Publié le 10/02/2012 à 16h23 /

Vin : fermeté des prix et attentisme des opérateurs

// Les transactions sont en croissance en vins de France sans indication géographique mais en net retrait en vins IGP avec ou sans cépage. La fermeté des prix et la perspective d'une campagne abondante semblent incliner les acheteurs à  la prudence.

La campagne de commercialisation 2011/2012 a commencé à  s'activer sur le marché des vins avec l'arrivée progressive de la nouvelle récolte, a indiqué hier le conseil viticole de FranceAgriMer. Au mois de décembre, les volumes échangés de vins en vrac d'entrée de gamme ont fortement progressé. Les contrats enregistrés auprès de l'office unique font état d'une hausse de 21% des transactions en vins de France sans indication géographique (SIG) rouges et rosés et même de 93% en blancs par rapport à  2010/2011. La hausse est encore plus spectaculaire en Vins de France (SIG) mentionnant un cépage : +111% en rouges, +80% en blancs et +103% en rosés. Succès des vins de cépage Les vins mentionnant un cépage représentent, depuis le début de la campagne, un tiers du total des transactions de la catégorie, confirmant ainsi le succès esquissé ces deux dernières années. Les opérateurs semblent vouloir s'assurer tôt cette année de leurs volumes, notamment dans certaines catégories de vins qui ont parfois manqué au négoce pour leurs marques lors de la campagne précédente. Les prix sont globalement en hausse de 6% par rapport à  2010/2011. IGP et AOC à  la peine Le marché est en revanche beaucoup plus hésitant en matière de vins avec indication géographique, majoritaires en France. Les transactions de vins de France sous IGP accusent un retard global de 23% par rapport à  la campagne 2009/2010 également répartie selon les couleurs. La tendance affecte également la sous-catégorie des IGP avec mention de cépage, dont les transactions sont inférieures de 27% à  celles de 2010/2011 à  la même époque. L'évolution serait également au repli en matière de vins AOC rouges, avec cependant des hausses en rosés et blancs, indique FranceAgriMer qui ne publie pas de chiffres dans ces catégories. Les premières tendances font apparaître des transactions en retrait des transactions en vrac en bordeaux blancs, vins rouges du Languedoc-Roussillon et de la vallée du Rhône. Des cours à  la hausse Le relatif attentisme des opérateurs tient à  la fermeté des prix en ce début de campagne. Les cours des vins IGP sont globalement en hausse de 4%, avec des évolutions disparates : hausse de 8% en rosés et 10% en rouges, et baisse de 9% en blancs. Cette dernière catégorie semble suivre une conjoncture spécifique liée à  la surproduction des cépages chardonnay et sauvignon sur le marché français dont les prix sont en forte baisse, tandis que l'uniblanc, le colombardou encore le viognier tirent beaucoup mieux leur épingle du jeu, avec des prix en croissance. Rien n'est encore joué Globalement les prix des vins avec indication géographique restent cependant sur la lancée de la campagne précédente qui avait vu les cours fortement monter, avec des moyennes de 69 euros par hectolitres en rouges et de 79 euros en blancs. «Les acheteurs ont voulu se couvrir très tôt l'année dernière en raison de la faiblesse des volumes disponibles. Les opérateurs ont intégré le fait que la vendange est plus abondante cette année», a commenté hier Philippe Janvier, chargé d'études économiques à  FranceAgriMer. Le destin de la campagne 2011/2012 n'est donc pas encore scellé.

Accueil favorable du groupe de Haut Niveau La Confédération des coopératives vinicoles de France a accueilli favorablement l'initiative du Commissaire européen à  l'agriculture de créer un groupe de Haut Niveau sur les droits de plantation. Tout en rappelant qu'il est «urgent d'agir, afin de donner de la visibilité aux vignerons» et que la mise en place de ce groupe «ne va pas retarder une prise de décision».
Même analyse du COPA-Cogeca qui salue l'annonce du commissaire tout en mettant en garde contre le fait que la création de ce groupe ne constitue pas «une entrave à  ce processus». En France, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire s'est également prononcé dans ce sens. Le ministre souhaite également que «la question du maintien des droits de plantation sans le secteur viticole soit débattue () dans un délai compatible avec le calendrier d'élaboration de la nouvelle PAC.»

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