Publié le 30/09/2011 à 09h52 /

La sélection végétale au service de la biodiversité

// En enrichissant le patrimoine vivant avec de nouvelles variétés, cette pratique contribue à  assurer les besoins des êtres humains. Le maintien de la biodiversité reste également un défi majeur.

Depuis 1962, les pouvoirs publics ont confié au GNIS le contrôle de la qualité et, pour les espèces agricoles, la certification des semences et plants.
Du mais au sorgho, en passant par les plantes fourragères, le GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et plants) a organisé, le 21 septembre à  Montardon, une journée pour découvrir la biodiversité cultivée au pied des Pyrénées. La coopérative Euralis et Arvalis-Institut du végétal étaient partenaires de ce rendez-vous. Une occasion de se replonger dans la genèse des productions végétales, de comprendre leurs évolutions, mais aussi de tordre le coup à  certaines idées reçues. Dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, plus de quinze milles hectares servent, chaque année, à  la production de semences, toutes espèces confondues. Le bassin de l'Adour est notamment un acteur majeur au sein de la filière mais semence, avec plus du quart de la production hexagonale. À l'échelon national, la France est également le deuxième producteur mondial de semences et plants, derrière les Pays-Bas. Dans ce panorama, le GNIS fait office d'interface entre les acteurs du secteur d'une part et la société et les pouvoirs publics d'autre part. Cet organisme possède différentes missions. Organiser le marché tout d'abord. Garantir la qualité des produits ensuite. Depuis 1962, les pouvoirs publics ont confié au GNIS le contrôle de la qualité et, pour les espèces agricoles, la certification des semences et plants. Les défis de la sélection
Le Service officiel de contrôle et de certification (SOC), service technique du GNIS, est chargé de faire appliquer les règlements arrêtés par le ministère de l'agriculture. Son action se concrétise par l'apposition d'un certificat officiel sur chaque emballage de semences et plants répondant aux normes de qualité.
Le GNIS a également pour vocation de représenter le secteur semences et instaurer le dialogue avec la société. Aujourd'hui, ce secteur est directement concerné par des enjeux majeurs de société : biodiversité, brevetabilité du vivant, agriculture durable, biotechnologies Il doit aussi relever un défi de taille : nourrir les six milliards d'êtres humains qui peuplent la planète aujourd'hui et probablement bien plus dans les décennies à  venir. Pour cela, la filière semences a, plus que jamais, un rôle essentiel à  jouer. Depuis des lustres, l'Homme a domestiqué le patrimoine génétique des végétaux afin de répondre à  des besoins précis, comme le développement de la productivité, l'optimisation de la transformation ou encore la préservation de l'environnement. Pas à  pas, la création variétale est née du besoin des humains d'assurer une nourriture régulière, abondante et diversifiée. Elle nécessite de longues années de sélection (jusqu'à  quinze pour créer une variété) et représente des investissements conséquents. Sans s'en rendre compte, les consommateurs bénéficient, encore aujourd'hui, de ce travail de sélection.
Actuellement, le secteur des semences continue à  utiliser le patrimoine vivant et l'enrichit en créant de nouvelles variétés, adaptées aux besoins des agriculteurs, des transformateurs et des consommateurs. D'ailleurs, la biodiversité au sein des espèces agricoles cultivées se maintient. En Europe, le catalogue variétal du mais compte près de six mille variétés. « Contrairement à  ce que l'on croit, la biodiversité du mais est la même depuis plus de cinquante ans à  l'époque du développement des hybrides, explique Jean Beigberder, expert en ressources génétiques au sein l'association Pro-Mais. La création variétale se traduit en permanence par la création de nouveaux allèles en remplacement des anciens. Si vous resemez des variétés hybrides au hasard, qui semblent, au premier abord, très homogènes, vous obtiendrez au bout de quelque temps, des plantes très diverses et variées. Preuve que la biodiversité est encore là  ».
Fabien Brèthes Catalogue officiel
À la demande des agriculteurs, le catalogue officiel voit le jour en 1932. Il répertorie les espèces commercialisables. Cela évite que des variétés différentes soient vendues sous le même nom, ou bien qu'une même variété ait des appellations différentes. Pour être commercialisée, toute variété doit être préalablement inscrite au catalogue officiel. Pour cela, elle doit prouver qu'elle est différente des variétés existantes, qu'elle est homogène et stable. De plus, les variétés agricoles doivent apporter un progrès agronomique et/ou un progrès technologique. Chaque année, plus de cinq cents nouvelles variétés, potagères et agricoles sont inscrites au catalogue officiel.

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