Publié le 07/02/2012 à 12h00 /

Prairies : c'est l'heure des premiers apports en fertilisants

// L'azote est avec l'eau le moteur principal de la croissance végétale. Les autres éléments nutritifs indispensables au bon fonctionnement de la plante — le phosphore, le potassium, le soufre — sont aussi à  apporter à  bon escient

En stimulant la synthèse de la chlorophylle et des protéines, l'azote, accélère l'accroissement de la surface foliaire : la photosynthèse ainsi activée, la plante fabrique de la biomasse et augmente son rendement. L'azote utilisable par la végétation peut se présenter sous deux formes : minérale (nitrique, ammoniacale et uréique) ou organique. Parmi les formes minérales, les nitriques (NO3 = nitrate), solubles, sont le plus directement assimilable par la végétation. Non retenus par le complexe adsorbant du sol, ils sont aussi facilement lessivables. Les formes ammoniacales (NH4) et encore plus uréiques (« complexe » de NH2) sont des formes dites « retard », parce qu'elles demandent à  être transformées en nitrates pour pouvoir être assimilées. Cette minéralisation, plus rapide si chaleur et humidité sont présentes, peut prendre de quelques jours à  plusieurs semaines. Azote minéral ou organique Les formes organiques constituent une part importante, mais variable (selon le type d'élevage et d'effluent) de l'azote des effluents de ferme. Plus ou moins complexée, cette fraction organique nécessite encore plus de temps pour être mise à  disposition de la végétation : elle est responsable des « arrières effets » de l'épandage, qui sont visibles quelques mois, voire, parfois, quelques années plus tard. Les apports azotés le plus rapidement actif sont donc les engrais minéraux à  base d'azote nitrique, puis les engrais ou effluents (comme les lisiers, fumiers et fientes de volailles) riches en ammonium. Les autres fumiers et composts, où l'azote est majoritairement sous forme organique, s'ils sont apportés maintenant, ne seront efficaces que pour des pousses ultérieures à  celles de ce printemps. Des besoins aussi en phosphore, potasse et souffre Les besoins phospho-potassiques sont, eux, indépendants des niveaux de production. Le phosphore et la potasse, en activant la croissance des racines, permettent de valoriser l'eau et l'azote. Les apports de ces éléments, qui favorisent aussi les légumineuses, sont donc aussi à  privilégier avant le démarrage de la végétation. Il est possible de vérifier l'état de nutrition phospho-potassique d'une prairie, donc son besoin en complémentation minérale, en faisant réaliser un dosage de ces éléments dans la végétation ; cette mesure des indices de nutrition PK, de coût modique, est à  envisager plutôt en avril, lors de la pleine pousse*. Enfin, tout comme l'azote (mais dans une moindre proportion), le soufre est lui aussi un élément indispensable dans le métabolisme des plantes, notamment pour fabriquer chlorophylle et protéines. D'après une étude de l'INRA (Institut national de la recherche agronomique), les graminées ont des besoins en soufre d'environ un dixième de ceux en azote. Les légumineuses sont plus exigeantes en cet élément que les graminées, à  cause de leur teneur en protéines, et parce qu'il joue un rôle important dans la formation des nodosités. Marie-Claude Mareaux * Mesure des indices de nutrition PK : un article ultérieur reviendra sur ce sujet

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