Afin de venir en aide aux éleveurs victimes de la sécheresse, les actions de solidarité se sont multipliées durant tout l'été. Le sud-Aquitaine, moins sévèrement touché, s'est ainsi mobilisé en faveur des régions fortement sinistrées. On se souvient que la chambre d'agriculture des Landes a ensemencé courant août plus de 1.200 hectares de ray gras d'Italie à  destination des éleveurs de la Corrèze (lire l'encadré ci-dessous). Les équipes cantonales FDSEA-JA des Pyrénées-Altantiques ont organisé chaque semaine l'envoi de camions de fourrage (lire article en page ci-contre). Ces opérations s'inscrivaient dans un vaste plan d'action national coordonné par la FNSEA en étroite collaboration avec les autres organisations professionnelles. Le dispositif a ainsi bénéficié de la gratuité des péages d'autoroute, via des certificats délivrés par les chambres d'agriculture pour diminuer les coûts de transport. Aujourd'hui, l'heure est certes au bilan mais la situation des nombreuses exploitations agricoles françaises reste toujours délicate, voire critique dans certaines régions.
Les pluies de juillet auront permis de reverdir la campagne mais l'ampleur de la sécheresse et la difficile conjoncture que connaissent les filières animales font que de nombreux éleveurs ont encore besoin de la solidarité nationale. C'est pourquoi, la FRSEA, les FDSEA d'Aquitaine et les Jeunes Agriculteurs ont souhaité poursuivre leur action : après les transports de paille et autres bourses de fourrage, les producteurs de mais sont sollicités pour venir en aide aux éleveurs.
Jeudi 15 septembre à  Mazères-en-Gironde, le président de la FRSEA, Henri Biès-Péré, et son conseil d'administration ont ainsi donné le coup d'envoi officiel de cette nouvelle opération intitulée « Du mais, j'en ai, j'en donne ! » et menée en collaboration avec l'AGPM - Maiz'Europ. Par ce slogan, la fédération régionale appelle les agriculteurs aquitains à  faire don d'un certain volume de mais sec lors de la livraison de leur récolte à  l'organisme stockeur.Solidarité, mode d'emploi
« Ce mais sera ensuite acheminé dans les départements très demandeurs en céréales que sont la Dordogne et les Deux Sèvres », précise Jean-Marc Benquet, secrétaire général de la FDSEA des Landes, très impliqué dans cette opération. Une telle action n'est donc possible que gràce à  la collaboration des organismes stockeurs. Un courrier — auquel les coopératives ont d'ores-et-déjà  répondu favorablement — a été récemment adressé en ce sens à  tous les OS de la région afin de leur demander de livrer les volumes récoltés entre novembre 2011 et février 2012. Les agriculteurs qui s'associeront à  cette opération auront à  indiquer par écrit à  leur OS la quantité de mais standard qu'ils souhaitent mettre gratuitement à  la disposition de la FDSEA du département concerné. Cette lettre d'engagement à  compléter sera à  remettre à  l'OS lors de l'une des livraisons de la récolte 2011.    Guy Mimbielle
Téléchargez ici votre bulletin d'engagement


Du ray-grass italien dans les Landes pour les éleveurs de Corrèze
La chambre d'agriculture de Corrèze a proposé à  ses collègues des Landes et de la Gironde la mise en place de cultures intermédiaires à  vocation fourragère afin de pallier au manque de fourrage dans les élevages bovins de son département. Plus exactement, son idée était que des agriculteurs disposant de surfaces libérées tôt, après récolte du mais doux principalement, acceptent d'implanter sur ces parcelles une culture de ray-grass italien en dérobé. Fourrage qui serait ensuite récolté par les Corréziens en bottes carrées enrubannées.
Concrètement, chaque agriculteur prenant part à  cette opération a signé une convention avec la chambre d'agriculture de Corrèze. Il s'engage à  semer le ray-grass et à  en assurer le suivi,  ainsi que sa destruction après récolte. La Corrèze fournit la semence, indemnise l'agriculteur pour l'apport de 50 unités d'azote à  l'hectare (35 euros) et l'irrigation (35 euros). Enfin, elle en assure la récolte. Afin de satisfaire les 150 éleveurs corréziens qui ont demandé à  bénéficier de l'opération, 1.200 à  1.500 hectares étaient nécessaires, avec un objectif de rendement de 3 tonnes de matière sèche par hectare. Finalement, l'opération a rassemblé 33 agriculteurs, dont 27 Landais, pour une surface totale semée de 1174 hectares, dont 996 dans les Landes.
Les premiers semis ont été réalisés sur la commune d'Ychoux fin juillet et les derniers  le 26 août sur la commune d'Estigarde. La zone géographique principale correspond à  la Haute Lande (Ychoux, Sabres, Labouheyre, Sud-Gironde).  Grace à  l'irrigation (3 tours d'arrosage ont été nécessaires), les levées sont globalement bonnes et l'objectif de récolte de 3 tonnes de matière sèche à  l'hectare devrait être atteint et même parfois dépassé dans les parcelles semées avant le 15 août. Pour les autres, ce sera plus difficile si la récolte demeure planifiée au 15 octobre. Dans de nombreux cas, un traitement a dû être ajouté à  l'itinéraire technique pour éviter l'envahissement des adventices. « C'est un don supplémentaire des agriculteurs impliqués dans l'opération, simplement pour assurer la qualité du fourrage » fait remarquer Vincent Mancini, chargé de l'opération à  la chambre d'agriculture des Landes.

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