Publié le 21/02/2012 à 00h00 /

Bruno Le Maire solidaire des éleveurs bovins

// À Strasbourg, où s'est déroulé le congrès de la Fédération nationale bovine (FNB), les 8 et 9 février 2012, Bruno Le Maire n'a pas ménagé les compliments pour séduire les éleveurs déclarant : «J'ai une tendresse particulière pour le monde de l'élevage. [] L'élevage bovin est un trésor national. [] Vous devez avoir plus de respect et plus de considération». D'autre part, le ministre de l'Agriculture a annoncé le versement anticipé du solde des primes encore dues ainsi que son intention d'alléger les contraintes environnementales et les tracasseries administratives qui pèsent sur les éleveurs.

Les responsables de la FNB, dont le président Pierre Chevalier (au premier plan), ont apprécié les déclarations du ministre de l'agriculture qui a su brosser les éleveurs dans le sens du poil © Réussir
Le ministre n'est pas venu non plus les mains vides au congrès de la FNB. En effet, le solde de la part nationale de la prime à  la vache allaitante (PMTVA) de la campagne 2011, soit 63,5millions d'euros a été versé début février, avec un mois d'avance sur le calendrier prévu. Par ailleurs, le solde de la part communautaire de la PMTVA, soit 200millions d'euros, sera exceptionnellement payé le 15mars, un mois plus tôt qu'habituellement. La relance de la production prônée par la FNB et la nécessité d'améliorer la compétitivité? Le ministre de l'agriculture y est bien entendu favorable. Et ce d'autant plus que de nouveaux marchés s'ouvrent à  l'export et que la France est en mesure de tirer profit du retrait de l'Argentine et du Brésil sur les marchés internationaux. Les préfets au rapport Mais c'est sur sa volonté d'alléger les contraintes et normes qui pèsent sur les éleveurs que le ministre a été le plus offensif. «Nous devons respecter les règles européennes, je refuse qu'on impose des règles nationales plus sévères», a-t-il déclaré sous les applaudissements. Avant d'annoncer la convocation prochaine des préfets de région et des services déconcentrés à  Paris, en présence de la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, pour faire passer le message. «Je serai à  vos côtés pour défendre le bon sens et faire valoir vos vues», a-t-il insisté. Quelques instants auparavant, Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine, s'était insurgé avec force sur les excès de la réglementation et les contrôles tatillons. «Le Gouvernement a fait un Grenelle de l'environnement, Monsieur le ministre, il aurait fallu faire un Grenelle du bon sens! Les ayatollahs de l'environnement et les intégristes de la réglementation nous conduisent, vous et nous, dans le mur, avec la perte complète de la compétitivité et de la décroissance», a-t-il notamment lancé à  la tribune. Verdissement par excès Solidaire des éleveurs sur l'environnement, le ministre l'est aussi sur la réforme de la politique agricole commune. Ainsi, a-t-il dénoncé l'excès de verdissement préconisé par Dacian Ciolos: les 7% de jachère écologique et les 30% d'aides vertes La Commission de Bruxelles ne reviendra pas sur le verdissement de la PAC, ni sur l'allégement des règles environnementales et du bien-être animal. «C'est la contrepartie du maintien du budget», a assuré Klaus Dieter Borchardt, directeur à  la direction générale de l'agriculture à  la Commission européenne. Tout en se montrant ouvert à  des aménagements sur le maintien des prairies permanentes. Pierre Chevalier a fait valoir, à  juste titre, que le strict maintien des prairies permanentes allait à  l'encontre de l'autonomie fourragère des exploitations. «L'herbe sanctuarisée n'est pas compatible avec les norias de camions pour transporter le fourrage et la paille nécessaire pour l'alimentation des animaux», s'est-il insurgé. Surtout en période de sécheresse. De meilleures perspectives Bruxelles n'est pas hostile non plus au maintien du couplage de la prime à  la vache allaitante et serait prêt à  accepter un dépassement de l'enveloppe qui y est affectée au-delà  des 10% prévus pour soutenir et développer la production de viande bovine. De quoi satisfaire les éleveurs qui voient aujourd'hui l'horizon se dégager après quatre années de crise. Les marchés exports, pour lesquels la FNB s'est battue avec la création du Groupement export, tirent actuellement les prix vers le haut.

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