Publié le 21/02/2012 à 00h00 /

L'agriculture dans le débat politique à  la foire de Barcelonne

// Élection présidentielle oblige, le débat de la 39e foire au matériel agricole d'occasion de Barcelonne-du-Gers, qui s'est tenue du 10 au 12février, proposait aux politiques d'afficher leur vision sur l'avenir de l'agriculture. Notamment sur les sujets qui régulièrement font la une des médias ou qui enflamment les campagnes. Ce «duel de campagne» opposait Dominique Bussereau, ancien ministre de l'agriculture, député et président du conseil général de Charente-Maritime (UMP), à  Philippe Martin, député et président du conseil général du Gers. Poil à  gratter de ce face-à -face, Christophe Barrailh, président de la FDSEA des Landes, a quant à  lui rappelé la position du syndicat agricole.

Sur le sujet fortement médiatisé des OGM, Dominique Bussereau se dit opposé à  la clause de sauvegarde. «Tout ce qui empêche la recherche est une erreur. Une part d'OGM est nécessaire pour la compétitivité de l'agriculture, à  condition qu'il en existe une traçabilité». Une position proche de celle du président de la FDSEA qui dénonce un débat largement politisé et «le mensonge de s'interdire sur notre territoire une production d'OGM, alors qu'on en importe. En France, on n'a pas les mêmes règles du jeu qu'ailleurs. C'est une distorsion de concurrence». Alain Martin, comme son candidat François Hollande, indique ne pas être favorable à  «la disparition de la recherche sur les biotechnologies», mais est opposé aux OGM pleins champs. Produire local ou délocaliser À propos de la polémique gersoise sur la production de poulet standard ou «végétal», les deux conseillers généraux ont regretté l'emballement médiatique démesuré. Dominique Bussereau plaide pour une production agricole variée partout où cela est possible, avec différents niveaux de qualités pour répondre à  la demande du consommateur. Sinon, d'autres régions ou pays produiront ce qu'il manque. Des propos relayés par Christophe Barrailh: «Certes nos territoires revendiquent des productions de qualité, mais 80% du poulet consommé est standard. Pour maintenir l'activité des abattoirs, ce type de production est nécessaire. Veut-on privilégier la production locale?» Philippe Martin est par contre soucieux de l'image de production de qualité du département du Gers: «On doit conserver des garde-fous, fixer des règles sur le développement de cette production pour ne pas perdre notre image». Foncièrement d'accord Autre sujet, la régression de la surface agricole utile apparaît comme une préoccupation pour les deux hommes politiques. Ils sont d'accords pour un renforcement de la concertation entre le monde agricole et les collectivités territoriales afin de limiter cette érosion. Christophe Barrailh regrette quant à  lui la perte importante de surfaces du fait des compensations. Le président de la FDSEA conseille: «Pour limiter l'étalement urbain, arrêtez de construire à  plat. Construisez en hauteur!» L'eau, sujet très sensible pour tous les territoires et en tête des préoccupations des agriculteurs du Sud Ouest, était bien sûr au menu du débat. La parole n'a pourtant pas été donnée à  l'agriculteur de ce débat timing serré oblige. Selon le conseiller général du Gers, «la question de l'eau est très grave dans de nombreux pays» et son département peut se réjouir d'avoir bénéficié d'un accroissement des volumes d'eau stockée. Il estime que l'urgence est à  la diversification des productions afin de réduire la consommation d'eau par l'irrigation. Du bon boulot déjà  fait L'ancien ministre de l'agriculture pense quant à  lui que «la profession agricole a déjà  fait du boulot, avec la réduction de 50% de sa consommation en 10 ans, tout en assurant une hausse de la productivité». Quant au type de stockage à  promouvoir, il considère que «l'heure est aux petits ouvrages». Il indique que dans son département, un établissement public sera créé, avec le monde agricole et les ostréiculteurs, ainsi que des associations environnementalistes. Il réalisera le programme de création de retenues et vendra l'eau au prix de revient. Concernant la PAC 2014, Christophe Barrailh a lancé un appel aux deux candidats afin qu'ils se mobilisent sur deux combats: le maintien du budget agricole et une convergence en douceur pour laisser le temps aux exploitations de s'adapter. Dominique Maurel

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