Publié le 17/02/2012 à 12h00 /

Adapter les méthodes de travail face à  l'accroissement des troupeaux

// Les élevages de bovins allaitants enregistrent de profondes évolutions. Au fil du temps, la taille des troupeaux augmente. Pour les éleveurs, ce phénomène nécessite des méthodes de travail repensées et de nouveaux modes de gestion. Mardi 31janvier, l'association bovine des Landes (AB40) et la chambre d'agriculture ont organisé une journée technique sur le thème de la productivité du travail en élevage. Ce rendez-vous s'est déroulé à  Hagetmau, au sein de l'exploitation de la famille Ducla. Preuve que cette problématique préoccupe les producteurs, près d'une centaine d'entre eux y a participé.

En élevage bovin, les interventions sont fréquentes. Un équipement de contention bien conçu permet aux agriculteurs, vétérinaires ou inséminateurs de travailler en sécurité. © Le Sillon
C'est un constat que nous faisons chaque jour sur le terrain, commente Jean Basta, le technicien de l'association AB40. Les troupeaux grossissent et la main-d'oeuvre familiale au sein des exploitations se fait de plus en plus rare. Dans le même temps, les tàches administratives ont augmenté». À l'avenir, l'efficience du travail en élevage s'annonce donc comme un défi majeur de la filière. «Pour favoriser des installations et pérenniser la production, il ne faut surtout pas que l'élevage bovin soit synonyme de pénibilité», poursuit le technicien.  Un défi pour la filière Une enquête menée en 2008 par l'Institut de l'élevage auprès de 180 producteurs révèle que 82% d'entre eux sont soucieux de cette question. Plus des trois quarts estiment avoir des journées trop chargées. Durant la matinée, Didier Lahitte, conseiller à  la chambre d'agriculture des Landes, a étayé cet état des lieux en dévoilant les bilans conduits auprès des fermes de référence du département. «On constate une grande hétérogénéité selon les systèmes», observe-t-il. Le conseiller a également réalisé une présentation de la démarche Travibov (lire zoom ci-dessous). Cet outil a notamment pour vocation d'apporter des réponses à  chaque exploitant. Il s'appuie sur un diagnostic de l'élevage et sur des fiches présentant une douzaine de solutions techniques et leurs conditions de mise en oeuvre. Voies de progrès Au-delà  du constat, l'intérêt de cette journée était de présenter des voies de progrès aux producteurs. «Il existe plusieurs pistes pour améliorer les conditions et le temps de travail, comme la gestion de l'alimentation, de la reproduction, de la contention, ou encore des effluents», indique Jean Basta. Ces thématiques ont été évoquées sous la forme d'ateliers. L'alimentation du cheptel figure parmi les tàches qui pèsent le plus au sein d'un élevage. Une des voies d'amélioration consiste à  simplifier le rythme de distribution. Gràce à  des rations sèches ou mélangées, l'éleveur peut réduire sensiblement le temps consacré à  la distribution. Marges de progrés Le fonctionnement des bàtiments est un autre facteur qui va impacter le temps de travail. Il conditionne la facilité de contention des animaux, la gestion des effluents ou encore du paillage. Simplifier ces différentes tàches via la mécanisation demande certes un investissement, mais cela permet des marges de progrès sur certaines tàches astreignantes. Concrètement, les étables entravées s'avèrent plus chronophages que les stabulations libres. Enfin, l'amélioration des méthodes de gestion de la reproduction et la surveillance du troupeau peuvent permettre des gains de temps précieux. À ce titre, le groupage des vêlages constitue une pratique vertueuse qui permet de rationaliser de manière sensible le temps de surveillance du troupeau. Regrouper les vêlages Dans les Landes, la présence de vêlages étalés dans la plupart des exploitations constitue le talon d'Achille du système local. Sur ce sujet, la coopérative Gen'Adour a animé un atelier sur les outils d'aide à  la détection des vêlages. Parmi ceux-ci, figure le Vel'phone. Cet équipement robuste et efficace est fondé sur l'analyse de la température des animaux pour suivre l'avancée de leur mise bas. La prédiction de l'heure de vêlage invite l'éleveur à  placer l'animal dans les meilleures conditions. La détection de l'expulsion de la poche des eaux apporte ensuite une plus grande précision pour intervenir au meilleur moment. «Même si cela implique parfois de repenser le mode de conduite du troupeau, des solutions existent pour chaque système, en accord avec les objectifs de l'exploitant», conclut Jean Basta. Fabien Brèthes Solutions variées Travibov est une démarche de conseil pour accompagner les éleveurs bovins viande dans l'amélioration de l'organisation de leur travail. Elle s'appuie sur un diagnostic suivi d'un plan d'améliorations en accord avec les objectifs de l'exploitant. Cette démarche a été finalisée en 2011. Elle repose sur un groupe de travail associant l'Institut de l'élevage et de futurs utilisateurs (chambres d'agriculture, Bovins croissance). Quatorze fiches solutions ont été élaborées par des conseillers d'élevage. Celles-ci se basent sur des témoignages d'éleveurs et présentent l'intérêt, les points forts, les limites et les conditions de mise en oeuvre de chaque solution. Ces fiches portent sur trois domaines techniques principaux.
L'alimentation peut être maîtrisée gràce à  un rythme de distribution allégé (3 ou 4 repas par semaine), ou bien au passage à  une ration complète. La gestion du troupeau est sans doute le point où peuvent être apportées le plus de solutions (caméra de vidéosurveillance, surveillance des vêlages par SMS, aménagement d'un box de vêlage, d'un parc de contention, groupage des vêlages, allotement simplifié des animaux). Enfin, une modification du système de paillage des bàtiments et de la gestion des déjections est également source de progrès.

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