Publié le 13/12/2011 à 00h00 /

Les coopératives agricoles préparent la révolution !

// Dans la perspective des prochaines élections présidentielles et législatives, Coop de France a rendu public son manifeste 2012. En tout, dix univers de propositions sur lesquels les coopératives entendent attirer l'attention des candidats Et les convaincre.

L'objectif du manifeste de Coop de France est clair : restaurer la compétitivité de l'agroalimentaire français, relégué aujourd'hui au troisième rang européen. © Réussir
Dix défis économiques, agricoles et alimentaires ». À la veille de l'élection présidentielle et des élections législatives qui vont suivre, Coop de France a dévoilé, le 29 novembre à  Paris à  l'occasion de son assemblée générale, le manifeste qu'elle entend soumettre aux différents candidats. Ce livre blanc, appelé « la révolution coopérative » décline les principales revendications des coops. Philippe Mangin, le président de Coop de France, s'en est fait l'écho devant Pierre Lellouche, le secrétaire d'État au commerce extérieur. Cette « révolution coopérative » que Coop de France appelle de ses voeux insiste sur « le capitalisme coopératif », cette autre façon d'entreprendre gràce à  un modèle économique qui « fait ses preuves tous les jours ». D'ailleurs l'Organisation des Nations Unies ne s'y est pas trompée. Elle fait de 2012 l'année internationale des coopératives en précisant que « l'année mettra aussi en évidence les points forts du modèle d'entreprise coopérative comme un moyen alternatif de faire des affaires et de favoriser le développement économique », selon Ban Ki-Moon, le secrétaire général. Ce qui implique, et Philippe Mangin a insisté sur ce point, le maintien d'une fiscalité spécifique. Nul doute que ce dossier fera l'objet d'une vigilance particulière de Coop de France dans les mois qui viennent. La fiscalité des coopératives étant considérée comme une niche fiscale, même si elle est bien notée selon un audit réalisé par le ministère des finances, la coopération redoute toujours qu'elle fasse l'objet d'un arbitrage défavorable par les pouvoirs publics, notamment après les élections. Le grand écart de l'Europe Sur le plan européen, Philippe Mangin n'a pas manqué de souligner le grand écart entre, d'un côté, la position offensive du G20 sur la nécessité de produire plus, de développer l'investissement agricole, de mieux contrôler la financiarisation des marchés et, de l'autre, l'attitude « frileuse » de l'Union européenne qui insiste surtout sur « le verdissement de la politique agricole commune ». Sans afficher d'autres ambitions pour l'agriculture européenne. Autre sujet au centre des préoccupations des coopératives : la restauration de la compétitivité de l'agroalimentaire français. La France a perdu sa première place. Elle est désormais reléguée au troisième rang, derrière l'Allemagne et les Pays-Bas. Qui dit compétitivité, dit coût du travail considéré comme excessif en France. Coop de France défend le transfert des charges sociales vers d'autres modes de financement et notamment la TVA. Sans parler de l'allégement des contraintes administratives, réglementaires et des normes excessives imposées par l'Europe et encore plus par la France « sans jamais les réclamer aux importateurs ». Guichet unique Enfin, véritable leitmotiv des coopératives hexagonales, Philippe Mangin a abordé le nécessaire regroupement de l'offre pour faire le poids à  l'exportation et face à  la distribution. « Nous ne savons pas chasser en meute sur les marchés européens et internationaux » a déploré le président de Coop de France face à  Pierre Lellouche. Le secrétaire d'État au commerce extérieur a évoqué, pour sa part, les efforts entrepris par le Gouvernement pour regrouper toutes les synergies en faveur de l'exportation. Il a surtout délivrer le message suivant : l'action de l'État ne vise pas uniquement à  soutenir les grands groupes, mais surtout les PME et donc les coopératives. À cet égard, Pierre Lellouche a notamment évoqué la création d'un guichet unique et la mobilisation des services de l'État, des régions, des chambres consulaires, d'UbiFrance « pour accompagner les PME à  l'export ».

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