Publié le 27/02/2012 à 15h52 /

Jean Luc Poulain

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Est-ce que choisir la thématique de la formation professionnelle pour le SIA 2012 est une façon d'ouvrir les métiers de l'agriculture à  tous les publics ?
Un certain nombre de jeunes ne vient pas vers les formations agricoles car il résume encore l'agriculture à  une brouette et une fourche ! Mais tout ça, c'est fini. Il y a une volonté de transmettre les entreprises agricoles et pas seulement à  la descendance. La transmission du savoir-faire est un élément essentiel de la compétitivité de l'agriculture française. Il y a ce qu'on apprend à  l'école et la pratique.
Pour cela, on a besoin de formations qui collent à  la réalité de terrain. On est prêt à  former des jeunes par alternance sur les exploitations mais quand on embauche en CDI, la personne doit avoir un savoir-faire et une autonomie. Un chauffeur de tracteur, par exemple, doit savoir réparer son engin pour des pannes mineures. »On parle beaucoup de crise économique, de licenciement massif Qu'en est-il de la situation de l'emploi dans l'agriculture ?
Elle n'est pas satisfaisante car on ne trouve pas de salariés qui correspondent aux postes à  pourvoir. À chaque fois qu'on doit remplacer quelqu'un, c'est la crise. D'où l'idée de la thématique du salon pour démystifier l'image de nos métiers et en montrer les attraits. On n'est pas plus mal payé que dans les autres secteurs de l'économie et on a des avantages. On habite près du lieu de travail, ce qui limite les frais de déplacement, et à  la campagne où les loyers sont moins chers. » Au salon, on voit souvent l'image d'Épinal de l'agriculteur avec son béret Pourtant, l'agriculture n'est plus celle d'il y a 50 ans. Comment expliquez-vous cela ?
On a, d'un côté, des consommateurs qui voudraient retrouver les produits d'antan au prétexte qu'ils étaient meilleurs. La communication par les marques d'agroalimentaires joue beaucoup là -dessus et n'hésite pas à  reprendre des noms qui fleurent bon le terroir comme « cuit au feu de bois », « moulé à  la baratte » Mais tout ça, c'est de la niche.
Ce qui fait les 11 milliards d'excédent commercial, c'est une agriculture performante, dynamique et qui vit avec son temps. Tant du point de vue des horaires de travail que du point de vue des techniques de travail. Et si on veut garder l'excédent dans la balance commerciale, il y a intérêt à  ce que ça reste ainsi. Nous avons des métiers modernes et complexes. Alors, c'est vrai qu'il y a parfois des images d'antan qui sont présentes mais c'est pour vendre l'authenticité des produits et ça s'arrête là . Ce n'est pas ce qui fera l'agriculture de demain.

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