Publié le 24/01/2012 à 12h12 /

Élections : l'APCA entend peser dans le débat

// Dans la perspective des prochaines élections présidentielles et législatives, l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture propose aux différents candidats un nouveau contrat de cohésion nationale entre l'agriculture et la société.

Fortes de plus de 3,5 millions d'actifs répartis sur l'ensemble du territoire, l'agriculture, la forêt et l'agroalimentaire sont stratégiques pour notre pays. À la veille d'échéances électorales décisives, l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture entend bien le faire savoir aux candidats à  l'élection présidentielle et aux élections législatives qui suivront. Ainsi Guy Vasseur, le président, entend-il proposer aux uns et aux autres un nouveau contrat entre l'agriculture et la société. La proposition porte sur quatre axes. Le premier vise à  promouvoir une alimentation saine et équilibrée. Dans l'esprit du président, il s'agit de répondre à  toutes les attentes des consommateurs qui expriment une demande diversifiée : produits bio, sous signe de qualité ou produits de masse. «L'avenir de l'agriculture ne se limite pas aux circuits de proximité», contrairement à  ce que pourraient croire certains. «La France doit jouer sur tous les tableaux, y compris l'exportation» plaide le président de l'APCA. C'est à  cette seule condition que la filière agroalimentaire «restera le premier employeur de France», poursuit-il. Victime de la crise financière Le deuxième axe porte sur la PAC. Les chambres insistent sur le maintien du budget agricole dans l'épure actuelle. «Il y a un risque qu'il ne soit pas tenu» craint Rémi Bailhache, responsable du dossier aux chambres d'agriculture. Comme d'autres responsables professionnels, il redoute qu'elles fassent les frais de la crise financière européenne et d'arbitrages défavorables dans le processus de négociation. Dans la prochaine réforme, l'APCA souhaiterait également que les outils de régulation des marchés deviennent «plus opérationnels» et que les droits de plantation viticoles par exemple soient maintenus. Elle appelle de ses voeux également «un engagement plus fort» des pouvoirs publics dans les dispositifs d'assurance pour les rendre plus attractifs. Et souhaiterait que la dérogation au droit de la concurrence obtenue dans le cadre du mini-paquet lait soit étendue à  toutes les productions. Halte à  la consommation irraisonnée de foncier Les chambres d'agriculture qui insistent sur leur implication sur le terrain sont très attachées à  la valorisation des territoires qui constitue le troisième axe de leurs propositions. Ici Guy Vasseur insiste sur la nécessité de limiter la consommation de foncier agricole. «La consommation du foncier doit être raisonnée et raisonnable», martèle-t-il en déplorant le grand écart dans le discours des élus et leurs pratiques quotidiennes. Autre dossier prioritaire: l'encouragement de l'installation et de la transmission des exploitations qui passe par une simplification des procédures et aussi par une revalorisation des retraites agricoles pour encourager les agriculteurs à  céder leurs terres. Pas question non plus d'oublier les zones à  handicap qui «doivent être mieux définies par des critères adaptés». Freins administratifs Quatrième axe enfin la promotion d'une agriculture durable et compétitive. Ici les chambres déplorent l'excès de zèle de l'administration française qui en rajoute aux contraintes imposées par Bruxelles, notamment en matière d'environnement. «Nous sommes tout à   fait en mesure de faire les modifications réglementaires et des simplifications administratives, tout en respectant les directives européennes», observe Guy Vasseur qui reproche aux pouvoirs publics leurs réticences pour les biotechnologies appliquées à  l'agriculture, les freins de l'administration à  construire des retenues collinaires pour l'irrigation, malgré les engagements des pouvoirs publics. Ou les tracasseries imposées aux installations classées. Principale personnalité visée, la ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet «qui prend le contre-pied des propositions du Président de la République et du Premier ministre».

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