Publié le 31/10/2011 à 14h30 /

Veaux de boucherie : comment stopper la lente dégringolade ?

// La filière veaux joue un rôle important en Europe mais, pour rester compétitive, elle a des défis à  relever et des atouts à  faire valoir.

La production de veaux de boucherie concerne principalement cinq pays en Europe : la France, les Pays-Bas, l'Italie, la Belgique et l'Allemagne. La France est le premier pays producteur avec 200.000 tonnes équivalent carcasse (TEC) par an, soit le tiers de la production européenne. Elle est également le premier consommateur de cette viande avec 3,9 kg par habitant contre 1,4 kg par habitant en Europe. Or, depuis de nombreuses années, la filière veaux de boucherie subit une baisse structurelle du nombre d'animaux abattus en Europe. En 2009, cette réduction s'est accentuée du fait d'un changement de législation, imposant l'abattage des veaux de boucherie avant 8 mois au lieu de 12. « Cette baisse est par contre moins accentuée en volumes, gràce à  une augmentation des poids de carcasse. La filière veaux compte en Europe (8 % des tonnages de viande bovine produits dans l'UE 27), mais, pour maintenir son attrait, elle doit mettre en avant ses atouts », explique Jean-Marc Chaumet de l'Institut de l'élevage. Un rôle important en Europe « La filière veaux joue un rôle essentiel dans la régulation des marchés européens du lait et de la viande bovine » poursuit le technicien. En effet, si la production venait à  cesser, il faudrait trouver des débouchés pour 50 % de la production de lactosérum, ce chiffre représentant 200 % des exportations actuelles. Les veaux issus du cheptel laitier constituent, par ailleurs, un complément de revenus pour les éleveurs.La filière contribue donc à  la valorisation des produits du lait. « De plus, si tous les veaux étaient engraissés en jeunes bovins et génisses, on aboutirait à  une production de viande rouge supplémentaire de 1,1 million de TEC, soit 13 % de la consommation de l'UE », note Jean-Marc Chaumet. Ce secteur est, par ailleurs, dépendant des autres productions. En effet, si la production laitière augmente, on aura alors une stabilité du nombre de veaux. À l'inverse, si l'on observe une reprise de la baisse tendancielle du cheptel laitier (- 1,5 % an) et de la production du lait, « on peut estimer la diminution du nombre de veaux à  13 % entre 2011 et 2020. Dans cette éventualité, se posera alors la question de l'arbitrage entre viande de gros bovins et celle de veaux ». D'autres paramètres interfèrent également tels que la variabilité du prix du lait et du cours des céréales, ainsi que les évolutions des aides (PAC). Des défis mais des atouts solides Mais ce secteur dispose d'atouts pour relever ces défis. Il subsiste, entre autres, une réelle demande des consommateurs (image redorée, valeur nutritionnelle). Au niveau de la valorisation, les produits élaborés se développent. Il existe par ailleurs des marges de manoeuvre pour améliorer la compétitivité de la filière tant sur l'alimentation (recherche d'une alimentation adéquate avec les cours mondiaux des produits de base), que sur la consommation d'énergie et sur la réduction du taux de mortalité entre 0 et 60 jours. La filière est d'autre part intégrée, la mise en place se fait en fonction du marché. La démographie française soulève par contre des questions. Le nombre d'exploitants de plus de 50 ans est en forte augmentation, alors que celui des moins de 40 ans est en baisse. Cyrielle Delisle Compétitivité et coûts
« Pour améliorer la compétitivité de la filière veaux de boucherie, il est nécessaire que les éleveurs disposent de références », explique Christophe Martineau. C'est pourquoi, le Réseau veaux de boucherie du GIE Lait Viande de Bretagne a réalisé une nouvelle synthèse des résultats issus de relevés réalisés de septembre 2008 à  décembre 2010 auprès de 40 éleveurs référents. Cette synthèse fournit des éléments techniques et économiques utiles à  la rentabilité et à  la pérennité de la filière. Ce document propose cinq axes de travail : les performances zootechniques et sanitaires, les consommations d'énergie en bàtiments, les consommations d'eau, les conditions de travail et une approche économique.
Le réseau poursuit son travail pour la période 2011 à  2013.

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