Publié le 07/02/2012 à 14h48 /

Mobilisation pour la réduction du déficit en protéines

// 75% de déficit en Europe, 50% en France, le déficit en protéines de l'Union européenne reste structurel et la situation n'évolue guère depuis de nombreuses années. La filière des plantes riches en protéines (protéagineux, de luzerne et lin), la Fédération nationale des oléoprotéagineux, l'Association nationale des producteurs de lin et Coop de France-déshydratation n'acceptent pas que cette situation perdure à  l'avenir. Aussi ont-elles décidé de lancer un manifeste de soutien aux plantes riches en protéines et de susciter la création d'une amicale parlementaire en faveur des plantes riches en protéines.

Malgré une situation qui s'aggrave, l'Union européenne n'a jamais pris les dispositions pour réduire son déficit en protéines végétales. © Coop de France Déshydratation
Le moment est bien choisi. À la veille de longues négociations sur la réforme de la PAC, les plantes riches en protéines ont des atouts à  faire prévaloir. Économie d'azote et d'intrants, réduction des émissions de gaz à  effet de serre, rotation des cultures, «les plantes riches en protéines permettent de conjuguer agriculture et environnement». Gérard Tubery, président de la FOP, Xavier Talpe, président de l'Association des producteurs de lin, Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France-déshydratation n'ont cessé de le rappeler lors du colloque qu'ils ont organisé à  l'Assemblée nationale, le 25 janvier 2012. Couplage des aides Mais la reconquête passe d'abord par un effort de recherche significatif, notamment pour le pois qui a vu ses surfaces s'effondrer du fait de la variabilité de ses rendements. La luzerne n'est guère mieux lotie: ses surfaces ont été divisées par deux en dix ans. «Les investissements sont indispensables en la matière», plaide Gérard Tubéry. Une option partagée par tous les responsables professionnels et les parlementaires présents. Qu'ils s'agissent d'Alain Chatillon, sénateur de la Haute-Garonne, d'Antoine Harth, député du Bas Rhin, ou Charles Amédée de Courson, député de la Marne, ils sont tous d'accord pour mettre l'accent sur l'amélioration variétale pour retrouver la confiance des agriculteurs, tout en déplorant l'attitude schizophrène de la France, qui refuse de cultiver des OGM, mais n'hésite pas à  en importer. Recherche de compétitivité Le redéploiement des plantes riches en protéines passe également par la mise en place de soutiens spécifiques pour redonner de la compétitivité à  ces productions dans les assolements. Parlementaires et professionnels ont évoqué le renforcement de mesures agro-environnementales déjà  mises en place (rotation, diversification des cultures, introduction d'une légumineuse). Et son nécessaire prolongement par une politique de contractualisation entre producteurs de grandes cultures et éleveurs pour assurer la sécurité des débouchés des uns et l'approvisionnement des autres. Mais dans la négociation de la réforme de la PAC qui s'annonce, l'unanimité prévaut pour considérer que seul le couplage des aides est le moyen le plus efficace de relancer la production. «Nous ne pouvons pas laisser la main invisible du marché décider de leur avenir», résume Gérard Tubery, en espérant que sa plaidoirie sera entendue par les pouvoirs publics, aussi bien à  Paris qu'à  Bruxelles.

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