Publié le 10/02/2012 à 00h00 /

Euralis consulte et informe sa base sur la réforme de la PAC

// Boîtier électronique en main, les sociétaires du groupe coopératif palois ont exprimé en direct leurs attentes vis-à -vis de la future PAC lors des assemblées de sections qui ont précédé l'assemblée générale.

Christian Pèes, président du groupe coopératif Euralis, face à  ses adhérents. © Le Sillon
Le jeudi 9 février, Euralis a tenu son assemblée générale au Palais Beaumont à  Pau. L'occasion pour le groupe coopératif de mettre au centre des réflexions la très actuelle question de la perte de foncier agricole. Ce grignotage des terres au profit d'autres usages est estimé au plan national à  231 hectares par jour, soit l'équivalent d'un département tous les 7 ans. En cette période préélectorale, il est donc particulièrement opportun de s'interroger — et d'interroger les acteurs de la vie politique — sur la place de l'agriculture dans le débat public. « L'agriculture est-elle encore un enjeu public ? » demandera ainsi le président d'Euralis, Christian Pèes, à  trois élus : Alain Lamassoure, député européen, Jean-Jacques Lasserre, sénateur des Pyrénées-Atlantiques et Alain Rousset, président de la Région Aquitaine. Coopération et PAC post 2013 Ce débat d'actualité est venue par ailleurs ponctuer une série de rencontres sur le terrain avec les coopérateurs. À l'image de la réunion qui s'est tenue le mardi 24 janvier à  Caubios-Loos, marquée par une forte affluence, ces assemblées de secteurs étaient placées sous le double signe de la prospective et de l'interactivité. Prospective car les responsables de la coopérative avaient souhaité informer les sociétaires sur les orientations de la future PAC et sur les perspectives d'évolution des marchés. Interactivité car chaque participant était équipé d'un boîtier électronique (voir photo) lui permettant de voter en temps réel pour exprimer son ressenti vis-à -vis des orientations qui se profilent pour l'après 2013. Le directeur-adjoint de l'AGPM, Cédric Poeydomenge rappelait à  cet égard que la future PAC — même s'il reste encore quelques marges de négociation — sera « plus verte » et « plus libérale ». Politique incohérente Concernant le « verdissement », il sera demandé aux agriculteurs de respecter la diversité d'assolement (avec au minimum trois cultures distinctes), l'obligation de conservation des prairies permanentes et la préservation de zones d'intérêt écologique (donc sans production). Rappelant le point de vue des céréaliers, le directeur adjoint de l'AGPM faisait remarquer que ce projet de future PAC « n'est pas en cohérence avec l'accroissement des besoins alimentaires de la planète » et pose le problème de l'adaptation des pratiques agricoles aux nouvelles exigences réglementaires. Au regard des futures exigences de la PAC, « 18.000 exploitations d'Aquitaine et Midi-Pyrénées ne sont pas aux normes », ne serait-ce qu'à  cause de la forte prééminence du mais dans le Sud-Ouest. Une forte attente Le défi à  relever pour les agriculteurs et les organisations qui les accompagnent est « de faire rentrer un maximum d'exploitations dans les clous d'ici janvier 2014 ». Les coopératives ont bien évidemment un rôle essentiel à  jouer en la matière. Le vote des sociétaires d'Euralis et les échanges avec leurs responsables confirmaient que la majorité d'entre eux mise encore beaucoup d'espoir sur le mais mais aussi sur les pistes de diversification. Ils attendent beaucoup de leur organisme stockeur en matière de gestion des risques face à  une volatilité accrue des marchés des céréales. Mais cette sécurisation du résultat passe aussi par une réflexion d'ensemble de l'exploitation : réflexion qui intègre l'accompagnement technique pour la limitation des charges, l'optimisation des rendements ainsi que l'accès aux productions contractuelles (légumes). Guy Mimbielle

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